Militant Haut-Rhinois du MoDem

Blog qui souhaite diffuser les idées du Mouvement Démocrate dans le Haut-Rhin

30 avril 2009

François Bayrou invité de RTL (29/04/09)

François Bayrou invité de RTL (29/04/09)
Vidéo envoyée par rtl-fr

Le président du Mouvement Démocrate répondait mercredi matin aux questions de Jean-Michel Aphatie, à la veille de la sortie de son ouvrage au canon contre Nicolas Sarkozy, "Abus de pouvoir" (éditions Plon).

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Hôpital : La mobilisation des hospitaliers pousse le gouvernement à modifier son projet


AP_Remy_de_la_Mauviniere AP/Remy de la Mauviniere

Plus de 10 000 médecins, agents hospitaliers, infirmiers et aides-soignants ont défilé, mardi 28 avril à Paris, contre la réforme "Hôpital, patients, santé, territoires" (HPST) et pour la défense de l'hôpital public.

Environ 50 % des praticiens de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) étaient en grève pour s'opposer à la réforme de la gouvernance hospitalière. Roselyne Bachelot a fait valoir, à l'Assemblée nationale, que "le pouvoir médical est éclairé, renforcé, sanctuarisé" par son projet de loi.


Celui-ci devrait être amendé pour redonner plus de place aux médecins dans la direction des hôpitaux. A la veille de l'examen du projet de loi par la commission des affaires sociales du Sénat, son président (UMP), Nicolas About, a affirmé avoir trouvé "des terrains d'entente" avec le gouvernement. Les arbitrages de l'Elysée sont attendus. Dans le cortège parisien, les manifestants ont fortement exprimé leurs critiques.

Guy Moriette, professeur de néonatalogie, hôpital Port-Royal. Pour moi, la loi HPST, c'est un peu la goutte d'eau. On a supporté pas mal de réorganisations à l'hôpital, la nouvelle gouvernance en 2004, l'organisation des services en pôles, mais là, ça suffit. Je suis à deux ans de la retraite, je n'ai jamais fait grève en trente-cinq ans de service public hospitalier. Je ne supporte plus la logique de ces réformes, qui ne se résume qu'à un objectif de rationnement. Cela fait des années que nos moyens sont limités. On nous contraint de plus en plus à la production de soins, et la dimension humaniste est oubliée. Tout se passe comme si, parce qu'on ne sait pas réformer l'hôpital, on aboutissait à le casser.

Antoine Dossier, interne, hôpital Saint-Louis. Je travaille depuis sept ans à l'hôpital public, et j'ai souvent l'impression, au quotidien, d'une gestion déjà alignée sur le privé. Dans les services, la souffrance au travail est majeure. L'administration nous demande de faire le grand écart avec les valeurs de soins qu'on défend. Ma spécialité, la médecine interne, est considérée comme non rentable par la "tarification à l'activité".

Le système incite à multiplier les actes pour être mieux financés, alors qu'il faudrait privilégier la prévention des maladies, en favorisant l'éducation thérapeutique. Auprès des malades chroniques, il est capital de prendre son temps pour éviter les complications. Et c'est cette médecine qu'on met progressivement au ban.

Lydie Gautheret, infirmière, hôpital Robert-Debré. J'ai choisi d'être infirmière à l'AP-HP pour soigner tout le monde sans distinction. Et je n'ai pas envie de devoir un jour dire à un patient : "Votre maladie n'est pas rentable, vous ne serez pas soigné." La santé des individus compte plus que l'argent, et l'hôpital ne peut pas être considéré comme une entreprise qui doit faire du rendement. Je n'ai pas envie que mon travail soit soumis aux impératifs financiers d'un administratif qui aurait les coudées franches pour diriger seul un hôpital.

Arnaud Basdevant, professeur d'endocrinologie, hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Je suis très préoccupé par ce qui s'annonce après la loi HPST, à savoir la convergence tarifaire public-privé (l'alignement des systèmes de financement des hôpitaux publics avec le privé), qui est prévue pour 2012. Je crains que le pouvoir totalement donné aux directeurs ne soit au service de cet objectif de convergence, qui aboutira au démantèlement de l'hôpital public.

