Militant Haut-Rhinois du MoDem

Blog qui souhaite diffuser les idées du Mouvement Démocrate dans le Haut-Rhin

24 août 2007

"Je n’ai pas d’opposition de principe à des discussions de fond avec le MoDem"

Interview publiée le 21 août 2007 dans Le Figaro.

Le FIGARO. – Comment jugez-vous sur les premiers mois de Nicolas Sarkozy?

Manuel VALLS. – Nous avons un président hyperactif. Cela ne me choque pas. Les Français lui ont donné la légitimité pour agir. Si l’hyperactivité ne peut pas être sa seule marque de fabrique, je me garderai bien d’un jugement hâtif. Cependant, je ne vois pas, par exemple, de stratégie économique et budgétaire. Au-delà de la méthode Coué, j’aimerais connaître les réponses du gouvernement face à la crise boursière. Le budget 2008 sera très difficile à bâtir avec une croissance molle et des déficits publics qui s’aggravent.

Le PS peut-il s’opposer sans avoir effectué son travail de rénovation intellectuelle?

Nous sommes au bout d’un cycle: une grande partie des idées de gauche se sont épuisées. Pour que le PS retrouve une crédibilité, il doit être porteur d’un projet vraiment différent. Cela demande du temps et beaucoup de travail. Si nous ne changeons pas en profondeur notre logiciel, nous resterons durablement dans l’opposition. Face à la droite, nous devons nous opposer en trouvant le ton juste, contrôler l’action du gouvernement, mais aussi proposer. Nous pouvons faire un bout de chemin avec la majorité, à condition qu’elle nous entende, sur des sujets qui peuvent faire consensus. Je pense aux moyens qu’il faut donner à la justice, à la lutte contre la criminalité ou encore au dossier de l’immigration.

Quels seront les sujets les plus difficiles à traiter pour le PS?

Nous sommes dans une économie de marché, il faut l’admettre définitivement. Nous devons dire également que le travail est une valeur, que nous ne sommes pas favorables à une société de l’assistanat. Nous devons tirer le bilan des 35 heures, être au clair sur les retraites et reconnaître que nous avons perdu une grande partie des salariés, séduits par le discours de Nicolas Sarkozy. Nous devons être aussi le parti de l’entreprise et des entrepreneurs, créateurs de richesses. Le deuxième sujet essentiel, c’est celui de l’autorité, qui est en crise. Une société a besoin de règles et d’ordre. L’autorité, républicaine, est une valeur de gauche, car son bon exercice permet de créer et de préserver le lien social, le « vivre ensemble».

Rénovation du PS et souci d’unité sont-ils compatibles?

Aujourd’hui, les socialistes apparaissent très divisés, alors même que les débats n’ont pas été menés. Ce qui nous a nui, c’est moins la confrontation que l’absence de volonté de trancher les questions essentielles.

Le PS doit-il associer le centre à sa réflexion?

Je n’ai pas d’opposition de principe à des discussions de fond avec le MoDem, à condition qu’il clarifie sa position vis-à-vis de la droite. Il est temps que nous ayons un débat sur nos alliances électorales, car je ne voudrais que ce soit la somme d’accords locaux aux municipales – ici à gauche, là avec le MoDem – qui définisse notre stratégie nationale.

Avec Arnaud Montebourg, Gaëtan Gorce et d’autres de la même génération, vous partagez le même appel à la rénovation…

Nous nous retrouvons d’abord sur l’idée qu’il faut sortir des carcans des courants et des écuries présidentielles qui ont ankylosé le PS. Nous souhaitons, ensuite, mener la rénovation des idées librement, sans tabou.

Formaliserez-vous un rapprochement lors du congrès?

Il est beaucoup trop tôt pour répondre. Je ne vais pas reproduire ce que je dénonce par ailleurs, c’est-à-dire un fonctionnement que nos militants ne supportent plus. Je ne veux plus du processus que nous avons vécu entre 2002 et 2007 et que la méthode proposée par François Hollande – attendre le résultat des municipales et ne pas affronter les grandes questions de fond – vise à reproduire pour que rien ne change.

Le nouveau leader du PS doit-il appartenir à cette génération?

Je le crois. Mais rien n’est écrit à l’avance. Il faut un changement à la tête du parti, c’est incontestable et attendu par les Français. Mais cela ne suffira pas à régler nos problèmes. Il faut aussi changer nos formes d’organisation et de débat pour être véritablement en phase avec la société.

