31 juillet 2007
La Troisième voie et François Bayrou, le texte fondateur
Mot de l'éditeur
« La Troisième voie et François Bayrou, le texte fondateur » est le cœur du programme de François Bayrou. Cet ouvrage définit les concepts de social-économie et d’État-stratège défendus par le candidat. Pour l’auteur, la troisième voie n’est pas un moyen terme entre la gauche et la droite, mais une politique puissante et originale, seule à même de replacer la France sur son Centre de gravité. La nécessité de la troisième voie va au-delà de ce qu’ont initié Bill Clinton et Tony Blair. Il s’agit de constituer un nouvel ordre tripolaire pour refonder la République et créer une dynamique de croissance dans une société équitable et transparente.
27 juillet 2007
Trait Trois centres
Article publié dans le journal L’Alsace du 22 juillet 2007.
Mulhouse
Trait Trois centres
Jules Verne a écrit Voyage au centre de la Terre. Bockel fait mieux encore avec un Voyage aux centres de Mulhouse. L'été mulhousien bruisse de rumeurs plus ou moins avérées en matière politique.
La liste d'ouverture dont tout le monde parie à propos du secrétaire d'Etat pourrait bien se faire, avec des centristes. Mais lesquels ? Shakespaeare qui a quasiment tout écrit en matière politique aurait répondu « Telle est la question ».
Résumons pour ceux qui pensent qu'un centre c'est simple. II y a le MoDem de Stoessel qui rêve d'être le centre de la liste de Bockel. Oui, mais son patron Bayrou n'est pas au mieux avec Sarkozy et il compte présenter une liste dans chaque grande ville. Stoessel sera-t-il candidat MoDem à l’insu de son plein gré ? Pis, son ancien adjoint Eric Schweitzer, a pris ses distances. Les deux centristes ont l’amitié excentrée. Cela risque fort d’ expédier le centre Stoessel hors du cercle bockelien et de le replonger au centre de l'opposition. Sans compter que Schweitzer veut aussi être le centre du MoDem. Encore plus fort ! Christiane Eckert, adjointe au maire chargée du commerce a rejoint le Nouveau Centre qui travaille, avec Sarkozy. Si vous avez suivi, on se retrouve donc quasiment avec trois centres à Mulhouse.
22 juillet 2007
François Bayrou dénonce "une américanisation du pouvoir"
Interview de François Bayrou pour www.rue89.com
François Bayrou dénonce "une américanisation", "une peopolisation du pouvoir", dans un entretien vidéo accordé au site www.rue89.com. "Jamais on a assisté à une telle concentration, une telle personnalisation du pouvoir". "Nicolas Sarkozy cherche une américanisation du pouvoir, une peopolisation du pouvoir". François Bayrou livre également, dans cette interview, son analyse sur la proposition de Jack Lang de supprimer le poste de Premier ministre et défend une nouvelle fois l'idée d'un Parlement autonome qui ne pourra exister que par l'introduction d'une part de proportionnelle significative.
Cliquer ici pour voir la vidéo.
13 juillet 2007
A Mulhouse, l’«ouverture» à Bockel perturbe les alliances
Article publié dans le Journal Libération du 11 juillet 2007.
L’entrée du maire PS au gouvernement déboussole les élus locaux.
Jusqu’au 18 juin, la vie politique mulhousienne était assez simple : un maire socialiste, Jean-Marie Bockel, et une candidate autoproclamée pour le concurrencer, la députée UMP et conseillère régionale Arlette Grosskost. Mais depuis que le maire a profité de «l’ouverture» souhaitée par Nicolas Sarkozy pour décrocher un secrétariat d’Etat (à la Coopération et à la Francophonie), la vie politique mulhousienne est un sac de nœuds qu’il faudra débrouiller d’ici les municipales de mars 2008.