Je suis impliqué dans la prise en charge de maladies rares, chroniques, complexes. Les patients que nous prenons en charge ne sont déjà pas rentables selon le système de tarification à l'activité ! La convergence tarifaire nous obligerait à les soigner encore plus à moindre coût.

Cécile Prieur
Article paru dans l'édition du 30.04.09 du Monde

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27 avril 2009

Professeur Lantieri : "La loi Bachelot est dangereuse"

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Bonjour Professeur Laurent Lantieri
Bonjour

Vous êtes donc l'un des grands chirurgiens qui permet à la Médecine française de briller dans le Monde. En janvier 2007, vous avez réalisé déjà deux greffes du visage et puis en avril dernier, au début de ce mois donc, avec votre équipe du CHU Henri Mondor, vous avez réalisé une Première Mondiale en greffant le visage et les deux mains sur un patient.
Votre autorité médicale est reconnue. Elle est importante. Et vous la mettez, ce matin, Laurent Lantieri, sur RTL au service de la dénonciation de la loi Bachelot sur l'hôpital. Cette loi a déjà été votée à l'Assemblée Nationale. Elle sera discutée au Sénat début mai. Vous manifesterez même demain pour dire cette opposition, Laurent Lantieri ...
Absolument.

Ce qui ne vous est pas arrivé souvent dans votre vie. Qu'est-ce qui motive votre opposition à la loi Bachelot ?

Je crois que la loi Bachelot sur son principe, il y a deux choses qui sont marquées.
1. - Il faut un patron à l'hôpital. On est d'accord sur le fait qu'il faille un patron à l'hôpital.

Il n'y en a pas, aujourd'hui ?
Mais c'est bien ça. Je ne vois pas pourquoi on dirait qu'il n'y en a pas aujourd'hui. Moi j'ai un directeur, une directrice ...

Qui a de l'autorité ?
... qui a de l'autorité. Je ne suis pas toujours d'accord avec ce qu'elle dit, avec le président non plus ; mais c'est l'autorité, c'est l'autorité du directeur. Il y a un directeur général ; avant, une directrice générale. Et c'est grâce à la précédente directrice générale de l'Assistance Publique que j'ai pu réaliser ce programme. Donc, qu'on ne nous dise pas qu'il n'y a pas de patron à l'hôpital.
Ce que l'on reproche, c'est le mode de nomination. Ce qu'on appelle la nouvelle gouvernance en regroupant tous les pouvoirs sur un seul homme qui aurait le pouvoir de, j'irais presque dire de vie et de mort sur tous les services et sur tout le monde.

A ce point ? La loi est à ce point dangereuse, selon vous ?
Ah je pense que la loi est à ce point dangereuse. Tous les pouvoirs sont regroupés. Il n'y a absolument aucun garde-fou derrière.

Dans une entreprise quand vous avez un Président Directeur Général, vous avez un conseil d'administration qui peut révoquer le directeur comme ils le veulent en fonction d'un vote. Or là, tel que c'est, le directeur n'est nommé que par l'agence nationale de santé, que par les ministres. Tout est une autorité administrative et uniquement administrative. Et ça, je pense que c'est dangereux.

Et si on veut -du moins selon les promoteurs du projet de loi- mieux incarner l'autorité à l'Hôpital, c'est pour éviter les dérives financières, les déficits qui sont nombreux et les problèmes de financement, aujourd'hui, de l'Hôpital Public qui sont réels.
Alors, on est -tous- tout à fait d'accord. Tout à fait d'accord sur le fait qu'il y a un déficit financier à l'Hôpital.
Et on nous dit : il faut faire un hôpital-entreprise. Là, je suis moins d'accord sur cette idée d'hôpital-entreprise. Ca serait valable si nous étions une vraie entreprise où nous vendons un bien. On pourrait considérer que nous vendons un service comme une entreprise et qu'en face, il y a un acheteur. Or, ça n'est pas tout à fait exact parce qu'il y a un 3ème payeur qui est la Sécurité Sociale.
Si les 31 CHU de France sont tous en déficit (il y en a 30 sur 31 qui sont en déficit - avant, il y en avait 29), ce n'est pas parce qu'ils sont tous très mal gérés. Globalement, la Médecine française tient la route, les Services sont bien gérés ; et contrairement à ce qu'on raconte, il n'y a pas des morts dans tous les couloirs des hôpitaux. Ca se passe plutôt bien. Les Américains -je reviens des Etats Unis- nous regardent avec envie sur notre système de santé et comment nous arrivons à traiter tous les patients. C'est, probablement, parce que le sytème de financement des hôpitaux n'est pas adapté à la Médecine du 21ème siècle.