Quel doit être désormais le rôle de Ségolène Royal?

Aucun leadership ne se décrète, mais elle a un rôle éminent à jouer. Il doit être intimement lié à la rénovation des idées. La campagne de Ségolène Royal a permis, parfois dans le désordre et l’absence de cohérence, d’avancer sur des questions comme le travail, l’ordre juste ou la nation. Faisons de cette période un véritable acquis.

Propos recueillis par Nicolas Barotte.

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18 août 2007

La femme fatale

9782226179296

Une conclusion s'impose à la lecture de cet ouvrage : Ségolène Royal ne pouvait pas gagner !

Mot de l'éditeur

Ségolène Royal a surgi dans la course à la présidentielle sans qu'on saisisse vraiment où elle puisait son ambition.

Aiguillonnée par une blessure secrète, débarrassée de ses scrupules, investie d'une mission, elle a choisi de contourner le PS et François Hollande.

Seuls quelques proches ont compris l'incroyable scénario qui se jouait entre le premier secrétaire et la candidate. Rares sont ceux qui ont saisi l'ampleur du défi que cette dernière, en bousculant les réflexes militants et en plaçant les «éléphants» hors jeu, imposait aux socialistes en même temps qu'à son couple.

Écartelée entre son parti et sa garde rapprochée, prête à bousculer tous les dogmes pour sauver ses chances, elle entraîne malgré elle son camp vers une défaite fatale, qui signe la fin du PS de Mitterrand.

«La gauche ne peut pas perdre», répétaient les socia­listes. Voici l'histoire secrète de ce rendez-vous manqué.

Raphaëlle Bacqué, auteur de Chirac ou le démon du pouvoir, et Ariane Chemin, co-auteur d'Une famille au secret, sur François Mitterrand et sa fille cachée, sont grands reporters au Monde.

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15 août 2007

Première réunion du MoDem 68, jeudi 28 juin

Les adhérents et les sympathisants haut-rhinois de l’UDF-Mouvement Démocrate (MoDem) ont été invités à la première rencontre, qui s’est déroulée le jeudi 28 juin à Bollwiller. Plus d’une centaine d’entre eux ont participé aux débats animés par les candidats aux récentes élections législatives et par Bernard Stoessel, premier vice-président du Conseil Régional d’Alsace. Anne Dehestru (Guebwiller) a tiré les leçons de l’élection présidentielle, marquée par le score remarquable de François Bayrou au 1er tour. Un Français sur cinq se reconnaît dans la démarche de rassemblement au centre de la vie politique française qu’il a proposée. Raphaëlle Vaginay (Wittenheim) a présenté les principes fondateurs du MoDem et Odile Uhlrich (Colmar) a tracé les perspectives de son organisation future dans laquelle le débat et la formation seront privilégiés. Jacqueline Blény (Altkirch) et Patrick Striby (Huningue) ont insisté sur l’importance et l’urgence de la préparation des élections municipales et cantonales de mars 2008. Les élections locales donneront l’occasion au Modem de démontrer sa capacité à rassembler nos concitoyens autour de projets concrets, innovants et fédérateurs. Au cours des débats sur ces différents thèmes, les adhérents présents ont manifesté leur détermination à transformer leur vote d’adhésion aux idées développées par François Bayrou en un engagement fort et durable pour soutenir son projet. Contacts : referents.modem68@gmail.com

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14 août 2007

Le Sillon

Mouvement catholique (1894-1910) groupant des cercles d’action sociale.

En 1893, quelques années après le ralliement de l’Église à la IIIe République, un groupe de réflexion, « la Crypte », se constitue au lycée Stanislas de Paris autour de Marc Sangnier. On y discute du christianisme social de l’encyclique Rerum novarum, parue en 1891. Parallèlement, Paul Renaudin fonde une revue, le Sillon, dont le premier numéro paraît le 10 janvier 1894. Le titre évoque la parabole du grain qui veille sous le sillon d’hiver, comme la jeunesse qui sera la moisson de demain.

La revue de 200 abonnés prend de l’ampleur. Sangnier, qui y collabore depuis le premier numéro, en devient actionnaire, puis président (1899). Elle fusionne alors avec le Bulletin de la Crypte de Sangnier, et se double en 1904 d’un hebdomadaire, l’Éveil démocratique, tiré à 50 000 exemplaires.

