24 mars 2008
Les effets pervers de la franchise médicale
Depuis début 2008, la franchise médicale pénalise lourdement, au plan financier, les malades souffrant d'affection de longue durée (ALD), dont certains risquent d'abandonner une partie des soins.
« C'est une vraie catastrophe ». Daniel Billon, président de l'association d'aide aux insuffisants rénaux du Bas-Rhin, une organisation qui compte environ 300 adhérents sur le département, 11 000 au niveau national, est régulièrement alerté par des adhérents qui s'inquiètent des frais supplémentaires à supporter.
« Lorsqu'on est dialysé ou que l'on a subi une greffe de rein, des traitements complémentaires adaptés sont absolument nécessaires. Il est indispensable de se protéger la peau des UV A et B, le soleil étant notre principal ennemi. Les crèmes coûtent cher et ne sont souvent pas remboursées, alors qu'il vaut mieux agir préventivement. Des pathologies extérieures se développent, et beaucoup ont besoin de prendre des veinotoniques, désormais remboursés ».
Des appels des assistantes sociales
D'autres patients sont contraints de compenser l'avitaminose, consécutive aux dialyses répétées, en avalant des comprimés d'huile de foie de morue. « A raison de trois boîtes par mois, cela fait 36 € à débourser ! Dans certaines pharmacies, la boîte vaut 16,40€ l'unité au lieu de 12€ ! ». Daniel Billon n'hésite pas à parler de « galère » pour les malades moins fortunés. « Des assistantes sociales me signalent le cas de déficients rénaux qui réclament de l'aide pour pouvoir se soigner correctement ».
La crainte pour l'avenir est grande
Car la facture annuelle risque d'être élevée. « Aux 50€ de franchise médicale s'ajoutent les médicaments non remboursés -comme les crèmes anesthésiantes spécifiques pour les personnes sujettes aux allergies cutanées-, ainsi que 50€ pour les actes médicaux, cela fait plus de 100€ par an ! »
La crainte pour l'avenir est grande. « Une personne qui doit se rendre trois fois par semaine à l'hôpital pour y subir une dialyse devra peut-être payer un jour 12€ par semaine, soit 614€ par an, rien que pour les transports ».
Fort heureusement, ce ne sera pas le cas en 2008. Mais Daniel Billon estime qu'« on a ouvert la boîte de Pandore » et soutient l'action de la Fédération nationale des dialysés et des transplantés, qui a collecté plus de 6 000 lettres de protestation à remettre au gouvernement.
Laurence Rey
Article publié dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace du Jeu 20 mars 2008.
19 mars 2008
Bayrou ne se laisse pas abattre
Article publié dans Libération le 18 mars 2008.
Malgré sa défaite à Pau et le mauvais bilan du Modem, il refuse de revoir sa stratégie.
Ni abattu, ni déprimé, toujours résolu et sûr de lui. Au lendemain de sa courte défaite à Pau (38,81 %) face à la socialiste Martine Lignières-Cassou (39,76 %), et alors que dans son propre camp, les premières critiques tombent sur «l’échec» de la stratégie du Modem, François Bayrou confie : «Je suis entêté, c’est mon défaut. Et je n’ai aucune faculté d’adaptation au reniement.» La perspective d’une traversée du désert ? Elle ne lui fait pas peur. «Ça fait déjà des années que je marche sur le sable», convaincu qu’au bout «il y a la France qui change et les démocrates qui deviennent essentiels dans le jeu politique français». Certes, «l’élection a été très dure» , admet Bayrou. Et la défaite difficile à encaisser. «Mais on a défendu nos positions. Et nous avons enregistré en moyenne 15 % des voix dans les villes où nous nous sommes présentés. Ce n’est pas mal. C’est un premier pas.»