Roselyne Bachelot était avec Vincent Parizot il y a une demi-heure de ceci sur l'antenne de RTL. Elle disait, "ses craintes" en parlant de vous, Laurent Lantieri, donc vos craintes : "Ses craintes ne sont pas justifiées. Je suis autant attachée que lui à l'Hôpital Public et le pouvoir des médecins n'est pas mis en cause par cette loi".
Moi je ne crois pas.
Telle que je vois la loi, le comité médical exécutif dans lequel il y a quelqu'un qui n'est plus exécutif, qui n'est plus que consultatif maintenant, n'aura pratiquement aucun pouvoir dans le système tel qu'il est. Et il est bien marqué dans la loi que la direction médicale, la direction médicale, c'est-à-dire comment est-ce que l'Hôpital va se déterminer en terme de médecine, va être par le directeur. Or, ce n'est pas le cas aujourd'hui. Et je pense que ça, c'est dangereux. Ce n'est pas à l'autorité administrative de nous dire ce que nous avons à faire. Si demain, un nouveau directeur nous dit -pour des raisons financières- vous n'avez plus les moyens de traiter tel ou tel malade, ça sera un vrai problème.

La manifestation de demain, qu'est-ce que vous attendez de ce geste assez spectaculaire, Laurent Lantieri ?
Oui, nous ce qu'on attend c'est que d'abord, ce texte de loi a été voté, on est bien d'accord  ; on ne remet absolument pas en cause (et je crois que personne d'entre nous ne remet en cause l'autorité du parlement sur le sujet)

Des députés. Du moins, c'est les députés qui l'ont votée pour l'instant.
Des députés... Mais si les députés votaient, demain, qu'un aéroport doit d'emblée avoir deux fois plus d'avions et qui doivent voler beaucoup plus vite et que le billet d'avion doit diminuer de 50%, on dirait : c'est impossible.
Donc, il faut un petit peu remettre un petit peu de raison là-dedans. Il y a des gens qui savent ! Il y a, par exemple, des choses qui ne sont absolument pas mises dans la loi : c'est les niveaux de seuil d'activités. Depuis deux, trois ans, on a vu que pour pouvoir modifier réellement les Services, on se rend compte qu'il faut pour qu'un Service soit efficace et qu'il y ait un nouveau seuil d'activités... si vous dites que vous traitez moins de 50 cancers du sein par an, eh bien vous n'êtes pas efficace par rapport à un service qui en fait 150 ; et ce Service doit se transformer et de faire autre chose. Pourquoi ne pas laisser ces expériences qui ont été faites depuis plusieurs années -2, 3 ans- qui montrent leur efficacité aller jusqu'au bout, c'est-à-dire des expériences qui sont voulues par les médecins et qui ont été mises en place par les médecins.

On va dire que demain, ce sont les mandarins qui défilent.
Non, parce qu'il n'y a pas que les mandarins.

Mais il y a aussi les mandarins ?
Il y a aussi les mandarins mais je  n'aime pas trop ...

Vous en êtes un ?
Je n'aime pas trop ces expressions de mandarins. Non, je n'aime pas du tout cette expression. Vous pouvez venir dans le Service, je ne pense pas que je sois considéré comme un mandarin comme dans les années 70 : le patron qui passait avec la surveillante qui courait derrière. Ce n'est pas du tout ça. C'est aussi l'ensemble du personnel qui va défiler ; et j'ai rarement vu un mouvement de rejet aussi important, aussi, à l'hôpital ; et pas pour des raisons politiques. C'est vraiment parce qu'on sent que là on touche au coeur de l'Hôpital et au coeur de notre fonctionnement.

