Militant Haut-Rhinois du MoDem

Blog qui souhaite diffuser les idées du Mouvement Démocrate dans le Haut-Rhin

21 novembre 2009

Rencontres de Dijon : intervention sur l'école et l'enseignement par Marielle de Sarnez


Discours de Marielle de Sarnez à Dijon
envoyé par espoir_a_gauche. - L'actualité du moment en vidéo.

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Fiscalisation des indemnités journalières des accidents du travail

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Au moment où l'expression de la crise sociale se fait de plus en plus intense auprès des Français, le projet du gouvernement tendant à fiscaliser les indemnités journalières des accidents du travail de courtes durée est à l'évidence un nouveau coup dur porté au pouvoir d'achat des plus précaires.

Pour Jean-Luc Bennahmias, député européen et vice-président du Mouvement Démocrate, la majorité présidentielle marque une nouvelle fois l'absence manifeste de considération qu'elle porte aux victimes du monde du travail. Surtout, elle poursuit un dogme idéologique très dangereux pour notre modèle social, qui consiste à minimiser autant que possible la contribution des plus riches à l'effort de solidarité nationale (bouclier fiscal notamment), tout en maximisant à l'excès celles des plus faibles. (Lire la suite)

En définitive, la fiscalisation des indemnités journalières des accidents du travail n’est que le prolongement logique et cohérent d’autres mesures tout aussi indignes de la tradition sociale française : les franchises médicales, les déremboursements de médicaments, les fermetures d’infrastructures hospitalières publiques et territoriales…

Rien ne justifie un désengagement aussi brutal de l’Etat vis-à-vis de son devoir de solidarité nationale.

Le gouvernement serait mieux inspiré de consolider la position des acteurs de l’économie sociale sur les marchés de la prévoyance et de l’assurance. C’est en développant le tiers secteur (étranger aux logiques actionnariales et capitalistiques) que l’on pourra bâtir une protection sociale durable… pas en ponctionnant chaque jour davantage les victimes de la crise !

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14 novembre 2009

Marielle de Sarnez : "Tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans le pouvoir d'aujourd'hui ont le devoir de travailler ensemble"

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Marielle de Sarnez, députée européenne et première vice-présidente du Mouvement Démocrate, a accordé un entretien au quotidien "Les Echos", vendredi 13 novembre :

Les Echos : S'il a eu un retentissement médiatique, le mouvement initié cet été à Marseille n'a pas fait bouger les lignes jusqu'à présent. Pourquoi ?

Marielle de Sarnez : Les lignes ont commencé à bouger : la preuve en est notre rassemblement de Dijon. Le mouvement initié à Marseille est en marche. Il ne s'arrêtera pas. Bien sûr, il reste des conservatismes, des gens qui refusent de parler avec ceux qui sont différents d'eux. Mais je suis confiante : l'ouverture l'emportera sur la fermeture. (Lire la suite)

Ces réunions doivent permettre de jeter les bases d'un « contrat de gouvernement ». Est-ce l'ébauche d'une nouvelle « gauche plurielle » ?

S'il s'agissait de rebâtir la « gauche plurielle », je n'en serais pas. Au contraire, le mouvement auquel j'ai décidé de participer consiste à faire réfléchir ensemble des courants d'opinion différents, qui s'assument comme tels, et qui veulent trouver des solutions ensemble. Et si nous avons choisi de commencer par l'école, ce n'est pas un hasard : c'est le coeur même de notre identité républicaine.

Comment jugez-vous l'attitude de Martine Aubry, qui affirme « Si François Bayrou dit qu'il n'est plus de droite, je n'ai pas encore pu vérifier qu'il était à gauche », tout en étant elle-même alliée au Modem à Lille ?

Je dis à Martine Aubry quelque chose de très simple : François Bayrou est au centre par toute son histoire et par ses convictions. Un centre en opposition profonde sur les valeurs avec le pouvoir actuel, ses méthodes et son inspiration. Un centre ouvert, déterminé à tout faire pour que des rassemblements nouveaux voient le jour. Parce que, être capables de dépasser les clivages habituels, c'est la condition même pour qu'un projet d'alternance puisse voir le jour. Vous voyez bien ce qui est en jeu : la création d'un bloc central et progressiste le plus large possible, en capacité demain de représenter une alternative crédible.

La stratégie de la main tendue au PS et plus encore la présence de Robert Hue à vos côtés a fait grincer des dents au sein du Modem. Comment lever ces réticences ?

Pour construire des rassemblements, il faut avoir l'esprit large. Tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans le pouvoir d'aujourd’hui ont le devoir de travailler ensemble. Ils doivent le faire en refusant toute forme d'exclusive. La peur de l'autre est toujours mauvaise conseillère. Même si c'est difficile, il faut accepter de se confronter avec ceux qui viennent d'autres horizons. Robert Hue s'est séparé de la direction du PC parce qu'il ne se reconnaissait plus dans sa fermeture. J'accepte que les gens puissent changer.

