13 septembre 2007
Marielle de Sarnez, vice-présidente du MoDem : "La véritable ouverture, c'est de rassembler les Français"
Interview publiée dans Le Monde du 13 septembre 2007.
Le Mouvement démocrate (MoDem) se retrouve, à compter d'aujourd'hui, au Forum des démocrates. Où en est ce nouveau parti centriste, quatre mois après l'échec de François Bayrou à l'élection présidentielle ?
François Bayrou a créé un grand espoir pendant la campagne présidentielle. Il a recueilli, je vous le rappelle, les suffrages de 7 millions d'électeurs. Beaucoup de Français se sont retrouvés dans sa démarche de rénovation de la vie politique française. Nombre d'entre eux ont confirmé leur adhésion à l'idée de créer un nouveau parti capable de porter cette aspiration.
Combien d'adhérents ont rejoint le MoDem ?
Plusieurs dizaines de milliers, près de 50 000. Mais c'est moins le nombre que la qualité des gens qui est impressionnante : ils adhèrent parce qu'ils y croient et pour apporter chacun son savoir-faire à la construction de ce nouveau mouvement.
Le Forum des démocrates sera l'occasion de vous compter ; en profiterez-vous pour commencer à parler programme et calendrier électoraux ?
Nous allons parler du fond. Nous allons élaborer une charte des valeurs du Mouvement démocrate, pour fonder cette nouvelle éthique de la vie politique qu'attendent les Français. Et, bien sûr, nous aborderons la question des élections municipales. Cette étape sera pour nous importante, puis que nous présenterons nos propres listes dans la plupart des villes de France.
Quelles sont ces valeurs du MoDem ?
Nous voulons des citoyens responsables qui soient vraiment partie prenante des choix si importants que nous allons devoir faire : retraites, dette, solidarité, rôle de l'État... Nous voulons un État qui ne s'occupe pas de tout à la place de tout le monde et généralement sans résultat. Nous voulons une société où la justice ne soit pas un vain mot ; par exemple les métiers pénibles doivent obtenir leur retraite avant les métiers moins fatigants. Nous voulons que les pays européens travaillent ensemble pour équilibrer les très grandes puissances.
Au vu des premiers mois du nouveau président de la République, vous sentez-vous plutôt dans la majorité ou dans l'opposition ?
Nous souhaitons que le gouvernement réussisse, mais nous pensons souvent qu'il n'a pas pris le bon chemin. Ne pas tenir compte de la dette et du déficit est un mauvais choix. Les Français ne sont pas aveugles : ils ont conscience de l'état dans lequel se trouve le pays. L'argent dépensé dans le " paquet fiscal " n'apportera pas le point de croissance supplémentaire dont la France a besoin. Il aurait été mieux employé à relancer l'emploi, en faisant, par exemple, ce que François Bayrou avait proposé pendant la campagne : créer deux emplois nouveaux sans charge pour les PME. C'est par la création d'emplois que l'on créera de la croissance.
Avec sa politique d'ouverture, Nicolas Sarkozy ne fait-il pas ce que François Bayrou rêvait de faire ?
Ça ressemble à ce que François Bayrou proposait. Mais ce n'est pas du tout fait dans le même esprit. Pour Nicolas Sarkozy, c'est d'abord une manœuvre politicienne. Il veut assécher la gauche, pas l'associer. La véritable ouverture, c'est de rassembler les Français, même s'ils ne sont pas de votre bord, pour rendre possibles les réformes dont notre pays a besoin. Et de le faire sans arrière-pensées politiciennes.
C'est une main tendue que vous proposez à la gauche ?
Nous voulons proposer un projet nouveau, qui n'est porté aujourd'hui par aucun des deux partis traditionnels.
Le MoDem a des adhérents mais peu d'élus, le Nouveau Centre a des élus mais quasiment pas d'adhérents. Les partis radicaux, de droite et de gauche, auraient amorcé des discussions. Ne faudrait-il pas commencer par réunifier la famille centriste ?
Pour exister, le centre doit être libre et indépendant et pas inféodé à un seul côté. C'est la seule condition que nous mettrons à tout rassemblement que je souhaite et que nous favoriserons.
Serez-vous candidate à la mairie de Paris ?
Oui bien sûr. On a besoin de renouvellement à Paris. J'y conduirai des listes autonomes. Mais le plus important, avant les équipes, c'est la question du projet, des ambitions pour Paris. Nous en avons de grandes.
Propos recueillis par Pascal Galinier.
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