«Autonomie». A ceux qui, depuis hier, militent déjà pour un retour dans le giron de la droite, l’ex-candidat à la présidentielle répond qu’il ne changera pas de stratégie : «C’est une offensive classique, je la connais bien, relativise-t-il. L’affrontement dure depuis des décennies entre ceux qui estiment qu’il n’y a de possibilité d’exister pour le centre qu’en étant forcément aligné, et moi et mes amis qui depuis longtemps plaidons pour l’autonomie.» Le message ne varie pas : le centre doit être «une proposition différente». Il en va même de la bonne santé démocratique, soutient Bayrou : «C’est terrible, ces coups de barre à droite et ces coups de barre à gauche. Ça donne une impression d’instabilité et d’affrontement perpétuel dans le pays. Sans compter la crise qui s’annonce à gauche avec le congrès du PS. Le spectre politique français est en mouvement, et la question du pluralisme est centrale. Je ferai tout pour qu’en France, on dépasse ces antagonismes d’un autre temps.» Et le leader centriste de se vanter : «C’est la première fois depuis cinquante ans que quelqu’un dit: "Excusez-moi, mais votre système, ça ne me va pas."» François Bayrou assure ne pas être le seul concerné. «Est-ce que vous pensez que les écologistes vont rester mille ans dans la dépendance du PS, alors qu’ils meurent un peu plus à chaque fois ?» interroge-t-il. Avant de donner lui-même la réponse : «Je suis persuadé que non.»
«Jouvence». Optimiste, toujours optimiste, le Béarnais a décidé de regarder vers l’avenir. «On va faire naître une organisation politique nouvelle, à partir d’une génération politique nouvelle. Face aux caciques, c’est formidable d’avoir ce bain de jouvence. On va les former, on va les lancer, et on va leur faire de la place.»
Alors que le parti centriste va affronter les dissensions creusées par des alliances plus ou moins digérées, et préciser sa stratégie, François Bayrou préfère parler «du travail programmatique» qui l’attend, pour «énoncer les questions qui se posent aujourd’hui à la France, définir nos réponses. Et puis, derrière arrive l’organisation. Département par département, nous allons sélectionner les personnalités qui seront demain nos acteurs locaux». Une réunion des instances exécutives du Modem devrait donc avoir lieu rapidement. Mais «le plus important pour moi, c’est le projet, la vision». Le sien. La sienne.
LAURE ESPIEU
13 mars 2008
François Bayrou refuse "d'abandonner l'indépendance que nous avons voulue pour nous faire retomber dans un camp"
François Bayrou était ce mardi 11 mars, l'invité d'Europe 1, l'occasion de réaffirmer la ligne d'indépendance qui caractérise la démarche du Mouvement Démocrate, refusant "l'idée selon laquelle, on pourrait, en raison d'une élection locale, nous faire abandonner l'indépendance que nous avons voulue pour nous faire retomber dans un camp, un accord global avec l'UMP, cela veut dire, retomber dans un camp, le camp de la droite, comme un accord avec la gauche nous ferait tomber dans le camp de la gauche. Le président du Mouvement Démocrate a déclaré "Vivre sans risques, c'est ne pas vivre. J'ai choisi, une fois pour toutes, le risque parce que nous ouvrons des chemins nouveaux qui n'avaient jamais été ouverts depuis 50 ans dans la vie politique française : les clivages qui ont été ceux du XXe siècle sont dépassés. Cela n'a plus d'intérêt de gérer une ville comme cela." Interrogé par Jean-Pierre Elkabbach sur la situation du Modem à Paris, François Bayrou a estimé mardi que Bertrand Delanoë avait "fermé la porte" à un accord électoral avec la candidate du MoDem Marielle de Sarnez à Paris avant le second tour des municipales, pour des "raisons internes au Parti socialiste". "Je suis absolument certain que les électeurs de Paris, majoritairement, avaient envie qu'il y ait cette nouvelle majorité plus ouverte. Et puis, Bertrand Delanoë, pour des raisons internes au Parti socialiste, a fermé cette porte, montrant ainsi qu'il se plaçait du côté de la fermeture" a analysé François Bayrou. "Je pense que beaucoup d'électeurs parisiens ne seront pas satisfaits de cette fermeture", a-t-il ajouté.
Jean-Pierre Elkabbach : Dès dimanche soir, vous prévoyiez une deuxième mi-temps passionnante, eh bien la deuxième mi-temps a commencé. F. Bayrou, vous êtes en direct de Pau, parce que vous restez... cette deuxième mi-temps est passionnante. Etant donné votre score de la première mi-temps, est-ce que vous ne risquez pas de perdre le match ?