Il y a le maire d’abord, élu depuis 1989 et candidat à sa propre succession. François Hollande a dit de Jean-Marie Bockel qu’il s’était «mis de fait hors du PS», mais l’intéressé se définit toujours comme un «homme de gauche». Dans le dernier journal municipal, il pose aux côtés de Nicolas Sarkozy et écrit qu’il a pris la décision de rejoindre le gouvernement «en totale fidélité avec les convictions qui [l]’ont toujours animé». «Il n’est ni de droite ni de gauche, c’est un arriviste», tranche pour sa part Arlette Grosskost. Jean-Marie Bockel esquive la joute verbale et «laisse les choses se décanter» : «Je suis dans une séquence où je souhaite être sobre», dit-il. Cela ne l’empêche pas de tracer les grandes lignes de sa stratégie pour la prochaine élection municipale. Elle consiste à ratisser large : «Je veux faire une liste de rassemblement, avec des gens de mon équipe socialiste, avec ceux du MoDem avec lesquels je suis en discussion depuis quelques temps, et il est clair que l’ouverture vers l’UMP va se faire.»
Ce type d’appel du pied a le don de faire sortir Arlette Grosskost de ses gonds. «Bockel a toujours manœuvré pour arriver à ses fins, et il va continuer à le faire. Arlette Grosskost ne manœuvre pas. Arlette Grosskost est une femme droite dans ses b ottes !» , s’exclame la députée à la langue bien pendue, qui parle parfois d’elle à la troisième personne. Elle a fait part de son point de vue au président de la République, quand il a reçu les élus alsaciens à l’Elysée pour panser les plaies de «l’ouverture» proposée à Bockel ( Libération du 29 juin).
Grosskost a dit et redit qu’elle se lancerait dans la bataille municipale «quoi qu’il arrive», quitte à enfiler le costume de «rebelle» au sein de l’UMP : «Aucune intimidation, aucun colifichet ne me fera changer d’avis. La seule chose qui pourrait m’amener à renoncer, c’est l’âme noire humaine, la trahison de ceux qui sont prêts à aller à la soupe parce qu’on leur a promis monts et merveilles.» En clair, elle redoute que Bockel ne parvienne à siphonner les forces vives de l’UMP.
Sans se prononcer pour le maire actuel, le responsable du groupe UMP au conseil municipal a déjà publiquement fait part de son désaccord avec l’attitude d’Arlette Grosskost. «Bockel a déjà tout quadrillé», affirme l’élue municipale verte Djamila Sonzogni, récemment exclue du groupe majoritaire pour avoir refusé de voter le budget 2007. «Il va faire campagne avec Bernard Stoessel [responsable mulhousien du MoDem et premier vice-président du conseil régional d’Alsace à majorité UMP, ndlr], l’UMP et tous ceux qui veulent, rester maire jusqu’en 2010, puis passer le relais pour partir à la conquête de la Région.» «C’est un sujet qui n’est absolument pas d’actualité», dément Bockel.
Le MoDem, de son côté, planche sur son propre projet municipal. Mais «s’il y a moyen d’avoir des convergences, on étudiera les positions des autres», affirme Bernard Stoessel. Le responsable centriste prévient qu’il n’y aura pas d’alliance «avec une liste de gauche qui veut battre la droite, ni avec une liste de droite qui veut battre la gauche». Ce qui élimine quasiment tout le monde, sauf Bockel.
Par Thomas Calinon.
10 juillet 2007
Le Centre
1 PRÉSENTATION
Centre (politique), terme générique désignant les mouvements politiques refusant le conservatisme des partis de droite et les bouleversements proposés par les partis de gauche, et favorables à un changement progressif et modéré des structures sociales.
2 L’INCERTAINE EXISTENCE DU CENTRE
C’est en France qu’apparaît pour la première fois le centre en tant que réalité politique. En effet, la transformation des États généraux en Assemblée nationale constituante, en 1789, laisse — entre un bloc de droite monarchiste et un bloc de gauche, partisan de substituer au principe monarchique celui de souveraineté nationale — la place à un ensemble politique, composite et majoritaire, situé au centre, appelé le Marais ou la Plaine.
Cependant si l’existence du centre paraît conditionnée à la mise en place d’un régime parlementaire, il ne saurait s’agir d’une condition suffisante comme le démontre son absence en Grande-Bretagne où il existe pourtant, dès le XVIIIe siècle, un système parlementaire, mais où le bipartisme occupe tout l’espace politique.
En fait, le centre est lié à la conception latine de la politique. Alors qu’on trouve des partis se réclamant du centre en Italie, en Espagne, au Portugal et en France, ces derniers n’existent pas dans les pays anglo-saxons. Le bipartisme très prégnant chez ces derniers explique en grande partie cette situation, et lorsqu’il arrive qu’un parti se baptise centriste, comme le Zentrum (« Centre catholique ») en Allemagne, il est en réalité une formation regroupant des intérêts conservateurs, voire réactionnaires, le situant de fait à droite.