Vous êtes donc intéressé en tant que médecin par l'actualité du jour : la grippe porcine.
Alors, la grippe porcine, moi je suis très confiant. Je connais bien le Directeur Général de la Santé, Didier Houssin, qui fait un travail remarquable dans l'ombre depuis plusieurs années sur ce gouvernement et le précédent. J'ai reçu, il y a quelques mois, (je ne sais pas où il est d'ailleurs) un KIT de prévention pour la grippe aviaire qui revient aux mêmes dispositions avec toute une explication sur ce qui se passerait si jamais il y avait une pandémie importante, la France est parfaitement prête sur ce sujet-là.

Donc là, ça fonctionne bien ?
Dans l'ensemble, le système de Santé fonctionne très bien. Je reviens des Etats Unis ; je peux vous dire qu'il nous regarde. Nous avons peut-être un très mauvais -pour paraphraser Churchill qui parlait de la démocratie- "on a peut un très mauvais système mais on n'en a pas trouvé de meilleur".

Vous avez donc greffé, Professeur Lantieri, fin mars une personne, un bas du visage ; et début avril, visage et deux mains greffés sur un patient.
Voilà.

On n'a pas des nouvelles de ces patients. Comment vont-ils ?
Alors celui de fin mars, j'allais dire, c'est juste une petite greffe de visage. C'était la 5ème au Monde. Il va très, très bien. Il parle, il mange, il est même descendu à la Cafétéria de l'hôpital. Donc, ça va très bien.
Celui à qui on a greffé la face et les deux mains, c'est beaucoup plus important. Nous sommes à 3 semaines simplement. Il y a encore beaucoup de soins. Il est dans le Service maintenant ...

Il est réveillé ?
Oui, il est réveillé et il nous parle mais il faudra encore beaucoup de temps avant qu'il puisse réellement sortir et faire fonctionner tous les éléments qu'on lui a greffés.

Voilà. Le Professeur Lantiéri, l'un des grands chirurgiens mondiaux, on peut le dire comme ça, vous le trouverez peut-être dans les rues de Paris demain avec une pancarte ; et ce matin, il était l'invité d'RTL. Bonne journée.



Auteur : Jean-Michel Aphatie, RTL, 27/04/2009

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25 avril 2009

Pitié pour nos pauvres banquiers...

Gérard Mestrallet, le patron de Suez, a raison de s'alarmer : la vie est devenue très dure pour nos banquiers, qui ont décidé cette année de se serrer la ceinture.

(Source : Les Echos)

(Source : Les Echos)

C'était le cri du coeur, hier, de l'excellent Gérard Mestrallet, patron de Suez-GDF : « Je comprends que dans cette crise, il ait fallu choisir des bouc-émissaires. Mais aujourd'hui, la France doit cesser de punir ces banques et se réconilier avec elles, car elles sont la clé du bon financement de nos entrerises, petites et grandes. »

L'interviewde Gérard Mestrallet dans le Figaro du 23 avril.

L'interviewde Gérard Mestrallet dans le Figaro du 23 avril.

C'est vrai qu'en matière de rémunération, nos amis banquiers ont mis de la Badoit dans leur champagne. Exemple, les top-managers de Dexia se sont partagés à 100 les 8 millions d'euros de bonus que la banque vient de leur verser après avoir été renflouée par les états français et belges qui sont venus à leur secours dès le début de la crise. Vous vous rendez compte ? Ca ne fait que 80 000 € en moyenne par tête de pipe ! Imaginez la tête de leurs compagnes (ou compagnons) quand ils ont dû leur annoncer la mauvaise nouvelle au dîner : « Chérie, j'ai rétréci mon bonus ! »
Et surtout, rendons grâce au quotidien les Echos d'avoir publié ce matin sur leur site un diaporama sur les rémunérations des patrons du CAC 40 :

Georges Pauget (source : Les Echos)

Georges Pauget (source : Les Echos)

Georges Pauget (Crédit Agricole) est l'un des plus courageux : il est lanterne rouge des patrons du CAC 40, et sa rémunération a baissé de près de 40%, c'est-à-dire, proportionnellement, plus que celle d'un ouvrier de Continental licencié dans le cadre d'un pan social. Dans ce palmares des entrepreneurs intrépides, Baudoin Prot le surclasse cependant avec - 70% de baisse :

Benoit Prot (Source : les Echos)

Benoit Prot (Source : les Echos)

Mais son confrère Frédéric Oudéa ne gagne que 15 000  € de plus que lui.