François Bayrou : Monsieur Elkabbach, vivre sans risque c’est ne pas vivre. Moi j’ai choisi une fois pour toutes d’accepter les risques parce que j’ouvre des chemins nouveaux. Un chemin nouveau, qui n’avait jamais été ouvert depuis 50 ans dans la vie politique française, et qui consiste à prendre acte du fait que les clivages qui ont été ceux du XX ème siècle, avec lesquels on essaye de nous faire vivre un camp de droite contre un camp de gauche, ces clivages sont dépassés. Cela n’a plus d’intérêt de gérer une ville comme cela. Regardez, il y a neuf mois, élection présidentielle. Beaucoup d’illusions, et aujourd’hui beaucoup de désillusions, et alors, on retomberait, sans autre forme de procès, dans les bras du Parti Socialiste, qui n’a évolué et changé en rien. Il le fera, je crois qu’il le fera, mais il n’a évolué et changé en rien. Donc, qu’est- ce que ça veut dire...
Donc, un coup à gauche, et un coup à droite, eh bien c’est justement peut-être ce que vous faites. Alors, vous avez des courtisans et des flatteurs de tous les côtés, c’est vrai. Prenons le côté de l’UMP et de la majorité. Le Premier ministre, M. F. Fillon, messieurs Raffarin, Gaudin, Devedjian, ont appelé à des accords de soutien réciproque UMP-MoDem. Et il vous a même été proposé une négociation globale. Vous refusez, vous dites : « c’est un bluff ». Pourquoi est-ce un bluff ?
Parce que, l’idée selon laquelle on pourrait, en raison d’une élection locale ou de plusieurs élections locales, nous faire abandonner l’indépendance que nous avons voulue pour nous faire retomber dans un camp - un accord global avec l’UMP ça voudrait dire qu’on retombe dans un camp, le camp de la droite ; un accord global avec le PS, ça voudrait dire qu’on retombe dans le camp de la gauche.
Mais vous préférez la défaite à un accord avec la majorité présidentielle ?
Vous verrez que ça ne sera pas une défaite, parce que la ville de Pau,
qui est une ville indépendante, qui a cette grande histoire d’indépendance et de relation de conquête avec la France, avec
l’histoire, cette ville de Pau ne veut pas des gens qui plient, elle ne veut pas des gens qui courbent la tête. Elle veut des gens qui acceptent au contraire d’affirmer fièrement ce qu’est notre véritable nature, c’est-à-dire nous sommes une ville qui aime le pluralisme, aime la tolérance, c’est la vertu profonde d’une ville comme celle-ci, et elle va le montrer, en tout état de cause. Les Palois ne veulent pas d’un maire qui se renie simplement pour avoir l’Hôtel de ville. Ils veulent d’un maire qui tienne bon, et en qui ils puissent faire confiance.
Vous avez dénoncé hier encore la liste d’appareil socialo- communiste de Pau...
Si vous me permettez, cela c’est votre expression, je n’emploie pas « socialo-communiste », c’est terriblement connoté, ce ne sont pas des expressions que j’emploie.
Vous dites : « PS plus PC d’appareil »...
Voilà.
Donc « PS plus communiste ». Cela veut dire que vous comptez sur les électeurs de droite ?
Ça veut dire que les électeurs qui, en effet, ont une tradition et des valeurs de droite, ils n’ont pas du tout envie que la mairie appartienne à des appareils pendant six ans, peut-être pendant douze ans. Ils n’ont pas envie que la mairie soit verrouillée et ils ont bien raison. Une ville comme celle-ci, et c’est le cas de toutes les villes, nous le disons pour toutes les villes de France, une ville, ça ne peut plus appartenir uniquement à un camp, avec tous les pouvoirs, les réseaux qui appartiennent uniquement à ce camp ou à ce clan-là, et les autres, simplement parce qu’ils ont été minoritaires, laissés sur le bord de la route, et n’ayant aucune participation au pouvoir. Tout cela, c’est ridicule. Une ville, le sort des enfants, le commerce, la circulation, la vie dans la ville, cela doit pouvoir représenter les grandes sensibilités de la ville. On a besoin de droite et on a besoin de gauche, et on a besoin de centre. Toutes ces sensibilités-là existent. Et tant qu’on peut les réunir...