Cependant, la question d’un centre irréductible aux pôles de la droite et de la gauche s’est toujours posée. Le politologue Maurice Duverger estime que le centre n’existe pas en politique : « On appelle “ centre ” le lieu géométrique où se rassemblent les modérés des tendances opposées : modérés de droite et modérés de gauche. » En revanche, Georges Burdeau pense que le centre a toujours existé et qu’il a été représenté dans la vie politique française, souvent par une partie de la droite, celle qui refuse les extrêmes : la droite orléaniste.
En effet, si l’absence de programme idéologique du Marais, qui pourrait se résumer par la seule volonté de survivre aux différentes évolutions de la Révolution française, et si le ralliement de la plupart de ses membres à l’Empire puis à la Restauration semble obérer toute esquisse de définition précise, la politique menée sous la monarchie de Juillet par Guizot et ses partisans, issus de la droite orléaniste, constitue une sorte d’étape préliminaire à la formation d’un centre, conçu comme le « juste milieu », repoussant les excès des ultras comme de la gauche.
De même l’attitude à la fin du XIXe siècle des républicains « opportunistes », par leur volonté d’asseoir à la fois définitivement les acquis de la Révolution française, dont la laïcité et la république, et de limiter la question sociale à quelques lois d’inspiration libérale, détermine un espace politique défini comme une voie médiane, ni monarchiste, ni nationaliste, ni socialiste.
Mais si le centre joue un rôle majeur dans la vie politique française, depuis la fin du XVIIIe siècle, il semble qu’il ne soit jamais parvenu à se doter d’une doctrine bien définie, ni même à transformer sa majorité arithmétique, le plus souvent bien réelle, en un parti, et plus largement en un rapport de forces politique favorable à ses propres intérêts.
3 LES PARTIS CENTRISTES EN FRANCE
3.1 Jusqu’en 1945
Si le terme de « centriste » n’apparaît qu’à partir de 1922, et celui de « centrisme » qu’en 1936 seulement, il est en revanche indéniable que les représentants du centrisme se sont retrouvés nombreux au sein du Parti radical et radical-socialiste et, dont ils ont ainsi contribué à faire évoluer la ligne politique. Mais durant toute cette période, ils ont dû se définir alternativement contre la droite ou contre la gauche, et chercher dans chacun des deux camps, à tour de rôle, des alliés afin de former des gouvernements de coalition, tantôt de centre-droit, tantôt de centre-gauche. Une nouvelle fois, durant l’entre-deux-guerres, sa seule délimitation ne peut que se trouver négativement, par le rejet des communistes et des ligues d’extrême droite.
3.2 Sous la IVe République
Durant la période suivante, les hommes du centre, comprenant les radicaux et les membres du Mouvement républicain populaire (MRP), sont parmi les principaux animateurs de la IVe République, régime qui exclut communistes et gaullistes. Leur faiblesse numérique en revanche les contraint à pratiquer de perpétuelles oscillations et à se livrer à des combinaisons parlementaires instables. Les centristes rallient les socialistes sur la question de l’Europe, et la droite modérée sur la question de l’enseignement privé, ce qui contribue à donner une image négative de la IVe République qui, à l’instar de la IIIe République, semble livrée au seul jeu politicien, et à favoriser ainsi la chute du régime.
3.3 Sous la Ve République
Sous la Ve République, de 1958 à 1974, l’espace du centre voit cependant se constituer véritablement deux formations centristes, issues des deux partis ayant des traditions centristes, à savoir le MRP et le Parti radical. Le Centre démocrate, première appellation de ce type, est fondé le 2 février 1966, sous la présidence de Jean Lecanuet, prenant la suite de la formation démocrate chrétienne du MRP, dont il constitue un élargissement et un dépassement doctrinal (absence de références explicites à la doctrine chrétienne).
Dans le même temps une scission s’opère parmi les radicaux (voir Radical et radical-socialiste, Parti). L’aile gauche, sous l’impulsion de Maurice Faure, fonde le Mouvement des radicaux de gauche (MRG) et rejoint le Parti socialiste (PS) et le Parti communiste français (PCF) au sein de l’Union de la gauche, tandis que le Parti radical, qui regroupe notamment les partisans de J. J. Servan-Schreiber et de son Mouvement des réformateurs, se rallie au nouveau président de la République, Valéry Giscard d’Estaing, élu en 1974.