Autour de la revue se constituent des cercles d’étude, où des ouvriers côtoient des étudiants et des prêtres. Les sillonnistes prônent l’instruction du peuple, organisent des visites éducatives, des congrès, des instituts populaires, des pèlerinages et favorisent la formation de prêtres ouvriers. Ils se rapprochent de la démocratie chrétienne. L’épiscopat français et Pie X accueillent favorablement ce renouveau militant de la jeunesse. À sa dissolution, le mouvement compte un demi-million de membres.

Mais le mouvement se politise à partir de 1907. La « jeune garde », en uniforme, sert de service d’ordre aux manifestations du mouvement et en assure la propagande. Les prises de position (contre l’exploitation professionnelle des femmes, etc.), les polémiques avec la gauche laïque comme avec la droite nationaliste, isolent le Sillon. Ce mouvement chrétien dirigé par un laïc dérange. Sur ordre de leur évêque, de nombreux prêtres se retirent des cercles. Le 25 août 1910, une lettre de Pie X condamne le Sillon, qui s’est ouvert à des non-chrétiens et qui échappe au contrôle des autorités ecclésiastiques. Le mouvement est alors dissous.

Première tentative d’ériger en formation militante l’idée du catholicisme social, le Sillon est à l’origine des mouvements démocrates-chrétiens français.

Source : Encyclopédie Microsoft Encarta 2004.

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11 août 2007

La démocratie chrétienne

PRÉSENTATION

Courant politique de droite modérée qui est apparu vers la fin du XIXe siècle en Europe. Les partis se réclamant du christianisme entendent alors fonder un régime où le pouvoir appartient au peuple, et s’inspire des principes empruntés à l’Évangile. Leur influence a été très grande dans l’histoire politique européenne surtout après 1945, notamment en Italie, en Belgique et en Allemagne.

CHRISTIANISER LA DÉMOCRATIE...

Les origines de la démocratie chrétienne remontent à la première moitié du XIXe siècle. À cette époque, en effet, le choc de la Révolution française et la question sociale naissante amènent certains penseurs catholiques à se faire les partisans d’idées progressistes, tout en insistant sur le rôle fondamental des valeurs traditionnelles comme la famille ou l’Église. Ce mouvement se développe en France à partir de la fin de la monarchie de Juillet, et surtout au moment de la Révolution de 1848 et sous la IIe République, avec Lamennais, Lacordaire et Philippe Buchez, s’appuyant sur des journaux tels l’Avenir, l’Atelier ou encore l’Ère nouvelle dirigée par Frédéric Ozanam et l’abbé Maret. Il s’agit, tout d’abord, de fournir aux catholiques, jusqu’alors cantonnés dans le domaine spirituel ou par trop liés au parti ultra qui prône un pur et simple retour à l’Ancien Régime, une doctrine politique qui tienne compte de l’évolution de la société depuis 1789, et notamment des idées démocratiques qui triomphent un peu partout en Europe à cette époque. Dans leur volonté de voir les catholiques jouer un rôle politique plus important, ces penseurs s’inspirent d’une vision de l’Évangile qui met l’accent sur sa dimension humaine et, plus encore, d’amour et de fraternité, permettant de résoudre les problèmes sociaux posés par le développement du capitalisme et la difficile condition du prolétariat.

Toutefois, leur pensée, mêlée par trop de romantisme et d’esprit prophétique, n’a que peu de prise sur la société, et les différentes tendances se réclamant de la démocratie chrétienne demeurent trop éparses, voire opposées, pour parvenir à jouer un véritable rôle politique. Il faut attendre, en fait, l’encyclique Rerum novarum (1891) de Léon XIII, sur la condition ouvrière, pour voir le mouvement réellement s’organiser et connaître un élan décisif. En Italie, une fraction importante des membres de l’Œuvre des Congrès, apparue à la fin du XIXe siècle, ainsi qu’en Belgique ceux du Parti catholique, se revendiquent démocrates chrétiens.

En France, où le « ralliement » des catholiques à la République est soutenu par le pape, un groupe d’« abbés démocrates », tels l’abbé Trochu qui crée l’Ouest-Éclair, l’abbé Dabry, fondateur de la Vie catholique, ou bien encore l’abbé Lemire, devenu député d’Hazebrouck, se lance activement dans la politique et fait de la démocratie une sorte d’aboutissement logique et, plus encore, nécessaire de l’enseignement du Christ. Mais ce faisant, il se heurte à la majorité des milieux catholiques profondément conservateurs, comme en témoigne leur soutien massif à la cause antidreyfusarde, hostile à la République comme à la démocratie.