Mais vous pouvez ouvrir : peut-être un peu d’UMP, un peu de PS...
C’est exactement ce que je fais, et c’est exactement comme cela que j’ai composé ma liste. Je veux que toutes les tendances d’une ville aient des amis à l’hôtel de ville. Je ne veux pas que l’hôtel de ville appartienne uniquement à un réseau, à un appareil qui bluffe.
A. Juppé, qui compte des MoDem dans sa liste à Bordeaux, disait
hier qu’il était prêt à participer à un meeting à Pau avec vous, si vous le lui demandez. Est-ce que vous l’invitez, ce matin ?
A. Juppé a dit, et naturellement j’y suis sensible, qu’il était prêt à m’aider. C’est ce que j’ai fait pour lui-même, non pas parce qu’il était à l’UMP, mais parce qu’il était un bon maire de Bordeaux, et parce que je considérais que c’était un homme qui valait la peine qu’on lui donne un coup de main, y compris quand c’était une situation difficile, passagèrement difficile pour lui.
Vous l’invitez à Pau ?
Je ne suis pas sûr qu’il ait envie de faire un meeting, et je ne suis pas sûr que ce soit sous forme de meeting que l’aide d’A. Juppé s’exprimera le mieux. Je pense qu’il est bon et suffisant qu’il dise ce qu’il pense, lui, qui est le maire de Bordeaux, première ville d’Aquitaine. Moi, qui peux être le maire de Pau, deuxième ville d’Aquitaine. Il est bon et juste qu’A. Juppé...
Vous continuez à être optimiste, c’est cela qui est extraordinaire.
Vous continuez à être optimiste. À croire que...
Mais attendez, il y a 1 % des voix qui me sépare de la liste socialiste arrivée en tête, 1 % ! Eh bien, je suis persuadé que 1 % des voix, non seulement ça se rattrape, mais bien au-delà. Désormais, les Palois savent que le choix est entre ces deux listes-là, et donc ils vont se prononcer entre ces deux listes, et il est bien qu’ils aient le choix. Oui je suis optimiste, et oui je suis conscient, parce que c’est comme ça qu’évidemment on change la situation et le sort des villes aussi.
Vous pensez qu’ils viendront vers vous parce que vous avez la posture, comment dire, de la victime, ou peut-être du martyr, coincé entre deux grands partis ?
Je ne suis pas martyr du tout. La situation qui est la mienne je l’ai voulue. Un martyr c’est quelqu’un qui subit. Je ne suis pas quelqu’un qui subit.
Entre le martyr et le maso...
Je ne suis pas quelqu’un qui subit, je suis quelqu’un qui a pris ses responsabilités pour obtenir un changement profond de la vie politique dans son pays, parce que cette vie politique, cela fait des années et des années qu’elle est bloquée. J’ai envie de la changer.
Donc, vous maintenez toutes les critiques que vous adressez à la fois au PS et à la majorité, au président de la République, face auquel vous demandiez « la vigilance républicaine » ?
Je me suis toujours exprimé en ayant absolument conscience qu’un responsable, ça doit dire des choses lourdes et profondes, en tout cas,
qu’il ressent. Je n’ai jamais pratiqué de critiques politiciennes. Je me suis toujours exprimé en référence à des valeurs, valeurs républicaines en l’occurrence, parce que c’est normal que les responsables de la France, les élus français, défendent des valeurs qui les font vivre ensemble. C’est vraiment la moindre des choses.
Est-ce que vous êtes prêt à débattre avec vos deux compétiteurs à Pau ?
Bien sûr.
Vous dites que vous êtes prêt ?
Bien sûr.
Alors considérez que le débat aura lieu, s’ils sont d’accord, sur Europe 1.
Et bien, je serai ravi d’y participer.
Alors, vous refusez de donner des consignes générales et vous dites que vous allez examiner ville par ville, candidat par candidat...
