31 octobre 2007
Les honteuses franchises médicales
L'Assemblée nationale est sur le point de réaliser l'une des promesses de campagne les plus injustes du candidat Sarkozy, à savoir l'instauration de franchises médicales. A partir du 1er janvier 2008 une franchise de 50 centimes d'euro sera prélevée sur les médicaments, les transports et les actes paramédicaux. Cette franchise, même plafonnée à 50 euros par patient en 2008 n'en demeure pas moins injuste car elle pèsera sur les malades dejà atteint dans leur chair par la maladie et qui seront ainsi mis à l'index. Comme l'a exprimé Marie-Hélène Amiable, cette mesure instaure une « double peine »: « parce qu'on est malade on paie plus », et s'ajoute à la politique plus pernicieuse de non remboursement de médicaments. Aujourd' hui lorsque vous devez vous faire soigner pour un mal de gorge intense ou une rhino, il y a de fortes chances que les médicaments prescrits (éludril, hexalyse, maxilase, derinox) ne vous soient pas remboursés .
La santé reste l'un des biens les plus précieux de l'être humain et vouloir faire des « économies » dans ce domaine me paraît douteux. Il faut bien résorber le déficit de la sécurité sociale me rétorquera t-on ! Soit mais alors que les sacrifices soient répartis de manière équitable: pourquoi ne pas instituer des remboursements basés sur le montant des revenus des contribuables ? Evidemment cela pénaliserait nos concitoyens les plus aisés qui sont également les soutiens les plus choyés de notre Président.
25 octobre 2007
Dates des Congrès
Les Congrès se dérouleront du vendredi 30 novembre au dimanche 2 décembre 2007 à Villepinte (Seine Saint Denis). Congrès UDF le vendredi 30 novembre (après-midi). Congrès Mouvement Démocrate les samedi 1er décembre (journée entière) et le dimanche 2 décembre (le matin). Aéroport et gare TGV: Charles de Gaulle.
18 octobre 2007
Marc Sangnier
Né dans un milieu bourgeois parisien, il reçoit une éducation profondément chrétienne. Il est élève au collège Stanislas de 1879 à 1894. C'est un brillant élève, et décroche un prix de philosophie en 1891 au concours général. Bachelier, il réussit ensuite en 1895 le concours d'entrée à l'École polytechnique avant d'obtenir une licence en droit en 1898.
Encore jeune étudiant en 1894, il anime un journal philosophique, Le Sillon, journal du mouvement pour un christianisme démocratique et social, fondé par son ami Paul Renaudin. Il travaille à cette publication avec des camarades du Collège Stanislas de Paris, et en fait un lieu de réflexion politique, dans l'esprit du "Ralliement" des catholiques au régime républicain prôné par le pape Léon XIII et de son encyclique Rerum novarum.
Militant pour un catholicisme progressiste
En 1899, Le Sillon devient l'organe d'un vaste mouvement d'éducation populaire qui réunit la jeunesse ouvrière et les fils de notables afin de réconcilier les classes laborieuses avec l'Église et la République. En s'appuyant sur les patronages catholiques, Sangnier crée en 1901 des Instituts Populaires qui donnent bientôt des cours et des conférences publiques. Lors du congrès national de 1905, près de mille cercles venus de la France entière sont ainsi représentés.
«Le Sillon a pour but de réaliser en France la république démocratique. Ce n'est donc pas un mouvement catholique, en ce sens que ce n'est pas une œuvre dont le but particulier est de se mettre à la disposition des évêques et des curés pour les aider dans leur ministère propre. Le Sillon est donc un mouvement laïque, ce qui n'empêche pas qu'il soit aussi un mouvement profondément religieux.» (extrait d'un article de Marc Sangnier dans La Croix, en 1905).
Cependant, le mouvement doit combattre l'opposition de l'extrême gauche marxiste qui parfois perturbe les réunions organisées par Le Sillon ou la presse de l'Action Française monarchiste qui l'attaque à partir de 1906 en raison de ses positions démocratiques et sa politique de ralliement. Charles Maurras entame alors une violente polémique avec Sangnier, publiant coup sur coup articles et pamphlets pour la défense d'un catholicisme traditionnel (débat stratégique car Maurras se dit lui-même agnostique, mais la plupart des sympathisants de l'Action française sont foncièrement antimodernistes).