En 1976, un nouveau parti politique, le Centre des démocrates sociaux (CDS) naît de la fusion du Centre démocrate, du Centre démocratie et progrès et de divers clubs et associations. Il se définit comme hostile à la bipolarisation de la vie politique française et se montre favorable à l’unité européenne et au renforcement de la communauté atlantique, à une économie libérale et à une certaine participation des citoyens.
Il participe aux gouvernements élaborés sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing. Le septennat de celui-ci marque véritablement la tentative d’une mise en place d’un projet centriste qui mêle réforme des mœurs (loi Veil sur l’interruption volontaire de grossesse en 1975, abaissement de l’âge de la majorité, etc.) et libéralisme à caractère populaire.
Le CDS devient, ainsi que le Parti radical, l’un des membres fondateurs de l’Union pour la démocratie française (UDF) et constitue l’une des principales composantes de ce parti.
Mais le CDS ne parvient pas à rallier une majorité d’électeurs, qu’un programme modéré ne séduit guère, alors même que les centristes, qui se constituent en groupe indépendant à l’Assemblée nationale de 1988 à 1993, peinent à se trouver un véritable leader comme en témoignent les échecs de Raymond Barre à l’élection présidentielle de 1988 et de Simone Veil aux élections européennes de 1989. Cependant, un temps courtisés par les socialistes qui cherchent l’ouverture au centre, plusieurs des membres les plus influents du CDS participent de 1993 à 1995 au gouvernement d’Édouard Balladur, dont la défaite à l’élection présidentielle de 1995 marque la fin d’une stratégie visant à rassembler au centre au-delà du clivage gauche-droite. La présence de centristes, notamment celle de François Bayrou et de Jacques Barrot dans le gouvernement d’Alain Juppé, témoigne de leur rôle de force d’appoint indispensable à la droite. Toutefois, l’échec de la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 1997 et la faiblesse de l’UDF dont certains de ses membres acceptent, dans le cadre des conseils régionaux, de s’allier, en 1998, avec le Front national, relancent à nouveau chez certains leaders du CDS, devenu Force démocrate en 1995, la volonté de créer un grand parti centriste, qui se démarquerait des familles gaulliste et libérale à droite et se rapprocherait du Parti radical à gauche.
Si le centre constitue depuis deux cents ans une référence politique forte, les centristes ont jusqu’à présent toujours échoué à se doter d’une formation politique puissante, à la différence des différents courants de gauche et de droite, sans doute en grande partie en raison de la fluidité de ses marges, et plus encore de l’absence d’une identité programmatique forte, la principale caractéristique du centre étant justement le refus de tout carcan idéologique et un pragmatisme confinant parfois au jeu politicien.
Source : encyclopédie Microsoft Encarta 2004.
09 juillet 2007
"Les adhérents du Mouvement démocrate sont différents par leur histoire, mais réunis par leur avenir"
François Bayrou était l'invité ce dimanche 8 juillet du Grand Jury RTL-le Figaro-LCI. Interrogé par Jean-Michel Aphatie (RTL), Nicolas Beytout (le Figaro) et Pierre-Luc Séguillon (LCI), le président de l'UDF-MoDem est revenu sur le bilan de l'élection présidentielle en estimant que sa position de troisième homme est une position sur laquelle peu auraient parié un an auparavant. François Bayrou pense que les esprits n'étaient peut-être pas encore prêts à accepter l'idée de traverser les frontières. En outre, la "gauche" au sens large du terme a retrouvé au dernier moment un réflexe de vote utile pour accéder au deuxième tour.
A propos du départ des députés UDF pour le Nouveau Centre il dira simplement que c’est « humainement extrêmement décevant ». La prochaine étape n’est pas 2012, au contraire, François Bayrou est décidé à être présent et utile dès aujourd’hui.