Vous savez pourquoi ? Parce que je suis exactement comme vous et comme les électeurs, c’est- à-dire qu’il y a des maires ou des candidats que je considère comme intéressants dans les deux camps. Nous avons apporté une révolution qui est celle-ci : on peut constituer des équipes au service des villes avec des sensibilités différentes. Hier, on était obligés lorsqu’on voulait participer à la gestion d’une ville, de se rallier à un camp, et le même camp pour toute la France. Que ce soit les gens bien ou des gens qui ne valent pas la peine. Nous, nous avons apporté ce changement-là, et j’en suis très fier. Et donc, pas de consigne générale. En effet, pas de ralliement à un camp ou à un autre, et au contraire, l’affirmation d’une indépendance...
Au cas par cas, ce matin et jusqu’à 18 heures, heure limite, au cas par cas ?
Jusqu’à 18 heures. Il y a encore le temps, en effet, qu’il se passe beaucoup de choses. Comme vous le savez, les dernières heures sont généralement fructueuses.
Et à Pau, qu’est-ce qui peut se passer ? Il peut y avoir un changement ? Parce que vous pouvez vous dire, comme on le sait qu’« à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Mais à perdre avec péril, on perd sans gloire aussi.
Et bien, je ne perdrai pas, je ne veux pas perdre. Je veux, au contraire, que ce choix qui est le choix au fond du pluralisme normal, de la tolérance normale, que les grandes familles, les grandes sensibilités d’une ville elles soient toutes contentes de leur Hôtel de ville, qu’elles y aient toutes leur place, qu’elles puissent frapper à la porte - je viens de frapper sur le micro - pour dire : est-ce qu’on peut proposer une idée ou au contraire exprimer une inquiétude ? Et cela ne passera pas par des appareils de partis.
Vous dites la même chose à propos du Parti socialiste, vous n’êtes pas favorable à des discussions directes et globales avec le PS, qui est d’ailleurs divisé à votre propos ?
Oui c’est vrai que le Parti socialiste a de grandes divisions en son sein, en particulier à propos de cette ouverture que je propose. J’ai noté que S. Royal était plutôt ouverte, et que F. Hollande était plutôt fermé. Et B. Delanoë aussi...
Il vous prend au mot : ville par ville, cas par cas...
Eh bien, ceci est une bonne chose. Considérons que nous sommes fréquentables les uns pour les autres. Considérons qu’il y a des gens nombreux à droite, dans la droite républicaine française qui méritent qu’on parle avec eux, et qu’il y a des gens, nombreux dans la gauche démocratique française qui méritent qu’on parle avec eux, et c’est formidable qu’on puisse enfin entrer dans une ère où quelqu’un dise : écoutez, arrêtons de considérer qu’on a de l’autre côté de la barrière des ennemis irréductibles, lorsqu’il s’agit des villes - ce sera vrai un jour pour la France aussi - mais lorsqu’il s’agit des villes, on peut tout de même s’asseoir autour de la même table et travailler ensemble pour que tout le monde puisse faire entendre sa voix.
Cela va être le cas dans de nombreuses villes aujourd’hui. Qu’est-ce que vous êtes prêt à faire, pare exemple à Périgueux ?
A Périgueux, j’ai dit au fond la vieille amitié que j’avais pour X. Darcos, le maire de Périgueux, le ministre de l’Education nationale, j’ai dit cela depuis longtemps, il a été mon directeur de cabinet, comme vous savez, dans les temps anciens où j’étais moi-même ministre de l’Education nationale, et je me suis exprimé sur ce point, puisque nous avons en effet des candidats nombreux sur sa liste.
Il y a de nombreuses villes, etc. Mais je prends le cas de Paris. Vous risquez de n’avoir aucun élu, parce que vous avez vu que B. Delanoë se passe de M. de Sarnez et du MoDem, et qu’il leur a donné rendez-vous après le 16 mars. C’est une sorte de punition.
Je suis absolument certain que les électeurs de Paris, pas seulement les nôtres qui sont par dizaines de milliers, comme vous savez, plus de 60.000 électeurs à Paris, mais aussi les électeurs qui ont voté pour B. Delanoë, majoritairement, ils avaient envie qu’il y ait cette nouvelle majorité plus ouverte, et puis B. Delanoë, pour des raisons internes au Parti socialiste, je n’en doute pas, a fermé cette porte, montrant ainsi qu’il se plaçait du côté de la fermeture, je pense que beaucoup d’électeurs parisiens ne seront pas satisfaits de cette fermeture. Nous, en tout cas, nous en prenons acte. Nous avons fait ce qu’il fallait. M. de Sarnez, qui a fait une très belle campagne, a fait ce qu’il fallait pour dire qu’elle était prête à un partenariat nouveau. C’était la première fois à Paris qu’on proposait cela.