L’intensité des polémiques entre le courant libéral et le courant conservateur, au sein des catholiques, incite le pape Léon XIII à intervenir dans le débat et à définir la position officielle de l’Église. L’encyclique Graves de Communi (1901) consacre certes l’expression « démocratie chrétienne » mais, comme l’explique le pape, « il ne faut l’employer qu’en lui ôtant tout sens politique et en ne lui attachant aucune autre signification que celle d’une bienfaisante action chrétienne à l’égard du peuple ». Léon XIII entend limiter la démocratie chrétienne au seul catholicisme social et condamne ainsi les tendances les plus progressistes qui pouvaient glisser vers un socialisme chrétien.

3 …ET DÉMOCRATISER L’ÉGLISE

En condamnant l’idée que l’instauration de la démocratie peut seule permettre l’accomplissement complet du message évangélique, en rejetant toute action qui soit à la fois catholique et politique, la papauté s’oppose ainsi à un mouvement, laïc pour l’essentiel, dont elle redoute qu’il ne transpose le principe démocratique à l’intérieur même de l’Église. En effet, dans leur volonté de rompre avec l’alliance traditionnelle du trône et de l’autel, comme c’était le cas sous l’Ancien Régime, et tout au long du XIXe siècle, les partisans de la démocratie chrétienne prônent une remise en cause de la structure hiérarchique telle qu’elle existe dans l’Église catholique. La réforme de l’institution qui s’accompagne d’une place plus grande accordée aux laïcs en son sein, revendication formulée notamment en Italie par le dirigeant de l’Œuvre des Congrès, Romolo Murri, est aux yeux des démocrates chrétiens l’une des conditions nécessaires pour permettre à l’Église de s’adapter à la modernité et de continuer à jouer un rôle dans la société au-delà de la seule dimension religieuse. En ce sens, la démocratie chrétienne semble rejoindre le courant moderniste, qui se développe au même moment parmi certains clercs, tel Alfred Loisy, en France et en Italie, réclamant une relecture du message évangélique adapté à la société et à la science modernes. Cependant, le successeur de Léon XIII, Pie X, rejette dans le même temps les modernistes et le courant démocrate chrétien en excommuniant Loisy en 1906, en prononçant la dissolution de l’Œuvre des Congrès en 1905, puis en condamnant les journaux démocrates chrétiens français en 1908 et surtout, en 1910, le mouvement du Sillon, fondé par Marc Sangnier, qui tente de lier République, aspirations sociales et catholicisme. Si la plupart d’entre eux se plient aux injonctions du pape, cette double condamnation entraîne, cependant, le départ de l’Église de certains abbés démocrates en France, ainsi que de Romolo Murri en Italie, et de modernistes tels Loisy ou Minocchi.

4 L’ESSOR DE LA DÉMOCRATIE CHRÉTIENNE DURANT L’ENTRE-DEUX-GUERRES

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la chute des empires chrétiens en Autriche-Hongrie et en Russie, l’avènement de nouveaux États aux principes démocratiques, ainsi que la peur de l’essor du communisme incitent la papauté à changer de position et à encourager les catholiques à s’engager dans l’action politique et à s’organiser en partis. Dans l’esprit du Saint-Siège, il ne s’agit pas tant d’afficher une étiquette confessionnelle que de défendre les principes chrétiens dans le débat politique. Cette impulsion venue de Rome favorise alors le développement du mouvement démocrate chrétien.

En Italie, don Sturzo fonde le Parti populaire italien qui prône un programme social assez vaste, et rencontre un large écho dans la population obtenant, dès 1919, près de 100 députés à l’Assemblée. En Belgique, le Parti catholique belge se rallie aux thèses démocrates chrétiennes défendues notamment par Carton De Wiart et fait adopter au Parlement d’importantes lois sociales concernant le droit de grève ou la réduction du temps de travail. En Allemagne, le parti catholique, le Zentrum (« Centre catholique »), déjà puissant sous le règne de Guillaume II, devient l’une des principales formations de la République de Weimar et prend part à des gouvernements de coalition. Dans le même temps, des ecclésiastiques tels Mgr Seipel en Autriche, Mgr Nolens aux Pays-Bas, Mgr Sramek en Tchécoslovaquie prennent la tête de partis démocrates chrétiens appelés à jouer un rôle très important sur la scène politique de leurs pays. Ailleurs en Europe, ce sont des laïcs qui s’organisent, notamment en Suisse, en Roumanie, en Lituanie et en Pologne, tandis qu’un Secrétariat international des partis démocrates chrétiens voit le jour en 1928, afin de renforcer les liaisons au niveau européen.