Propos recueillis par Pierre-Alain Furbury

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11 novembre 2009

Ces villages morts pour la France

C'étaient, au début du XXe siècle, neuf villages français comme tant d'autres. Bâtis sur une côte, dans une gorge, au fond d'une vallée boisée, ils étaient traversés par un ruisseau et la grande rue que bordaient une église, une mairie-école et un lavoir. A l'époque, ils comptaient entre 130 et 718 habitants.

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Verdun en 1916 (AFP/OFF)

Aujourd'hui, ils ne diffèrent guère de milliers de communes rurales. Ils ont un code postal. Ils ont des édiles auxquels leurs voisins donnent du monsieur ou madame le maire, et qui siègent à la communauté de communes, votent le budget, reçoivent des subventions. Lors de cérémonies, ils portent écharpe tricolore. A l'occasion, ils célèbrent des mariages.

Rien de plus banal. Ces villages de la Meuse possèdent toutefois une particularité : ils n'ont plus d'habitants ni même d'habitations. Anéantis en février ou mars 1916, ils ont été, trois ans plus tard, déclarés "villages morts pour la France", martyrs récipiendaires de la croix de guerre. Pour administrer ces lopins de terre, entretenir monuments aux morts, plaques commémoratives et ce qu'ils appellent une "âme", des individus tiennent des registres d'état civil où il n'y a rien ou presque à signaler.

Cette exception juridique tire son origine de la loi du 18 octobre 1919. Elle prévoyait, afin de perpétuer le souvenir des morts, que, dans certaines communes, une commission de trois membres dont l'un exerçant les fonctions de président de la commission municipale, maire et disposant des mêmes attributions que les élus, hormis le vote aux sénatoriales, soit nommée par le préfet. Depuis quatre-vingt-dix ans, il a bien été question d'abroger cette loi et de rattacher ces villages fantômes à d'autres collectivités.

Tel fut le cas en 1950 de certains villages de la Marne, mais dans la Meuse, département qui a payé le plus lourd tribut pendant la première guerre mondiale, pays de sépultures, de mémoriaux et de tranchées, les oppositions à pareille initiative ont été fortes. Ne serait-ce qu'en raison de la dangerosité des sites situés au coeur de la "zone rouge", en référence au trait de couleur tracé par les cartographes chargés, après guerre, de délimiter le territoire impropre au retour de la population. Evacués en raison de l'imminence des combats, les villageois furent donc expropriés et les terres reboisées : 6 953 propriétaires reçurent des indemnités tandis que 13 404 hectares passèrent sous tutelle de l'Office national des forêts (ONF). Au fil du temps, seulement trois des neuf villages ont reçu l'autorisation de réinstaller quelques habitants, moins d'une vingtaine, dans des zones sécurisées.

Hormis des flancs de montagne dans les Vosges et les Alpes italiennes, ces champs de bataille, demeurés en l'état, où gisent encore des corps et des tonnes de munitions, constituent un cas unique. Les experts estiment qu'il faudra encore deux cents ans pour nettoyer le site. La mousse ou l'herbe ont juste verdi le sol violemment bosselé par les cratères et trous d'obus. Un paysage hérissé, çà et là, d'arbres ; des lieux doux et paisibles. Dans les années 1930, des chapelles-abris ont été érigées sur les vestiges des églises.

Jean Laparra, 87 ans, aime arpenter son territoire de Bezonvaux. Il observe le sol afin de repérer d'éventuels objets remontant à la surface. Depuis huit ans, il a collecté un petit butin. Dans le béton, il a fait sceller l'huisserie de volets et de portes, un bidon de lait percé par la mitraille, un compas de brancard, un caisson à munitions, une portion de voie ferrée et les a disposés à ciel ouvert. D'anciens détenus en chantier de réinsertion ont débroussaillé les lieux. "On a recréé la grand-rue, explique le maire, nommé en 2001. J'ai fait installer quatre bornes de renseignements relatant la vie de ce village vieux de cinq cents ans." En 1914 vivaient ici des aubergistes et des apiculteurs. Le buraliste côtoyait le charpentier. Les agriculteurs voisinaient avec les marchands de porcs et de vaches, les notables avec les rentiers, tandis qu'une châtelaine coulait des jours heureux.

Tous sont les "administrés" de Jean Laparra. Son credo : "Faire connaître le village et la guerre qui l'a détruit." A la fin du XIXe siècle, son grand-père, cadre dans la construction, a édifié les forts de Vaux et Douaumont et le réseau routier autour de Verdun. Avec sa femme, ils ont vécu à Fleury, au nord-est de Verdun. Un coin stratégique. Les Allemands conquirent le village le 23 juin 1916, les Français le reprirent puis, de nouveau, les Allemands. Cela, seize fois en deux mois. Le père et l'oncle de Jean Laparra se battirent dans les tranchées. Aujourd'hui, son fils, Jean-Pierre, administre Fleury, autre commune fantôme.