Il y a une nouvelle déclaration à l’instant de F. Hollande. Il dit : S. Royal fait toujours la même expérience avec F. Bayrou. F. Bayrou ne fera aucune alliance tant qu’il n’aura pas réussi ou échoué à l’élection présidentielle, et comme je pense, dit F. Hollande, qu’il échouera, alors, il vaut mieux construire un grand Parti socialiste ».
F. Hollande fait son boulot de premier secrétaire du Parti socialiste. Il n’est pas en train d’ouvrir des chemins plus intéressants pour la France. Il est sur le, comment dirais-je, dans la vieille ornière classique et traditionnelle. Je dis ceci à F. Hollande qui est entre nous plus intelligent et plus subtile que ces déclarations ne le laisseraient croire, je dis à F. Hollande que le pays dont nous allons avoir la charge, tous, chacun à sa manière, et chacun dans sa responsabilité, c’est un pays qui en situation suffisamment délicate et suffisamment difficile pour qu’on essaye de réfléchir à la meilleure manière de l’en sortir plutôt que de lancer perpétuellement des oukases et des petites insultes les uns sur les autres.
Jusqu’à présent, F. Bayrou, le peuple n’a pas donné - je veux dire les électeurs - une raclée du président de la République et à la droite. C’est le peuple qui se trompe ?
Vous vous souvenez que je suis venu à votre micro, plusieurs fois, pour dire que contrairement à ce que prétendaient l’UMP d’un côté, le PS de l’autre, l’enjeu de ces élections ne serait pas un enjeu national, pas un référendum pour ou contre le pouvoir. J’ai toujours défendu l’idée que ce serait des enjeux locaux, et que ce sont ces enjeux locaux qui l’emporteraient dans l’esprit des électeurs. Je crois que la confirmation en a été donnée une fois de plus.
On va voir, et puis il y a probablement le débat qui va être organisé, puisque vous êtes d’accord. Mais je termine avec une question plus large : le prestigieux, l’illustre S. Peres est à Paris. Lors du dîner hier soir à l’Elysée, il a dit à N. Sarkozy : « le peuple d’Israël est fier de vous compter parmi ses amis ». S. Peres est l’ami des Français. De F. Bayrou aussi ?
Oui, S. Peres est une personnalité formidable. Je l’ai rencontré pour ma part il y a plus de trente ans. Et je suis allé le voir chaque fois que je me suis rendu dans cette région du monde. C’est un homme tout à fait... c’est un pilier de la démocratie en Israël, c’est une référence pour beaucoup d’hommes et de femmes. Au-delà des idées politiques, je suis très heureux que S. Peres ait été élu dans ces fonctions à la tête d’un parti centriste.
Et qu’il soit à Paris...
...Et puis c’est son choix, et donc c’est pour moi un homme que j’estime et que j’aime, s’il le permet.
07 mars 2008
Raphaëlle Vaginay
ÉLECTION CANTONALE MULHOUSE-EST
Raphaëlle Vaginay,
candidate à l'élection du Conseiller Général du Canton de Mulhouse-Est
et
Régis Baschung, son remplaçant
vous convient à une réunion publique qui aura lieu le vendredi 7 mars 2008
à 20 h
au
Foyer Sainte-Geneviève,
Place du Printemps à Mulhouse
06 mars 2008
François Bayrou au JT de 20h de TF1
François Bayrou au JT de 20h de TF1
Vidéo envoyée par Sundgau
01 mars 2008
Cantonales à Mulhouse. Christophe Steger (MoDem), candidat à Mulhouse-Sud
Article publié dans le journal L'Alsace du 06 février 2008.
Christophe Steger, adhérent du MoDem depuis début 2007, se présentera aux élections cantonales des 9 et 16 mars prochains en compagnie de sa remplaçante Claude Gillot-Schappler. Le duo se présente dans le canton de Mulhouse-Sud, où le conseiller général sortant Francis Flury (maire de Brunstatt) est solidement implanté.