Le vote en 1905 de la Loi de séparation des Églises et de l'État constitue un nouveau tournant qui va créer un conflit entre les idées libérales du Sillon et l'épiscopat français. En 1910, dans son encyclique Notre Charge Apostolique, le pape Pie X condamne les idées des sillonistes, la « fausse doctrine du Sillon » qui prône le nivellement des classes, la triple émancipation politique, économique et intellectuelle. Il déplore qu'un trop grand nombre de prêtres se fassent les apôtres de ces erreurs et les invite à se replacer désormais sous l'autorité du clergé. Marc Sangnier se soumet à la directive mais décide peu après d'abandonner l'action religieuse pour la politique.
L'historien Jacques Prévotat indique que quelques années plus tard, en 1914, le même pape Pie X condamne la doctrine de l'Action française de Charles Maurras par une encyclique qui ne sera pas publiée. Elle sera officiellement condamnée par le Vatican en 1926.
Militant social et pacifique
Marc Sangnier fonde un quotidien, La Démocratie, puis, en 1912, la Ligue de la Jeune République. Il milite pour l'égalité civique pour les femmes, le scrutin proportionnel et ébauche un véritable système avant-gardiste de législation sociale.
À la déclaration de guerre en 1914, il est mobilisé. Avec le grade de lieutenant, il sert pendant dix-huit mois sur le front est décoré de la Croix de Guerre avant d'obtenir la Légion d'honneur. La paix revenue, il se présente aux élections législatives et est élu député à la Chambre « bleu horizon ». Réactivant son mouvement Jeune République, il défend l'idée d'une véritable réconciliation franco-allemande, mais ses idées pacifistes le mènent à un échec aux élections de 1929 et il décide d'abandonner la politique.
Il se consacre alors pleinement à la cause pacifiste. Après une rencontre avec Richard Schirrmann qui a initié les premières auberges de jeunesse en Allemagne, il reprend l'idée et ouvre la première Auberge de jeunesse en France, baptisée l'Épi d'Or, elle est construite en 1929 à Boissy-la-Rivière (Essonne) L'année suivante est fondée à son initiative la Ligue française pour les Auberges de la Jeunesse.
Marc Sangnier crée un nouveau périodique, L'Éveil des Peuples, afin de faire connaître ses idées. Des personnalités comme Pierre Cot et René Cassin signent à l'occasion quelques articles dans son journal. Durant l'occupation, après la défaite de 1940, il met l'imprimerie de son journal au service de la Résistance ce qui lui vaut d'être arrêté par la Gestapo et incarcéré pendant quelques semaines à la prison de Fresnes. À la Libération, il est élu député de Paris sous l'étiquette du MRP (Mouvement républicain populaire), Il décède le 28 mai 1950. De nombreuses écoles et collèges portent son nom en France ainsi qu'une rue de Paris.
Œuvres
Discours (10 tomes):
Tome I - 1891-1906
Tome II - 1906-1909
Tome III - 1910-1913
Tome IV - 1912-1913
Tome V - 1913-1919
Tome VI - 1919-1922
Tome VII - 1922-1923
Tome VIII - 1923-1925
Tome IX - 1925-1929
Tome X - 1930-1937
L'Education sociale du Peuple, Paris, Rondelet, 1899.
Le Sillon, esprit et méthodes,Paris, Au Sillon, 1905.
L'Esprit démocratique, Paris, Perrin, 1905.
Par la mort, Paris, Au Sillon, 1905.
Une méthode d'éducation démocratique, Paris, Au Sillon, 1906.
Au lendemain des élections (sous le pseudonyme de François Lespinat), Paris, Au Sillon, 1906.
La Vie profonde, Paris, Perrin, 1906.
Le Plus Grand Sillon, Paris, Au Sillon, 1907.
La Trouée, Paris, Au Sillon, 1908.
Devant l'affiche, Paris, Au Sillon, 1908.
Chez les fous, Paris, Au Sillon, 1908.
La lutte pour la démocratie, Paris, Perrin, 1908.
Dans l'attente et le silence, Paris, Au Sillon, s.d. Aux sources de l'éloquence, Paris, Bloud et Gay, 1908.
Conférences aux soldats sur le front, Paris, Bloud et Gay, 1918.
Ce que savent les jeunes Français d'aujourd'hui, La Démocratie, 1918.
Le Val noir, La Démocratie, 1919.
L'Âme commune, 1920-1921.
L'Anniversaire, La Démocratie, 1928.
Albert de Mun, Paris, Alcan, 1932.
Autrefois, Paris, Bloud et Gay, 1933.
Le Pacifisme d'action, Paris, Foyer de la Paix, 1936.
Le Combat pour la Paix, Paris, Foyer de la Paix, 1937.