Histoires de filiation et de transmission. Marie-Claude Minmeister, 61 ans, a succédé à son père à la mairie de Douaumont, l'un des neuf villages détruits, ainsi qu'à la direction de l'ossuaire. Dans la petite chapelle de sa commune, elle a marié son fils. "Aux gens de passage, on explique le pourquoi, les ruines, les stigmates, cette forêt. Le Douaumont de mon enfance n'est plus le même qu'aujourd'hui. Le respect et la solennité n'existent plus."

Jean Laparra invite les visiteurs de Bezonvaux à laisser des mots sur le livre d'or. Ce retraité des télécoms mène un méticuleux travail d'historien, conduit, en partie, grâce aux témoignages de descendants, petits-fils d'habitants et de poilus passés par ici. "Mon souci est d'en retrouver le maximum, dit le vieil homme. Je les cherche par relations et par généalogie." Une cinquantaine a fait le déplacement le jour de la Saint-Gilles en octobre, date retenue chaque année pour un repas du souvenir, tandis que le rituel des retrouvailles a lieu à Haumont, le troisième dimanche de septembre.

Ici un concert, là un banquet. Chaque village a inventé sa propre animation, en dehors de l'entretien des monuments aux morts et des chapelles-abris. Autant de dépenses budgétaires payées par les contributions de l'ONF et les associations patriotiques tel le Comité national du souvenir de Verdun. Livres illustrés, sites Internet, future numérisation et mise en ligne des fiches des recensements communaux de 1911, tout est bon pour maintenir la flamme et veiller sur le legs des anciens. "Les touristes ne sont plus les pèlerins. Pour les jeunes, 14-18, c'est comme la guerre de Cent Ans", constate, sans amertume, François-Xavier Long.

Originaire de Provence, ce chirurgien de la face, réputé, s'est intéressé à la Grande Guerre par les gueules cassées. En 2003, il s'est porté, par lettre, candidat pour administrer Louvemont. Un jour, au cours d'une tournée d'inspection, il a croisé deux cyclistes égarés, leur a brossé l'histoire des lieux, montré l'emplacement d'une tranchée. Avant de les quitter, il a décliné son nom et sa fonction, à savoir qu'il gérait, en qualité de maire, ces 8,25 km2 de verdure."Ils ont pensé que je sortais de l'asile." En 2011, Louvemont, son village d'adoption, sera jumelé avec Grimaud, sa ville natale.

Depuis 2002, les villages disparus appartiennent à la communauté de communes (codecom) de Charny. Soit le mariage de la carpe et du lapin, l'étude du ramassage scolaire et du tri des ordures, mêlée aux soucis patrimoniaux. A écouter MM. Long et Laparra, ils ont peu de chose à partager avec les communes en bâti et des spécificités à faire valoir. Raison pour laquelle ils envisagent de se regrouper en association. Tous, bien entendu, sont sans étiquette et s'amusent d'avoir été sollicités pour apporter leur parrainage à un candidat potentiel à l'élection présidentielle. Sans façon. "La seule politique valable, c'est la mémoire", disent-ils en choeur.

Tel était l'objectif défendu mordicus par Léon Rodier. De 1972 à 2008, année de son décès, ce colonel à l'accent pied-noir et au caractère trempé a veillé sur les mânes tutélaires de Fleury et dirigé le Mémorial de Verdun. Cet ancien combattant - 1939-1945, Indochine, Algérie - fut un fervent artisan de la réconciliation franco-allemande. "Sa grande oeuvre demeure la sauvegarde et la valorisation des sites des champs de bataille, raconte Antoine Rodriguez, chef adjoint de la mission histoire au conseil général de la Meuse, y compris ceux perdus au plus profond de la forêt. Si le patrimoine de Verdun est aujourd'hui dans un état de conservation très satisfaisant, c'est en grande part grâce à lui."

Cet héritage pourrait s'avérer la grande chance d'un département sinistré, victime d'un important exode. Le conseil général a voté à l'unanimité, début juillet 2008, un rapport de Serge Barcellini, contrôleur général des armées et directeur de la mission histoire, afin de relever le "défi du centenaire de la Grande Guerre. 2014-2018". L'enjeu est mémoriel autant qu'économique. Faire inscrire au Patrimoine mondial de l'humanité les champs de bataille de Verdun, le Saillant de Saint-Mihiel, l'Argonne et l'arrière-front français, là où se sont affrontés par noria six millions d'hommes (deux millions de Français et de coloniaux, la même proportion d'Allemands, d'Autrichiens, de Polonais, autant d'Américains, et des milliers d'Italiens et d'Anglais), tel est l'objectif le plus audacieux.

Rénover, moderniser, baliser, animer ce vaste musée à ciel ouvert, où les institutions sont vieillottes, où les panneaux manquent de pédagogie, pour attirer touristes du monde entier et écoliers européens... Avec la mort, l'an passé, de Lazare Ponticelli, le dernier poilu, une page s'est tournée. Reste à trouver d'autres passeurs d'histoire. Les maires des villages détruits entendent être de ceux-là.

Macha Séry
Article paru dans l'édition du 11.11.09 du Monde

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