28 novembre 2008
Le Crédoc relativise l'intérêt de l'ouverture des magasins le dimanche
Article publié dans Le Monde du 27 novembre 2008.
C'est un rapport dont le gouvernement se serait bien passé. Alors qu'il fait face à une opposition grandissante sur l'assouplissement du travail dominical, le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc) vient de publier un rapport relativisant l'intérêt de l'ouverture des magasins le dimanche pour les consommateurs et pour l'emploi.
UN EFFET ÉCONOMIQUE "MODESTE"
La
seconde partie du rapport est consacrée à l'examen de l'impact
économique d'une extension des possibilités d'ouverture des commerces.
Les petites surfaces alimentaires devraient ainsi, selon le centre,
perdre des clients. Du
coup, le Crédoc estime que l'ouverture des magasins le dimanche
entraînerait au final des suppressions d'emplois : 6 800 si 40 % des
hypermarchés décidaient d'ouvrir le dimanche et 16 200 s'ils ouvraient
tous. Dans le secteur non alimentaire, l'ouverture le dimanche pourrait
créer 14 800 emplois grâce à une augmentation de la consommation, qui
se ferait toutefois au détriment du petit commerce. Le Centre juge au
final que "l'effet
économique de la libéralisation de l'ouverture dominicale des
commerces devrait être modeste en raison de la proportion relativement
limitée des consommateurs qui estiment qu'ils achèteraient le dimanche
si les magasins étaient ouverts, et de la proportion plus faible encore
de ceux qui considèrent que cela les conduirait à augmenter globalement
leurs dépenses".
Dans une tribune, publiée dans Le Monde
daté jeudi, une soixantaine de députés UMP et Nouveau Centre ont jugé
l'ouverture dominicale des commerces dangereuse économiquement et
socialement. Avant eux, l'opposition s'était prononcée contre ce
projet. Un accord se dessine pour exclure du dispositif les grandes
surfaces alimentaires. Ces dernières, qui ont le droit d'ouvrir le
dimanche jusqu'à midi, ne sont d'ailleurs pas favorables à ouvrir tous
les dimanches, mais militent pour une dizaine de dimanches dans l'année.
17 novembre 2008
Bayrou s'installe «dans l'opposition», avec le PS
Article publié dans le Figaro du 17 novembre 2008.
Le président du MoDem, invité du « Grand Jury » RTL-Le Figaro-LCI, compare à Pinocchio les socialistes qui refusent l'alliance avec son parti.
Et si le vainqueur du congrès de Reims, c'était tout simplement François Bayrou ? Alors que les socialistes se sont quittés dimanche sans parvenir à faire une synthèse, la question des alliances avec le MoDem était dans tous les esprits pour une éventuelle alternance en 2012. Officiellement, le troisième homme de la présidentielle refuse «de se laisser instrumentaliser» par le congrès du PS. «Je me suis fixé une règle : de ne pas commenter ce qui se passe au PS», répète le président du Mouvement démocrate.
Hypocrite, François Bayrou ? Les sondages parlent pour lui. Selon un sondage Ifop publié dans Dimanche Ouest France , près d'un Français sur deux (47 %) pensent que le Parti socialiste, à l'avenir, devrait passer en priorité des alliances avec le MoDem.
Invité dimanche soir du «Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI», le député des Pyrénées-Atlantiques a réitéré sa proposition, formulée lors de l'université du MoDem en septembre, «d'un rassemblement le plus large possible» avec tous ceux qui souhaitent un changement en 2012. «Nous avons le droit et le devoir de parler avec tout le monde. Parce que dans dix ans, de l'irrémédiable aura été produit», a-t-il développé, citant le travail le dimanche ou encore les retraites à 70 ans.
Selon l'ancien candidat à la présidentielle, «en 2012, les Français auront le choix entre deux boutons : le bouton, on change ; et le bouton, on continue». «Moi, je suis pour que se rassemblent et se fédèrent tous ceux qui veulent appuyer sur le bouton, on change», a-t-il expliqué.
Il précise : «Je ne suis pas membre du PS et n'ai pas l'intention de le devenir. Mais qu'est-ce qu'on dit ? Si on refuse de se rassembler, c'est Sarkozy pour dix ans.» Pour lui, les socialistes qui expliquent qu'ils n'auront jamais de contacts avec le centre mentent. «On est dans le mensonge tactique. S'ils étaient comme Pinocchio, ils ne pourraient plus rentrer dans une pièce», dit-il.
« Le PS est au bout d'un cycle »
Il
a alors rappelé que les mêmes ont «fait dans leurs élections locales
alliance avec des responsables locaux du MoDem». Il faisait notamment
allusion à Martine Aubry, qui avait des centristes du MoDem sur sa
liste à Lille.
Pour autant le président du MoDem refuse l'idée d'un programme commun avec le PS. «Rien n'est plus éloigné de moi qu'un programme commun, type années 1970, avec le Parti socialiste et le Parti communiste. Mais il n'y a pas de victoire possible, si on n'accepte pas un rassemblement autour de principes, de projets», assure le député centriste. Le chef du Modem s'est en revanche gardé de donner sa préférence sur les trois candidats au poste de premier secrétaire du PS. «Je me garderai bien de me prononcer sur la compétition au PS. Ce n'est pas mon affaire», dit-il. Expliquant ne pas souhaiter apparaître en «donneur de leçons», il a tout même qualifié le congrès de Reims de «tragicomique» et «désespérant». «Je crois que le Parti socialiste est au bout d'un cycle», a-t-il estimé.
Interrogé sur le président de la République, François Bayrou a franchi un pas supplémentaire. «Je suis dans la confrontation à Nicolas Sarkozy», a-t-il affirmé avant de reconnaître se situer «dans l'opposition». «Je suis dans une opposition particulière, qui est capable de dire oui quand il le faut. Par exemple, j'ai voté pour le plan de sauvetage des banques, tandis que le PS, c'était ridicule, s'est abstenu», a-t-il fait valoir.
Rodolphe Geisler.