Histoire des Auberges de la Jeunesse, édité par " Les Auberges ", 1946.
Source : Wikipédia.
05 octobre 2007
Soutenir l’économie solidaire
Article publié dans le journal Libération du 23 août 2007.
Le Grenelle de l’environnement doit aussi proposer un autre mode de développement économique.
Par Claude Alphandéry, président du Conseil national de l’insertion l’activité économique (Criae)
On peut se réjouir de la constitution, auprès d’Alain Juppé puis de Jean-Louis Borloo, d’un grand ministère de l’Ecologie, du Développement et de l’Aménagement durables. C’est le signe d’une prise en considération de notre environnement naturel, des menaces qu’il subit, de son implication dans toutes les activités humaines. La préparation d’un Grenelle de l’environnement apparaît également comme une promesse de traiter l’ensemble des problèmes ; et il est bon qu’ils soient approfondis, au préalable, au sein de six groupes de travail dont la composition comprend des sensibilités très diverses.
Il est frappant toutefois que ces travaux préparatoires ne fassent pas de place explicite à une réflexion sur la relation, la compatibilité entre l’ambition du développement durable et la représentation la plus courante de l’économie : dopée par les nouvelles technologies, la mondialisation et la déréglementation des échanges, et la surmultiplication des flux monétaires, celle-ci apparaît comme orientée avant tout vers l’efficacité financière, la compétitivité, le profit ; et cette représentation est portée par un puissant mouvement d’opinion ; celle des chefs d’entreprises qui voient dans toute disposition fiscale ou réglementaire contraignante un frein, un risque de perdre des marchés et qui dénoncent les mesures les plus élémentaires de taxation, de prévention, de contrôle, comme des coups portés à la croissance et à l’emploi. Opinion soutenue par l’ensemble des médias qui suscitent le désir et les réflexes des consommateurs fascinés par la publicité et par le reportage des pratiques ostentatoires des «élites». Ainsi se diffuse un fétichisme de la marchandise qui privilégie l’avoir immédiat au bien être durable. Certes la voix de quelques experts s’élève et l’opinion n’est pas insensible aux risques encourus. Certains immédiats et dont chacun peut trouver des exemples proches : effets de la pollution, accidents de la circulation etc. D’autres désormais relayés par les médias : réchauffement de la planète, pénurie d’eau potable… D’autres encore sur le nucléaire ou les OGM, contestés mais provoquant un trouble diffus. D’autres enfin imprévisibles, malgré la pléthore d’analystes financiers et la sophistication de leurs modèles économétriques, générés par l’excès ou l’insuffisance de liquidité monétaire.
Les Etats font écho à ces inquiétudes ; l’Europe donne parfois des directives ; des forums mondiaux jouent un rôle d’agitation. Des mesures sont prises qui ne sont pas inutiles mais ponctuelles, symptomatiques ; elles ne s’attaquent pas aux orientations fondamentales, elles esquivent le vrai problème. Comment s’assurer d’un développement durable sans sortir d’une économie unidimensionnelle tournée vers la seule efficacité financière et le profit et peu soucieuse des risques qu’elle génère ? Comment donner toute sa place à une économie respectueuse de l’environnement et de la cohésion sociale hors desquels le développement se casse ? Comment donner toute leur chance aux activités affirmant la solidarité des hommes entre eux et leurs liens avec la nature ?
Des initiatives existent qui constituent de premières réponses. On les trouve dans des activités de services et de soins individuels et collectifs, de commerce équitable, de bio agriculture, d’insertion professionnelle, de tourisme populaire, dans des manifestations culturelles, éducatives, sportives. Elles émanent le plus souvent des mouvements associatifs. Elles se situent, pour une part, sur le marché où elles vendent leurs prestations ; elles recourent néanmoins, pour les missions d’intérêt général qu’elles assurent, aux aides de l’Etat et des collectivités territoriales, au bénévolat et à une épargne non ou moins rémunérée. Initiatives nombreuses, encourageantes, souvent exemplaires ; elles constituent un vaste secteur d’économie solidaire qui ne se substitue ni à l’économie de marché ni à l’économie administrée mais qui les complète, et qui s’inscrit avec celles-ci dans une économie pluridimensionnelle plus soucieuse de cohésion sociale et plus respectueuse de l’environnement, donc dans une dynamique de développement durable et humain. Elles restent néanmoins encore marginales, jugées à tort improductives ou peu productives (alors que leur efficacité est considérable si l’on prend précisément en compte le développement durable et humain) ; elles sont déclassées, dépréciées par manque de reconnaissance et par insuffisance, par instabilité de leurs ressources.