Frédéric Oudéa (source : les Echos)

Frédéric Oudéa (source : les Echos)

Chez Dexia en revanche, on n'a pas pris le risque de démotiver le nouveau PDG, Pierre Mariani qui doit gérer une situation délicate, avec tout plein de hauts fonctionnaires bornés dans son conseil d'administration. Il sera payé au même tarif qu'Axel Miller :

Axel Miller - Source : les Echos

Axel Miller - Source : les Echos

Gérard Mestrallet, lui, est celui qui a choisi d'appliquer au mieux son programme : punir le moins possible les banquiers. Donc, sa rémunération a augmenté de 15%. Il est vrai qu'il est un industriel depuis que Suez a pu racheter GDF.

(Gérard Mestrallet - Source : les Echos)

(Gérard Mestrallet - Source : les Echos)

Vous voyez bien que les banquiers se serrent la ceinture : désormais, Mestrallet est mieux payé que n'importe quel banquier de la place.
Cet article n'a pas besoin de morale. Il ne vise qu'à prévenir les lecteurs : compte tenu de la publicité faite à ces rémunérations, il ne faudra pas s'étonner si les ouvriers de Continental et Caterpillar organisent une grande collecte pour aider tous ces entrepreneurs banquiers à surmonter leurs difficultés financières. Après tout, c'est d'eux que dépendent nos emplois, comme on nous l'a déjà longuement expliqué. Je pense même qu'ils risquent de venir apporter eux même les fonds chez un ou deux patrons de banques; Quitte à passer une journée ou deux avec eux dans leurs bureaux. C'est la crise, il faut être solidaire...

Marianne2 Vendredi 24 Avril 2009

Philippe Cohen.

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24 avril 2009

Quand Sarkozy se compare à de Gaulle…

Sarkozy est un grand homme d’Etat. Son élection en 2007 est aussi historique que l’a été celle du Général en 1958. Qui a dit ça ? Sarkozy lui-même pardi ! C’est en tout cas ce qu’il aurait confié à Manuel Valls lors d’un «entretien de débauchage» à l’Elysée…




Manuel Valls était invité, le 18 mars dernier, par l'association Dauphine Discussion Débat

Marianne2 Vendredi 24 Avril 2009

Gérald Andrieu

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Bachelot chante, l'hôpital déchante

Alors que sa réforme Hôpital, Patients, Santé, Territoires est sur le point de passer en débat au Parlement, Roselyne Bachelot court de plateau en interview pour s'épancher sur la peine que lui causent les Guignols ou la Star Ac. Est-ce vraiment le rôle d'une ministre de la Santé ?



Roselyne pleure, Roselyne rit, Roselyne chante...  Si Roselyne Bachelot apparaît ces derniers temps dans les pages actualité des sites Internet, ce n'est pas pour son rôle dans le projet de loi Hôpital, Patients, Santé, Territoires, mais pour un one-woman show remarqué.

Blessée par les Guignols, elle en oublie l'appel des 25
Le 17 avril, invitée dans l'émission de France 3 Comme un vendredi, Bachelot a écarquillé ses grands yeux mouillés pour dire le mal que lui avaient fait les Guignols, en créant sa marionnette de ménagère de moins de 50 de Q.I.  : «je dois manquer de sens de l'humour, s'est-elle excusée. Parce que, ça fait de la peine à mon entourage, parce que les gens qui m'aiment en sont blessés, parce que ça détruit une image auprès de mes proches...»

La ministre «horriblement blessée» se drape dans son costume de mère et cite alors son fils : «tu sais maman, derrière ça, il y a le désir de faire mal et en étant blessé par ça, tu vas dans leur jeu !» On imagine le soulagement des rédacteurs de l'Appel des 25 qui demandent des Etats généraux de l'hôpital pour se prémunir contre les effets jugés nocifs de la réforme Bachelot : Roselyne est ouverte à toutes les suggestions !


