01 mars 2008
Cantonales à Mulhouse. Christophe Steger (MoDem), candidat à Mulhouse-Sud
Article publié dans le journal L'Alsace du 06 février 2008.
Christophe Steger, adhérent du MoDem depuis début 2007, se présentera aux élections cantonales des 9 et 16 mars prochains en compagnie de sa remplaçante Claude Gillot-Schappler. Le duo se présente dans le canton de Mulhouse-Sud, où le conseiller général sortant Francis Flury (maire de Brunstatt) est solidement implanté.
Conscients de la difficulté de la tâche, Christophe Steger et Claude Gillot-Schappler misent sur une campagne dynamique (leur site web est déjà en ligne, à l’adresse www.steger2008.fr) et ils prennent d’ores et déjà "cinq engagements forts" en cas de victoire : « travailler dans l’intérêt général en partenariat avec les communes » ; « contribuer à la maîtrise de la fiscalité » ; « faire du Haut-Rhin un département pilote en matière d’insertion des RMIstes » ; « défendre l’environnement » ; enfin, « rendre compte de l’action du conseil général, par un compte rendu public annuel ».
« Être un véritable élu de terrain »
« Je veux être un véritable élu de terrain », insiste M. Steger, en faisant valoir son enfance passée dans le quartier Bel-Air et ses études au collège Jean-Macé. « Aujourd’hui, Francis Flury n’est pas présent à l’échelle cantonale. Il n’est présent que dans sa commune de Brunstatt. Un conseiller général, ce doit être un élu que les gens croisent tous les jours. » Et de conclure : « Au-delà de l’étiquette politique, nous voulons essayer d’être utiles et efficaces. Il s’agit d’insuffler davantage de cohérence et d’efficacité dans l’action du Département, tout en le recentrant sur ses compétences propres. »
Emmanuel Delahaye
Cantonales à Mulhouse. Raphaëlle Vaginay (MoDem) à Mulhouse Est
Article publié dans le journal L'Alsace du 21 février 2008.
Raphaëlle Vaginay, appuyée par son remplaçant, Régis Baschung, défendra les couleurs du MoDem dans le canton Est de Mulhouse en mettant en avant trois grands principes : lucidité, responsabilité et espérance.
« Le MoDem a un projet de société » et Raphaëlle Vaginay entend bien prouver, lors de ces cantonales, que le parti de François Bayrou « porte un projet à même de rassembler au-delà des clivages politiques ». L’ancienne candidate aux législatives place la lucidité au premier plan de sa campagne. « Il faut reconnaître aujourd’hui l’enchevêtrement des compétences entre les différentes administrations et collectivités, ce qui est contre-productif et bloque la prise de décision publique ainsi que les relations entre les citoyens et les élus ». Plutôt que de demander, « ce qui est à la mode, la suppression du Département » elle préfère défendre « une fusion avec la Région ». Cette idée est appuyée sur l’expérience professionnelle de la candidate qui peut voir au niveau associatif les blocages générés par ces doublons administratifs.
Raphaëlle Vaginay défend aussi la « responsabilité envers les générations futures en matière de développement durable, terme galvaudé qu’il faut traduire dans des actes concrets ». Pour elle, « le Conseil général doit donner l’exemple dans les infrastructures qui sont de son ressort ». Cela peut aller « des économies d’énergies, aux énergies renouvelables ou aux pistes cyclables ».
Associer les citoyens à la décision
Troisième pilier du duo du MoDem : « l’espérance ». « C’est celle des citoyens qui ont le droit de demander une politique qui les associera à la décision publique ». La candidate veut que « les associations qui tricotent le lien social sur le terrain » soient mieux écoutées et « soutenues grâce à des financements sûrs ». Une demande d’autant plus appuyée que, selon elle, « il y a une tendance assez forte des pouvoirs publics à se délester sur les associations, ce qui signifie qu’il faut donc donner à celles-ci les moyens de travailler ».
Plus largement, Raphaëlle Vaginay veut donner au citoyen « la conviction que le renouvellement politique est possible ».
R.C.
Jean Peyrelevade souligne "l'absence de principe directeur de la politique économique" du président de la République
Dans un entretien accordé au Nouvel Observateur, Jean Peyrelevade nous livre une analyse critique de la politique économique de Nicolas Sarkozy estimant "qu'un choc de confiance, ce n'est pas un axe." Pour l'économiste, candidat pour le Mouvement démocrate dans le XVIème arrondissement, le président de la République "a commis deux erreurs fondamentales La première : ne pas remettre de l'ordre rapidement dans les finances publiques. Un Etat endetté est un Etat impuissant. La seconde : distribuer en année pleine 14 milliards d'euros de cadeaux fiscaux aux ménages."