Sur la question des élections législatives, François Bayrou regrette qu’il n’y ait pas une dose de proportionnelle. En effet, avec 20% par exemple, le Mouvement Démocrate aurait pu obtenir 61 sièges. Il souligne qu’un résultat en moyenne de 10% des voix dans les circonscriptions est encourageant ; c’est la démonstration que le MoDem est une vraie famille politique indépendante. François Bayrou considère que les citoyens doivent être représentés à l’Assemblée nationale sans être obligatoirement soumis à l’un des deux blocs majoritaires : « c’est comme ça qu’une démocratie doit fonctionner». La vraie question selon lui est de savoir si nous voulons un Parlement libre, capable de s’exprimer et de faire vivre le pluralisme.
Interrogé sur l’action du Président de la République, François Bayrou reconnaît que le chef de l’état est habile et actif. Il fait état cependant de quatre doutes principaux que sont le monopole du pouvoir, la dette, la loi sur les universités et le paquet fiscal qu’il trouve injuste. Il précise qu’ « entre dire et faire il y a une grande marge » et de rajouter que « voter pendant l’été ne fera pas éviter les grandes questions ! »
Pour conclure, François Bayrou qualifie les 45000 adhérents du Mouvement Démocrate de « différents par leur histoire, mais réunis par leur avenir ». La stratégie du Mouvement Démocrate est claire : « les Français ont besoin d’une alternative démocrate, nous allons bâtir notre parti en gardant à l’esprit que notre vocation est d’être majoritaire un jour ». Il précise aussi que l’alliance ne signifie pas le ralliement mais, la capacité de discuter et de se rencontrer sur un projet commun. François Bayrou conclue en déclarant que la ligne du MoDem pour les prochaines échéances électorales est d’avoir une liste autonome dans toutes les municipalités.
Le Grand Jury RTL-le Figaro-LCI
08 juillet 2007
Confidences
Recueillies par Estelle et Jean Véronis et Nicolas Voisin
«C'est un monde barbare. Une barbarie qui ne dit pas son nom... Ce dont il s'agit aujourd'hui, c'est de rebâtir la maison.» François Bayrou
François Bayrou incarne-t-il une forme de radicalité politique ? Après dix ans loin du gouvernement, le candidat se pose aujourd'hui en social-démocrate et propose ce qu'il appelle une «refondation» civique réunissant les bonnes volontés républicaines. Sa position est-elle réellement «extrême-centriste» ? Comment construire une politique sur une triple défiance, vis-à-vis du tout-libéral, du tout-État et du tout-médiatique ?
Qui est l'homme intime derrière le candidat ? Quelles sont ses racines, ses admirations, ses valeurs, ses colères et ses complicités ? Quels que soient les sujets abordés, de l'Europe à la solitude urbaine, des déficiences de l'État à la foi, la parole de Bayrou surprend ici par son naturel.
En octobre 2006 et en mars 2007, les acteurs du site Internet PoliTIC'Show ont réalisé plusieurs heures d'entretiens avec le candidat de l'UDF, en se donnant les conditions d'une rare liberté de ton.
Estelle et Jean Véronis sont respectivement maître de conférences et professeur à l'Université de Provence. Ils sont spécialistes du langage et des nouvelles technologies.
Nicolas Voisin est blogreporter. Passionné de journalisme et de politique, il a créé la webTV PoliTIC'Show, et initié Le Monde Citoyen. Il participe au réseau Freemen et écrit quotidiennement sur Nuesblog.
07 juillet 2007
Pourquoi les députés du MoDem n'ont-ils pas voté la confiance au gouvernement ?
L'Assemblée nationale a voté, mardi 03 juillet dernier, la confiance au gouvernement Fillon. Les députés MoDem se sont abstenus pour les raisons que François Bayrou a données dans son explication de vote. Thierry Benoît, député MoDem d'Ille-et-Vilaine répond à la question du jour du quotidien la Croix.