La ministre regarde la Nouvelle Star par devoir
Au cours de cette émission, on apprendra que la ministre chante juste, qu'elle aime le Gin Tonic et autres détails... Des précisions qu'apprécieront les opposants au projet de loi contre les Open Bar commandé par Roselyne Bachelot.

Une semaine plus tôt, dans TV Magazine, elle s'épanchait au sujet de sa consommation de programmes de télé réalité, expliquant regarder la Nouvelle Star et Star Academy «par devoir» : «Comme ce type d'émission passionne des millions de gens, cela dit forcément des choses sur la société, et, compte tenu de mes fonctions, je ne peux pas passer à côté.» Apprend-ton vraiment si bien à connaître les Français en regardant la Nouvelle Star et la Star Ac ? On se demande dans ce cas qui est dans la caricature...


Marianne2 Mardi 21 Avril 2009

Sylvain Lapoix

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22 avril 2009

Trois économistes jugent l'efficacité du plan de relance français

Article publié dans Le Monde du 20 avril 2009.

"Traitons d'abord la crise financière et les actifs toxiques"
Mathilde Lemoine, directrice des études économiques et de la stratégie marchés d'HSBC France

Compte tenu des incertitudes pesant sur la sortie de crise, faut-il des mesures de relance complémentaires ? Refaire un plan de relance, ce serait arroser le sable avec de l'eau ! Tant que la crise financière n'est pas surmontée, on peut injecter tout l'argent que l'on veut, cela ne fait qu'accroître le déficit. Il n'y aura pas de reprise tant qu'on n'aura pas résolu la question de l'instabilité du prix des actifs.

Le risque de déflation ne justifie pas que l'on s'engage dans une course aux milliards en ne s'en tenant qu'au quantitatif. La crise est née d'un excès d'endettement, et que nous dit-on, tant du côté des Etats que des Banques centrales qui font de la création monétaire ? Que nous la surmonterons par un nouvel excès d'endettement. Ce n'est pas sérieux. Traitons d'abord la crise financière et occupons-nous du cantonnement des "actifs toxiques".

Qu'il faille également éviter que la demande ne soit trop faible, c'est évident mais pas à n'importe quel prix ! L'efficacité d'un plan de relance passe par des mesures transversales, sûrement pas par des dispositifs sectoriels. Au lieu de subventionner une entreprise ou une filière, prenons des décisions qui s'appliqueront à toutes les entreprises et pas seulement à celles qui sont en difficulté.

Ce serait le moment, par exemple, de baisser le taux de l'impôt sur les sociétés pour les bénéfices réinvestis. Une telle mesure permettrait d'aider les entreprises fragilisées mais aussi celles qui sont susceptibles de rebondir vite et qui feront les emplois de demain.

[-] fermer ""Faire du 50/50 entre investissement et consommation""

"Faire du 50/50 entre investissement et consommation"
Eric Heyer, directeur adjoint à l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE)

Le plan de relance français n'est pas au niveau de ce qu'exige la situation économique. Le gouvernement a, certes, réajusté ses prévisions de croissance pour 2009 à - 1,5 %. Mais la récession sera d'une ampleur bien plus marquée : autour de - 2,3 % cette année, selon nous, et de - 0,2 % en 2010. Les pouvoirs publics savent qu'on devrait faire plus mais ne le peuvent pas. Au début, le plan portait à 80 % sur les investissements et à 20 % sur la consommation.

C'était intelligent car cela lui assurait un impact durable. Le gouvernement a aussi misé sur les stabilisateurs automatiques, un peu plus marqués en France qu'ailleurs, pour soutenir la consommation des ménages. Ce pari me paraît un peu perdu, à en juger par le très fort recul de la croissance au quatrième trimestre de 2008. Les mesures annoncées le 18 février à l'Elysée ont permis un certain rééquilibrage : 70 % pour les investissements, 30 % pour la consommation. Faire du 50-50 aurait permis de passer moins mal la récession. L'inflexion décidée lors du dernier sommet social - à l'exception des baisses d'impôt sur le revenu - va dans le bon sens. Mais cet effort devrait être dix à quinze fois supérieur.