En France, malgré la défiance d’une large partie de l’électorat envers les influences cléricales, un parti démocrate-populaire est fondé par Auguste Champetier de Ribes qui regroupe les membres de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) et du Sillon notamment. Même si son nombre de députés demeure limité (une dizaine au maximum), il exerce cependant une influence certaine, à laquelle s’ajoute également celle du parti de Marc Sangnier, la Jeune République. Toutefois, la condamnation de l’Action française par la papauté en 1926, qui détache de l’extrême droite une partie importante des électeurs catholiques, et le ralliement des journaux tel la Croix, aux thèses démocrates chrétiennes, contribuent à renforcer l’audience de ce mouvement.

5  DU SUCCÈS À LA REMISE EN CAUSE

Ce n’est cependant qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que les démocrates chrétiens acquièrent véritablement une assise politique très large auprès des masses catholiques. En Italie, le Partido della Democrazia cristiana (DC) fondé en 1944 a, jusqu’en 1993, assumé la direction du pouvoir ou participé à des gouvernements, sous l’impulsion de leaders tels qu’Alcide De Gasperi, Aldo Moro, Amintore Fanfani, Giulio Andreotti ou Ciriaco De Mita. En Allemagne, la Christlich-Demokratische Union (CDU), née en 1945, a gouverné sans interruption depuis 1949, à l’exception d’une courte période (1969-1982). De même en Belgique, le Parti social chrétien (PSC/CVP), héritier du Parti catholique belge, joue un rôle de tout premier plan dans la vie politique du pays, tandis qu’en France, le Mouvement républicain populaire (MRP) devient l’un des pivots de la IVe République, aussi bien lors du tripartisme (avec les socialistes et les communistes) que lors de la constitution de la Troisième Force (avec les socialistes, les radicaux et plusieurs partis de droite modérée).

Ce succès s’explique d’une part par le rôle joué par les démocrates chrétiens dans la résistance au nazisme et au fascisme et, d’autre part, par l’écroulement de la droite qui, bien souvent, avait collaboré durant la guerre avec l’occupant nazi. Ainsi, nombre d’électeurs de droite se reportent sur les partis démocrates chrétiens, notamment en France, afin de faire barrage aux socialistes et aux communistes. La peur du communisme, ainsi que le soutien électoral de la droite entraînent principalement deux conséquences :

— Sur le plan extérieur, cela permet aux démocrates chrétiens de jeter les bases de la construction européenne. Déjà durant l’entre-deux-guerres, ils avaient œuvré pour la réconciliation des peuples, soutenant notamment les initiatives d’Aristide Briand et d’Heinrich Brüning pour mettre un terme à l’hostilité franco-allemande. L’Italien Alcide De Gasperi, l’Allemand Konrad Adenauer et le Français Georges Bidault sont ainsi les grands artisans de l’unité économique et politique de l’Europe de l’Ouest, face à l’Europe de l’Est communiste, par l’intermédiaire notamment du plan Schuman et la mise en place de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) en 1952, puis par la signature du traité de Rome en 1957.

— Sur le plan intérieur, cela amène les démocrates chrétiens à modérer considérablement leur programme social, bien que celui du MRP, de la CDU et surtout de la DC soit assez important et ouvert, en particulier, à la planification et à l’idée d’une nécessaire intervention de l’État pour corriger les défauts de l’économie de marché. L’abandon par les démocrates chrétiens d’une grande partie de leur programme social leur aliène une partie de l’électorat catholique, tandis qu’en France le MRP décline, en raison de la reconstitution progressive de la droite. Le courant démocrate chrétien perdure, cependant, à travers le Centre des démocrates sociaux (CDS), sous l’impulsion de Jean Lecanuet, qui rejoint l’Union pour la démocratie française (UDF) à sa création en 1978, et se transforme en 1995 en Force démocrate, dirigée par François Bayrou.

En Italie comme en Allemagne, le parti démocrate chrétien s’ancre encore plus nettement à droite pour conserver sa prééminence électorale. Ainsi, la CDU et son aile bavaroise, la CSU, s’engagent dans un programme ouvertement néolibéral, offrant un mélange pragmatique de libéralisme démocratique et de conservatisme et prônant une économie de marché « sociale ». Cependant, avec le discrédit rapide de l’idéologie communiste et de ses formes de gouvernement dès la fin des années quatre-vingt, puis son brutal écroulement en 1990-1992, la démocratie chrétienne, en perdant son principal adversaire politique, voit également disparaître une de ses principales raisons d’être.