« Nous nous sommes abstenus car nous émettons une importante réserve au discours de politique générale du Premier ministre : ce dernier n’a pas montré sa volonté de réduire le déficit de l’Etat et la dette publique. L’Europe nous attend d’ailleurs sur ce défi majeur, puisque tous les Etats membres se sont engagés à contenir le niveau des dépenses publiques. Or, lorsque le Premier ministre annonce un retour à l’équilibre à l’horizon 2012, cela signifie qu’il n’amorce pas dès aujourd’hui ce retour à l’équilibre. En ce qui me concerne, le contexte local particulier, dans ma circonscription de Fougères-Liffré, a également compté. Au second tour des législatives, les électeurs avaient en effet le choix entre un candidat de la majorité présidentielle et moi. Je n’oublie pas que j’ai été élu par des électeurs de droite et par des électeurs de gauche. En m’abstenant, je ne heurte pas ceux de droite et j’envoie un signe à ceux de gauche. Cela dit, je crois sincèrement en la bonne foi du Premier ministre. J’ai accueilli son discours ave respect. Et, par nature, je fais confiance aux hommes et aux femmes. Mon abstention n’est donc pas un vote de défiance. Elle me permettra de voter, pendant toute la législature, en mon âme et conscience. Je ne suis ni lié à la majorité présidentielle et au gouvernement ni, comme l’opposition, ligué contre eux. Dès que des propositions du gouvernement seront pertinentes, les députés du MoDem le diront et les voteront. Nous avons vocation à être une force de proposition et non pas d’opposition systématique. Nous allons porter, à quatre, cette nouvelle approche de la politique. A l’image du projet présidentiel de François Bayrou, la priorité des priorités est pour nous de replacer la dignité humaine au cœur de toutes les préoccupations. On ne peut pas construire une société uniquement sur l’argent et sur les puissances financières. »
Propos recueillis par Laurent de Boissieu
La Croix
06 juillet 2007
Le Nouveau Centre roulé dans la farine
Les élus du Nouveau Centre pensaient influencer le programme de la majorité présidentielle.
Jean-François Copé s’est chargé de lever les illusions des Morin, Hillmeyer et compagnie.
En effet le président du groupe UMP à l’Assemblée Nationale a déclaré que son groupe ne voterait pas l’amendement des élus du Nouveau Centre concernant le bouclier fiscal. Eh oui Mesdames, Messieurs, vous avez vendu vos convictions pour un plat de lentilles !
05 juillet 2007
François Bayrou s'abstient dans le vote sur la confiance au gouvernement Fillon
Une déclaration de politique générale comporte au moins deux figures imposées, l’hommage au Président de la République et la déclaration d’amour à la France et aux Français : vous vous en êtes acquitté, Monsieur le Premier ministre, avec la même éloquence que vos prédécesseurs. Un troisième chapitre mêle figures imposées et figures libres : c’est le catalogue des promesses ou des engagements. En la matière, vous avez dit des choses justes : j’ai apprécié que vous défendiez l’idée d’un « Small business Act » à la française, c’est-à-dire d’une loi de protection et de promotion des entreprises petites et moyennes, et que vous vous engagiez à faire reconnaître devant l’OMC à la France, peut-être à l’Europe, les mêmes droits qu’à leurs concurrents américains et canadiens ; j’ai trouvé bon et profond ce que vous avez dit sur les engagements internationaux de la France, notamment au Darfour et au Liban, et je suis heureux qu’il y ait peut-être sur ces bancs unanimité pour les soutenir ; j’ai apprécié l’esquisse que vous avez faite d’un meilleur équilibre démocratique, passant par la reconnaissance au Parlement de droits qu’il n’a pas aujourd’hui et par une loi électorale plus juste. Je rappelle que si le mode de scrutin avait été proportionnel, le nombre de voix que nous avons recueilli au premier tour des législatives nous aurait donné soixante et un députés au lieu de quatre ; je suis persuadé qu’on peut trouver une loi électorale qui rende au Parlement son indépendance à l’égard du pouvoir exécutif. Cela dit, deux hypothèques pèsent sur votre discours – deux grandes contradictions. Vous avez promis de renforcer le nombre de policiers et de gendarmes, de désenclaver les quartiers difficiles et d’y diminuer le nombre d’élèves par classe, développer les internats, construire 120 000 logements sociaux par an, améliorer la situation des prisons, augmenter le budget des universités… Sur ce dernier point, vous avez annoncé cinq milliards sur cinq ans, mais cela fait au mieux un milliard par an : c’est dix fois moins que l’engagement de Nicolas Sarkozy d’augmenter de 50 % un budget de l’enseignement supérieur et de la recherche qui est aujourd’hui de 20 milliards ! L’addition de toutes ces dépenses est naturellement incompatible avec la maîtrise du déficit budgétaire et le retour à l’équilibre de nos comptes publics… Il y a aussi incompatibilité entre l’impératif de modernisation et la concentration des pouvoirs qui est en train de s’opérer au sommet de l’État. En conséquence, nous nous abstiendrons."