Et il faudrait cibler le plan de relance sur les personnes qui perdent leur emploi et sur celles qui perdent leur allocation chômage, car elles n'épargnent pas et consomment peu de produits étrangers. Décider, en cas de prolongation de la récession, de redonner six mois d'indemnisation à tous les chômeurs pourrait être aussi un bon soutien à la consommation.

[-] fermer ""Le plan de relance le plus faible en terme d'argent frais""

"Le plan de relance le plus faible en terme d'argent frais"

Karine Berger, directrice des études économiques chez Euler Hermes SFAC

La mise en oeuvre du plan de relance français est lente. Dix milliards d'euros seront injectés entre 2009 et 2010. Les avances de trésorerie aux entreprises sont intervenues rapidement, ce qui est une bonne chose, et les mesures sociales annoncées le 18 février connaîtront leurs premiers effets au 2e trimestre. Pour le reste du plan, lié aux investissements publics, il ne faut rien attendre avant l'automne. Nous ne sommes pas dans une situation de relance keynésienne.

La France est le passager clandestin de l'Union européenne, le pays dont le plan de relance est le plus faible en termes d'argent frais et qui attend des autres qu'ils fassent d'une certaine manière l'effort à sa place. On ne peut que déplorer le fait qu'il n'y ait pas eu de dialogue européen sur la relance. La France fait le pari que la demande intérieure, en particulier la consommation des ménages, va résister malgré tout. C'est-à-dire malgré l'augmentation du nombre des demandeurs d'emploi, le ralentissement des salaires, la montée du chômage des jeunes, qui pourrait inciter leurs parents à épargner davantage et à consommer moins. Ce pari me semble risqué.

La France est le seul pays qui n'ait pas consacré d'argent à la demande de court terme. Elle devrait équilibrer son plan de relance par des mesures de court terme, qui peuvent être de diverse nature (aides à l'emploi des jeunes, hausse du nombre des contrats aidés, soutien à la consommation etc.). Il nous faudrait rajouter dix milliards d'euros pour faire un effort comparable à celui de l'Allemagne.

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21 avril 2009

L'Europe est notre avenir

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Jean-François Kahn : “on fait tout pour que les gens ne soient pas dans l’élection européenne”

Jean-Francois Kahn logoJean-François Kahn est interviewé par l’antenne strasbourgeoise du magazine européen Cafebabel.com, mi-avril. Dans son entretien, il déclare notamment qu’ “on fait tout pour que les gens ne soient pas dans l’élection européenne”. Il estime également que José Manuel Barroso, le président actuel de la Commission européenne et candidat à sa propre succession, représente “incarne l’ultralibéralisme dérégulé”.

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19 avril 2009

L'appel des 25

Le Nouvel Observateur publie cette semaine un texte signé par 25 grands professeurs des hôpitaux publics dénonçant le projet de réforme de Roselyne Bachelot, dont “le maître-mot”, selon eux, “n’est plus la santé mais la rentabilité”.