Ainsi en Italie, la fin de la menace communiste et le ralliement du Parti communiste italien (PCI) à la social-démocratie bouleversent la situation politique. Le lancement de l’opération « mains propres » et les nombreuses révélations sur les liens entre les partis politiques, les industries et la Mafia jettent le discrédit sur le système de partitocratie dont la DC était la principale bénéficiaire. Celle-ci connaît un déclin électoral aggravé par de nombreuses dissensions, tandis qu’à droite, de nouveaux partis se forment dont Forza Italia dirigée par Silvio Berlusconi et l’Alliance nationale de Gianfranco Fini. La DC finit par éclater en 1994 et les nombreuses formations issues de son éclatement ne parviennent plus à jouer un rôle important, coincées entre le pôle de l’Olivier à gauche, et le pôle des libertés à droite.

En Allemagne, la CDU enregistre un nouvel élan au lendemain de la chute du mur de Berlin, son dirigeant, Helmut Kohl, apparaissant comme le principal artisan de la réunification. Cependant, la profonde récession qui aboutit à la remise en cause du modèle d’économie de marché « sociale » affaiblit la CDU qui essuie, en 1998, plusieurs revers électoraux au cours de scrutins régionaux et doit faire face à la remontée de l’opposition social-démocrate.

Aux Pays-Bas également, l’influence des chrétiens démocrates s’érode et, pour la première fois en 1993, un gouvernement ne comprenant aucun de leurs membres a vu le jour.

Présente aussi en Amérique latine où de nombreux partis se réclamant de son idéologie sont au gouvernement, comme au Chili, la démocratie chrétienne connaît un déclin général en Europe dans la mesure où la démocratie n’est plus l’objet de débats au sein des catholiques et où la laïcisation des sociétés contribue à réduire l’influence de partis se réclamant d’une étiquette confessionnelle.

Source : Encyclopédie Microsoft Encarta 2004.

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08 août 2007

Le parti socialiste a-t-il encore un avenir ?

La question est iconoclaste mais mérite d’être posée. En effet la rénovation tant désirée par tous les leaders du parti se limite pour le moment à un renouvellement de personnes : est-ce Ségolène, Bertrand, Dominique, Laurent, François, qui va occuper le fauteuil de premier secrétaire en 2008 ?

Mais la question de l’existence du PS vaut aussi et surtout d’être posée au regard du patchwork idéologique que constitue le dit parti : d’un coté une mouvance gauchiste, anticapitaliste, antieuropéenne, de l’autre une mouvance sociale-démocrate. Ce mariage de la carpe et du lapin voulu par le dernier congrès a conduit les socialistes à l’immobilisme.

Deux solutions s’offrent à eux pour sortir de l’impasse :

- le parti se donne à l’un des deux courants et adopte une ligne politique claire et clairement assumée,

- le parti se scinde en deux, entre une aile gauche (qui avec les verts, les communistes, les alter mondialistes) formerait un parti du type Die Linke ; et une aile progressiste qui en rejoignant le MoDem permettrait la création d’un grand parti social-démocrate ou démocrate-social.

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06 août 2007

Forum des Démocrates

Chers amis, Je suis très heureux de vous convier au Forum des Démocrates, qui aura lieu du 13 au 16 septembre 2007 à Seignosse, dans les Landes. Cette manifestation constitue une étape importante avant le congrès constitutif du Mouvement Démocrate. Au cours des ces quatre journées de travail, nous allons réfléchir, ensemble, aux grands sujets qui constitueront les prémices de notre projet, aux règles d’organisation interne de notre mouvement et à la préparation des élections municipales.

Vous trouverez sur le site du forum des démocrates le pré-programme de ces journées, qui comprendront des séances plénières thématiques, des ateliers de réflexion et de formation, deux débats de politique générale en soirée, ainsi que les animations traditionnelles.

Je vous invite à profiter des congés estivaux pour réfléchir à ces différents sujets, en nous adressant, si vous le souhaitez, vos contributions
- par mail : contributions@forumdesdemocrates.fr
- ou par courrier : Forum des démocrates, 133 bis rue de l’Université 75007 Paris

Je compte sur votre présence effective à Seignosse et vous assure, chers amis, de ma fidèle amitié.