Conscients de la difficulté de la tâche, Christophe Steger et Claude Gillot-Schappler misent sur une campagne dynamique (leur site web est déjà en ligne, à l’adresse www.steger2008.fr) et ils prennent d’ores et déjà "cinq engagements forts" en cas de victoire : « travailler dans l’intérêt général en partenariat avec les communes » ; « contribuer à la maîtrise de la fiscalité » ; « faire du Haut-Rhin un département pilote en matière d’insertion des RMIstes » ; « défendre l’environnement » ; enfin, « rendre compte de l’action du conseil général, par un compte rendu public annuel ».
« Être un véritable élu de terrain »
« Je veux être un véritable élu de terrain », insiste M. Steger, en faisant valoir son enfance passée dans le quartier Bel-Air et ses études au collège Jean-Macé. « Aujourd’hui, Francis Flury n’est pas présent à l’échelle cantonale. Il n’est présent que dans sa commune de Brunstatt. Un conseiller général, ce doit être un élu que les gens croisent tous les jours. » Et de conclure : « Au-delà de l’étiquette politique, nous voulons essayer d’être utiles et efficaces. Il s’agit d’insuffler davantage de cohérence et d’efficacité dans l’action du Département, tout en le recentrant sur ses compétences propres. »
Emmanuel Delahaye
Cantonales à Mulhouse. Raphaëlle Vaginay (MoDem) à Mulhouse Est
Article publié dans le journal L'Alsace du 21 février 2008.
Raphaëlle Vaginay, appuyée par son remplaçant, Régis Baschung, défendra les couleurs du MoDem dans le canton Est de Mulhouse en mettant en avant trois grands principes : lucidité, responsabilité et espérance.
« Le MoDem a un projet de société » et Raphaëlle Vaginay entend bien prouver, lors de ces cantonales, que le parti de François Bayrou « porte un projet à même de rassembler au-delà des clivages politiques ». L’ancienne candidate aux législatives place la lucidité au premier plan de sa campagne. « Il faut reconnaître aujourd’hui l’enchevêtrement des compétences entre les différentes administrations et collectivités, ce qui est contre-productif et bloque la prise de décision publique ainsi que les relations entre les citoyens et les élus ». Plutôt que de demander, « ce qui est à la mode, la suppression du Département » elle préfère défendre « une fusion avec la Région ». Cette idée est appuyée sur l’expérience professionnelle de la candidate qui peut voir au niveau associatif les blocages générés par ces doublons administratifs.
Raphaëlle Vaginay défend aussi la « responsabilité envers les générations futures en matière de développement durable, terme galvaudé qu’il faut traduire dans des actes concrets ». Pour elle, « le Conseil général doit donner l’exemple dans les infrastructures qui sont de son ressort ». Cela peut aller « des économies d’énergies, aux énergies renouvelables ou aux pistes cyclables ».
Associer les citoyens à la décision
Troisième pilier du duo du MoDem : « l’espérance ». « C’est celle des citoyens qui ont le droit de demander une politique qui les associera à la décision publique ». La candidate veut que « les associations qui tricotent le lien social sur le terrain » soient mieux écoutées et « soutenues grâce à des financements sûrs ». Une demande d’autant plus appuyée que, selon elle, « il y a une tendance assez forte des pouvoirs publics à se délester sur les associations, ce qui signifie qu’il faut donc donner à celles-ci les moyens de travailler ».
Plus largement, Raphaëlle Vaginay veut donner au citoyen « la conviction que le renouvellement politique est possible ».
R.C.
Jean Peyrelevade souligne "l'absence de principe directeur de la politique économique" du président de la République
Dans un entretien accordé au Nouvel Observateur, Jean Peyrelevade nous livre une analyse critique de la politique économique de Nicolas Sarkozy estimant "qu'un choc de confiance, ce n'est pas un axe." Pour l'économiste, candidat pour le Mouvement démocrate dans le XVIème arrondissement, le président de la République "a commis deux erreurs fondamentales La première : ne pas remettre de l'ordre rapidement dans les finances publiques. Un Etat endetté est un Etat impuissant. La seconde : distribuer en année pleine 14 milliards d'euros de cadeaux fiscaux aux ménages."