Comment donc aller plus loin, modifier en profondeur la représentation que l’on se fait de l’économie, l’idée que sa seule finalité est le profit, comment la faire basculer dans un autre mode économique compatible avec le développement durable ?
Il faut pour cela, bien au-delà de mesures ponctuelles, donner à ce vaste secteur d’initiatives dispersées une cohérence et un élan, faire prendre conscience à l’opinion que l’élargissement des assises et de la portée de l’économie solidaire ouvre le chemin d’un autre mode de développement répondant au malaise, aux risques d’un monde déséquilibré par une financiarisation extrême. Un chemin ambitieux qui appelle des gestes politiques concertés entre l’Etat, les collectivités territoriales, les partenaires sociaux économiques et qui implique des moyens appropriés : aides publiques programmées sur plusieurs années sous réserve d’évaluation, appui à la formation d’employeurs sociaux, aux projets innovants, au bénévolat, à l’épargne solidaire. C’est une voie à laquelle le Grenelle du développement ne devrait pas manquer de contribuer.
03 octobre 2007
Municipales Stoessel veut un tiers des candidats
Article publié dans le journal l'Alsace du 4 septembre 2007.
Bernard Stoessel pourrait participer à la liste d'entente mulhousienne avec l’UMP et les fidèles de Jean-Marie Bockel.
Si l’accord Bockel-UMP est entériné, les tractations entre le maire de Mulhouse et Bernard Stoessel pour le MoDem sont en cours. Le premier vice-président du , Conseil régional le confirme et dresse une ébauche de la liste d'entente : « un tiers candidats de la majorité actuelle, un tiers UMP et les centristes du MoDem à part égale car une liste d'entente suppose une présentation équilibrée. L'intérêt d'une liste d'entente est de faire travailler ensemble des personnes venues d'horizons divers ».
Bernard Stoessel ne fait, a priori, pas de fixation sur une présence de sa part dans les premiers rangs de la liste menée par Jean-Marie Bockel. Il a parfaitement intégré que Jean Rottner, suppléant d'Arlette Grosskost sera premier adjoint. « Il n'y a aucun problème de titre pour ce qui me concerne. Je veux contribuer à parts égales à cette entente et il sera indispensable de jouer en équipe ». Il précise cependant que « les enjeux les plus forts se situent au niveau intercommunal ». Un tel poste l'intéresserait, mais «ce n'est pas l'objet d'un ultimatum ». Bernard Stoessel est « sensible à un état d'esprit politique qui est autre chose que le combat droite-gauche ou qui tient de la volonté d'enlever telle ou telle citadelle ».
On le sent prudent quant à ses relations avec Arlette Grosskost. « Le problème n'est pas de savoir si elle m'aime ou pas mais c'est l'intérêt des Mulhousiens qui prime». Bernard Stoessel rappelle au passage qu'en tant que premier vice-président du Conseil régional il travaille avec la députée du Haut-Rhin au sein d'une majorité. En revanche, il refuse de commenter la désignation d'Arlette Grosskost comme tête de liste UMP de la liste haut-rhinoise aux futures régionales de 2010.
« Le défi intercommunal »
Bernard Stoessel a réuni dimanche ses amis pour évoquer les grands dossiers mulhousiens «pas du tout pour examiner des problèmes de liste électorale » mais pour « mener un travail de fond ». Parmi les défis à relever, les membres du MoDem ont pointé la situation économique, les problèmes sociaux, notamment en matière de logement «car il ne suffît. pas de bâtir des murs, encore faut-il savoir qui y vivra ». Bernard Stoessel a insisté devant ses amis « sur le défi intercommunal, enjeu important des six prochaines années » et qui nécessite «de regrouper nos forces ». Les négociations actuelles ne sont pas conduites sous l'égide de Paris « mais au niveau mulhousien» précise Bernard Stoessel qui avance qu'ailleurs dans l'Hexagone on fait état de tractations du même ordre. En cas d'échec des négociations menées à Mulhouse, le MoDem se réserve le droit de monter sa propre liste « élargie » à d'autres personnalités proches de Bernard Stoessel ou des idées défendues par ce parti. Une chose est claire pour celui qui réaffirme son leadership centriste dans sa ville: «Je n'ai jamais joué contre Mulhouse et je défends, même dans l'opposition, comme à propos du dossier du tram-train, une pensée constructive ».
Raymond Couraud