François Bayrou

PS : le nombre de places est limité. Inscrivez-vous vite !

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04 août 2007

Contre la franchise médicale

Article publié dans le journal le Monde du 21 juillet 2007.

Lors de l'instauration de la franchise de 1 euro en 2004, le Conseil constitutionnel avait estimé qu'une somme aussi faible ne portait pas atteinte au droit à l'égalité des soins mais avait émis les plus expresses réserves au cas où cette somme viendrait à être augmentée : ce qui est bien le cas avec ce nouveau projet de franchises.

Chacun peut vérifier sur le site du Conseil constitutionnel la teneur de la décision n° 2004-504 DC du 12 août 2004, liée à la réforme Douste-Blazy instituant la franchise de 1 euro, dans laquelle on peut lire : "Considérant, en troisième lieu, que le montant de la majoration de la participation de l'assuré devra être fixé à un niveau tel que ne soient pas remises en cause les exigences du onzième alinéa du préambule de la Constitution de 1946." A savoir : "La nation garantit à tous, notamment à l'enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs."

Quant à l'idée de Martin Hirsch, que j'ai connu mieux inspiré dans le passé, de moduler le montant des franchises en fonction du revenu, elle constitue à la fois une usine à gaz qui obligera à communiquer aux caisses chaque année les revenus du ménage (dont les membres peuvent appartenir à des régimes différents), un archaïsme au moment où la notion de ménage est en pleine révolution dans notre société et un bouleversement de la Sécurité sociale, qui ne connaît pas des "ménages", mais uniquement des assurés et des ayants droit.

Il faut rajouter que l'idée initiale d'interdire aux complémentaires de rembourser ces franchises est contraire aux conventions de l'UE sur les assurances, selon lesquelles on ne peut pas interdire à un assureur d'assurer ce qu'il veut. Le gouvernement semble d'ailleurs s'être rendu compte de cette difficulté, puisqu'il n'est plus question de cette disposition... Tout comme il a abandonné depuis longtemps le prétexte de "responsabilisation" qui se voulait la justification de cette mesure.

Les franchises médicales sont une idée improvisée à la va-vite pendant la campagne électorale, sans aucune réflexion juridique, économique, sociale ni sanitaire préalable, et le gouvernement serait bien inspiré d'abandonner ce piège dans lequel il a été s'enferrer tout seul. Reste à trouver le moyen de ne pas perdre la face.

Dr. Elie Arié.

Cardiologue, enseignant-associé à la Chaire d'économie et gestion des services de santé au Conservatoire national des arts et métiers.

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02 août 2007

« Les tensions au travail pèsent sur l'économie »

Interview publiée dans les Dernières Nouvelles d’Alsace du 7 juillet 2007.

Interview /Thomas Philippon, professeur à la Stern School of Business

L'économiste Thomas Philippon montre dans son livre «Le capitalisme d'héritiers» que les mauvaises relations entre salariés et patrons sont un facteur de blocage de l'économie française.

Quelle est la nature de la crise française du travail ?

La crise française est d'abord le fruit de relations sociales marquées par l'insatisfaction et la méfiance.

Le marché du travail, en .France traverse une crise: trop de jeunes et de seniors n'y trouvent pas leur place. Nous partageons tous ce constat, mais n'avons pas tous la même analyse des causes. Comme tous les économistes, j'avais commencé à travailler sur ce qu'on appelle les «rigidités»: la taxation du travail, des licenciements et l'indemnisation du chômage...

Cependant ces spécificités françaises n'apportent qu'une explication partielle aux différences de performances entre le marché du travail en France, en Allemagne, aux Etats-Unis et au Danemark. J'ai donc essayé de comprendre ce qui pouvait distinguer les différents pays au delà des mesures institutionnelles et de m'intéresser à des variables plus sociologiques, qui sont d'habitude exclues du champs de l'analyse économique. II fallait examiner une hypothèse: les Français sont-ils paresseux? Contrairement aux idées reçues, cette thèse ne tient pas la route. Les Français accordent plutôt plus d'importance au travail que les autres Européens.

Une fois éliminée la paresse généralisée, d'autres rigidités se font jour. Ainsi, les tensions dans les relations humaines, au travail pèsent au moins autant sur l'économie française que les «rigidités» législatives.

La spécificité française est que les patrons et les salariés ne parviennent pas à travailler harmonieusement ensemble?