Entretien réalisé par Jean-Gabriel Fredet pour le Nouvel Observateur, numéro du 28 février-5 mars
Le Nouvel Observateur. - La détérioration de la situation économique vous étonne ?
Jean Peyrelevade. - J'ai été surpris par l'erreur de diagnostic. Quand les statistiques montrent depuis sept ans que la consommation excède l'offre, creusant le trou du commerce extérieur, donc que la production est incapable de suivre la consommation, le problème est un problème d'offre et non de demande. Sarkozy semble l'ignorer. Autre surprise, l'absence de principe directeur de sa politique économique. Quel est l'axe ? Certainement pas d'augmenter les marges des entreprises, qui dans l'état actuel ne permettent plus l'autofinancement, donc la marche en avant. Pas davantage la réduction des déficits. Un «choc de confiance», ce n'est pas un axe.
N. O. - Le choc de confiance n'est pas au rendez-vous. Mais pouvait-on anticiper les mauvaises surprises, comme la crise des sub- primes ?
J. Peyrelevade. - Personne ne peut reprocher à un homme politique de ne pas prévoir des chocs par nature imprévisibles. En revanche, un homme d'Etat ne doit jamais fonder son action sur des hypothèses d'optimisme extrême. Il doit prendre des décisions qui laissent une marge à l'occurrence de ce type d'événement. Ce que je reproche à Sarkozy, c'est d'avoir fondé ses prévisions sur des taux de croissance irréalistes en l'état actuel de notre économie.
N. O. -Il a trop négligé la dette, trop compté sur le choc de confiance...
J. Peyrelevade. - Il a commis deux erreurs fondamentales La première : ne pas remettre de l'ordre rapidement dans les finances publiques. Un Etat endetté est un Etat impuissant. La seconde : distribuer en année pleine 14 milliards d'euros de cadeaux fiscaux aux ménages. Je ne dis pas qu'ils profitent aux «riches», je dis que la partie de ce paquet qui va aux «riches» est plus importante que leur pourcentage dans la population. Sarkozy a cru qu'une relance de la demande permettrait de créer un «choc» qui déclencherait un surcroît de croissance. C'est une erreur fondamentale de diagnostic. Les déficits - budget et dette publique - vont continuer à croître ...
N. O.- ... Violant les normes de Maastricht et compromettant la présidence française de l'Union...
J. Peyrelevade. - Formellement la présidence française se déroulera de manière convenable. Mais l'influence réelle de la France sera affaiblie par son incapacité à respecter les disciplines communes.
N. O. - Le gouvernement prétend lutter contre la désindustrialisation...
J. Peyrelevade. - Ce combat est nécessaire, mais la méthode est inefficace : maintenir une base industrielle consiste d'abord à permettre aux entreprises de reconstituer leurs marges pour qu'elles puissent investir, fassent de la recherche, fabriquent de nouveaux produits. Notre politique économique fait les choses à l'envers. Je ne nie pas l'intérêt d interventions publiques ponctuelles. Elles ne fondent pas une doctrine. Il faut d'abord réunir en amont les conditions d'une bonne santé.
N. O. - Sarkozy avait promis d'augmenter le pouvoir d achat, mais les salariés sont à la peine alors que les salaires des patrons augmentent...
J. Peyrelevade. - Il condamne les excès de façon extraordinairement rigoureuse, mais le verbe qui n'est pas suivi d'action devient démagogique. Si son grand projet est de redonner des couleurs au pouvoir d'achat, à politique inchangée l'échec est garanti.
N. O. - Les choses risquent d'empirer ?
J. Peyrelevade. - Le Parti socialiste évoque un plan de rigueur. Je n'y crois pas. Je pense que la peur du changement l'emportera sur les nécessités de fond. En 1983, Mitterrand a changé de cap parce qu'il y était forcé. Aujourd'hui, avec l'euro, il n'y a pas de mur car il n'y a plus de problèmes de réserves de change. La dégradation risque d'être continue. Et silencieuse.
Jean-Gabriel Fredet
Le Nouvel Observateur, 28 février-5 mars 2008.