Entretien réalisé par Jean-Gabriel Fredet pour le Nouvel Observateur, numéro du 28 février-5 mars
Le Nouvel Observateur. - La détérioration de la situation économique vous étonne ?
Jean Peyrelevade. - J'ai été surpris par l'erreur de diagnostic. Quand les statistiques montrent depuis sept ans que la consommation excède l'offre, creusant le trou du commerce extérieur, donc que la production est incapable de suivre la consommation, le problème est un problème d'offre et non de demande. Sarkozy semble l'ignorer. Autre surprise, l'absence de principe directeur de sa politique économique. Quel est l'axe ? Certainement pas d'augmenter les marges des entreprises, qui dans l'état actuel ne permettent plus l'autofinancement, donc la marche en avant. Pas davantage la réduction des déficits. Un «choc de confiance», ce n'est pas un axe.
N. O. - Le choc de confiance n'est pas au rendez-vous. Mais pouvait-on anticiper les mauvaises surprises, comme la crise des sub- primes ?
J. Peyrelevade. - Personne ne peut reprocher à un homme politique de ne pas prévoir des chocs par nature imprévisibles. En revanche, un homme d'Etat ne doit jamais fonder son action sur des hypothèses d'optimisme extrême. Il doit prendre des décisions qui laissent une marge à l'occurrence de ce type d'événement. Ce que je reproche à Sarkozy, c'est d'avoir fondé ses prévisions sur des taux de croissance irréalistes en l'état actuel de notre économie.
N. O. -Il a trop négligé la dette, trop compté sur le choc de confiance...
J. Peyrelevade. - Il a commis deux erreurs fondamentales La première : ne pas remettre de l'ordre rapidement dans les finances publiques. Un Etat endetté est un Etat impuissant. La seconde : distribuer en année pleine 14 milliards d'euros de cadeaux fiscaux aux ménages. Je ne dis pas qu'ils profitent aux «riches», je dis que la partie de ce paquet qui va aux «riches» est plus importante que leur pourcentage dans la population. Sarkozy a cru qu'une relance de la demande permettrait de créer un «choc» qui déclencherait un surcroît de croissance. C'est une erreur fondamentale de diagnostic. Les déficits - budget et dette publique - vont continuer à croître ...
N. O.- ... Violant les normes de Maastricht et compromettant la présidence française de l'Union...
J. Peyrelevade. - Formellement la présidence française se déroulera de manière convenable. Mais l'influence réelle de la France sera affaiblie par son incapacité à respecter les disciplines communes.
N. O. - Le gouvernement prétend lutter contre la désindustrialisation...
J. Peyrelevade. - Ce combat est nécessaire, mais la méthode est inefficace : maintenir une base industrielle consiste d'abord à permettre aux entreprises de reconstituer leurs marges pour qu'elles puissent investir, fassent de la recherche, fabriquent de nouveaux produits. Notre politique économique fait les choses à l'envers. Je ne nie pas l'intérêt d interventions publiques ponctuelles. Elles ne fondent pas une doctrine. Il faut d'abord réunir en amont les conditions d'une bonne santé.
N. O. - Sarkozy avait promis d'augmenter le pouvoir d achat, mais les salariés sont à la peine alors que les salaires des patrons augmentent...
J. Peyrelevade. - Il condamne les excès de façon extraordinairement rigoureuse, mais le verbe qui n'est pas suivi d'action devient démagogique. Si son grand projet est de redonner des couleurs au pouvoir d'achat, à politique inchangée l'échec est garanti.
N. O. - Les choses risquent d'empirer ?
J. Peyrelevade. - Le Parti socialiste évoque un plan de rigueur. Je n'y crois pas. Je pense que la peur du changement l'emportera sur les nécessités de fond. En 1983, Mitterrand a changé de cap parce qu'il y était forcé. Aujourd'hui, avec l'euro, il n'y a pas de mur car il n'y a plus de problèmes de réserves de change. La dégradation risque d'être continue. Et silencieuse.
Jean-Gabriel Fredet
Le Nouvel Observateur, 28 février-5 mars 2008.