On constate des facteurs de blocages. Jusqu'à présent, la recherche en France s'est surtout intéressée à l'Etat et aux syndicats mais peu aux patrons.

Or, il existe des constantes dans le patronat français a travers les âges, que ce soit à l'époque paternaliste des années 1900 ou au moment de la grande époque bureaucratique des années 1950-1960, et même encore aujourd'hui, alors que les modes d'organisation de ces capitalismes étaient .très différents.

Les patrons français ont une tendance à un certain autoritarisme, à centraliser le pouvoir, donc à ne pas déléguer, et une difficulté particulière à gérer la promotion interne. Ce faisant, ils ont tendance à enfermer les gens dans un statut, défini en terme de diplôme, d'ancienneté ou de nom de famille plutôt que de promouvoir des compétences.

Ces constantes ne sont pas indépendantes des constantes syndicales, La, méfiance des Syndicats vis-à-vis des patrons fait que ceux-ci sont toujours sur la défensive, qu'ils deviennent plus autoritaires, ne font pas de promotion interne et ne se renouvellent pas...

C'est un cercle vicieux...

En économie, on appelle cela un équilibre inefficace. Chaque acteur individuellement a intérêt à se comporter comme il se comporte. Mais cela crée un blocage... On ne peut s'attendre à ce qu'un individu, ou un seul groupe d'acteurs change, car de son point de vue, étant donné la situation actuelle il n'a pas de raison de changer.

Selon vous, il ne faut pas sous-estimer le «mécontentement» des Français au travail, car il a un coût pour l'économie de notre pays...

Ce mécontentement a un impact dans les entreprises, sur le marché du travail, et dans la perception que les gens ont de l'entreprise. Mais ces mauvaises relations au travail ont aussi des conséquences sur l'ensemble de la société, car elles influencent les pressions sociales sur tel-le ou telle loi.

Tout d'abord, dans les entreprises, cela créé beaucoup de perte de temps. Quand il y a un manque de confiance dans une organisation, au lieu de négocier rapidement, on perd un temps fou dans des négociations inutiles. Or le temps c'est de l'argent!

Par ailleurs, la difficulté à promouvoir les personnalités les plus dynamiques dans certaines organisations, entraîne une conséquence: on aura des leaders qui en moyenne ne seront pas les meilleurs, ce qui est dommage pour le pays dans son ensemble.

Ensuite, les, Français sont parmi les pays développés, les personnes qui sont les moins satisfaites de leur travail. Cela se traduit surtout après 50 ans, suite à l'accumulation des frustrations au cours d'une carrière. Le découragement et la lassitude au travail font que les salariés n'ont qu'une envie: partir à la retraite. Résultat: notre pays a un mal fou à mettre en oeuvre la réforme des retraites alors que tous les autres pays l'ont déjà mise en place?

La pyramide démographique nous oblige à travailler plus longtemps. Mais en France, le sujet fâche car les salariés n'ont qu'une envie c'est de quitter le monde du travail!

Pourquoi gère-t-on si mal les ressources humaines en France?

Historiquement, les ressources humaines sont un paramètre que les entreprises françaises ont toujours négligé. Dans notre tradition cartésienne, ce qui compte en premier c'est la technologie et le savoir-faire. Les rapports humains, on s'en occupe après, quand on a le temps. Or les rapports humains peuvent être productifs ou ... pas. On aura beau avoir la meilleure technologie du monde, si les gens passent leur temps à se chamailler ce ne sera pas productif!

Les entreprises ne sont pas les seules à en porter la responsabilité : les syndicats sont aussi en cause. Il faudrait faire un effort des deux côtés.

De quelle manière?

Nous devons sortir du travers français qui mise tout sur l'Etat, ou qui associe le dialogue social à la seule négociation à. Paris entre les centrales syndicales et le Medef. Le dialogue social c'est d'abord dans l'entreprise. Donc, les réformes de fond doivent se faire au sein de l'entreprise.

Au niveau national, il faut revoir la représentativité des syndicats, aller vers un accord majoritaire... Mais une fois cela réglé, on n'aura seulement commencé à aborder le problème. Tout sera à faire dans les entreprises. Il faut leur donner plus de moyens de négociation pour s'organiser au niveau: local. Trouver le bon donnant-donnant pour faire tomber la méfiance réciproque entre dirigeants et salariés.

Propos recueillis par Elodie Bécu.

Posté par Landskron à 12:03 - Documents - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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