25 professeurs signent un appel contre le projet Bachelot pour l'hôpital public

25 professeurs signent un appel contre le projet Bachelot pour l'hôpital public

(c) Reuters

En 1958, la grande réforme menée par le Professeur Robert Debré allait permettre à la médecine française de devenir en 30 ans “la meilleure du monde”.
Cinquante ans plus tard, le Parlement va-t-il voter la loi “Bachelot” qui porte en elle la disparition de cette médecine hospitalière au profit d’une médecine mercantile ? Le maître-mot n’est plus la santé mais la rentabilité. La préoccupation centrale n’est plus le malade mais le compte d’exploitation de l’hôpital. Et les premières victimes en seront les patients et les soignants.
Cette loi cale l’hôpital sur l’entreprise. Elle donne tous les pouvoirs au Directeur de l’Hôpital, nommé et révoqué par le Directeur de l’Agence Régionale de Santé, lui-même nommé et révoqué par le Conseil des Ministres. Ce directeur pourra n’avoir aucune compétence médicale ou en santé.C’est pourtant lui qui arrêtera le projet médical de l’hôpital. Lui aussi qui nommera et révoquera les médecins responsable des structures de soins (pôles, départements, services…). Sur quels critères ?
La tarification des actes est semblable dans les secteurs privé et public – comme si les pathologies et la continuité des soins y étaient comparables ! La pensée marchande dont se prévaut cette loi réduit le qualitatif au quantitatif, le malade au tarif de sa maladie.
Dans le même temps on organise des suppressions massives et injustifiées d’emplois d’infirmières et d’aides-soignants.
Bien sûr, l’hôpital public doit être réformé. Mais certainement pas de cette manière.
Il faut repenser l’organisation hospitalière pour répartir de manière harmonieuse sur le territoire, sans redondance, les stuctures de soins et les spécialités en prenant en compte aussi leur niveau de technicité et l’accueil des urgences ; organiser la continuité des prises en charge au fur et à mesure de l’évolution du type de soins que demandent les malades.
Il faut réfléchir aux nouveaux métiers de la médecine ; prendre en compte la nécessaire pluridisciplinarité ; reconnaître et valoriser les actes des infirmières et des personnels paramédicaux (psychologues, diététiciennes, orthophonistes, etc.) ; promouvoir la prévention, le dépistage, l’éducation thérapeutique.
Il faut impliquer toutes les unités de soins hospitalières dans des activités de recherche structurées et adosser les orientations cliniques à un projet médical qui ne soit pas fondé sur la rentabilité mais d’abord sur les besoins de la population, l’évolution prévisible des grandes questions de santé publique, l’avancée des connaissances et des progrès technologiques.
Il faut un financement, propre à l’hôpital, qui tienne compte de l’innovation, de la lourdeur des pathologies, de la précarité, des handicaps de la vie.
A cet effort-là, source de progrès et de solidarité, tous les médecins et personnels hospitaliers sont prêts à souscrire. Mais pas à cette loi destructrice et injuste.
Soyons clairs. Si cette loi n’est pas amendée, elle s’appliquera sans nous, médecins et chirurgiens de l’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris. Demain, côte à côte, et pour la première fois, infirmières, agents hospitaliers et administratifs, médecins seront dans la rue. Preuve que les mentalités ont changé, que l’union est faite pour que soit supprimé le volet hospitalier de la loi “Bachelot” et pour que s’ouvre enfin un débat à la hauteur de l’enjeu : il est encore temps et il est urgent d’organiser les Etats Généraux de l’hôpital public.

Les 25 signataires

Pr. Basdevant, endocrinologue, Pitié Salpetrière
Pr. Bourgeois, rhumatologue, Pitié Salpetrière
Pr. Bousser, neurologue, Lariboisière
Pr. Brochard, anesthésiste réanimateur, Henri Mondor
Pr. Dubourg, cardiologue, Ambroise Paré
Pr. Fischer, pédiatre, Necker Enfants Malades
Pr. Franco, chirurgien digestif, Antoine Béclère
Pr. Frydman, gynécologue obstétricien, Antoine Béclère
Pr. Gaudric ophtalmologue, Lariboisière
Pr. Gluckman, hématologue, Saint Louis
Pr. Godeau, médecin interniste, Henri Mondor
Pr. Grimaldi, diabétologue, Pitié Salpetrière
Pr. Guillevin, médecin interniste, Cochin
Pr. Kieffer, chirurgien vasculaire, Pitié Salpetrière
Pr. Kuttenn, gynécologue médicale, Pitié Salpetrière
Pr. Lyon-Caen, neurologue, Pitié Salpetrière
Pr. Mariette, rhumatologue, Bicêtre
Pr. Menasche, chirurgien cardiaque, Georges Pompidou
Pr. Musset, radiologue, Antoine Béclère
Pr. Niaudet, pédiatre, Necker Enfants Malades
Pr. Sahel, ophtalmologue, Hôpital des Quinze-Vingts
Pr. Sedel, chirurgien orthopédiste, Lariboisière
Pr. Valla, hépatologue, Beaujon
Pr. Varet, hématologue, Necker
Pr. Vernant, hématologue, Pitié Salpetrière

Le Nouvel Observateur du 16 avril 2009.

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