Sarnez_podium_small

Dans un entretien au quotidien Le Figaro, vendredi 14 mai, Marielle de Sarnez, députée européenne et vice-présidente du Mouvement Démocrate, a répondu aux questions relatives à la réforme des retraites.

Le Figaro : Le Conseil d'orientation des retraites (COR) affirme que travailler plus tard sera nécessaire, mais pas suffisant. Est-ce votre avis ?

Marielle de Sarnez : La réforme est indispensable. Cette année, 30 milliards d'euros vont manquer pour payer les retraites. En 2015, ce déficit sera de 40 milliards par an. Une chose est sûre : on ne peut plus continuer de financer les retraites à crédit. Il faut donc agir. Si nous ne le faisions pas, inéluctablement, nous continuerions de creuser les déficits et on aboutirait à une baisse des pensions. Au MoDem, nous défendons deux principes : garantir le niveau des retraites et garder le régime par répartition, parce que ce système de solidarité entre générations fonde notre pacte républicain.

Le Figaro : Concrètement, quelles solutions proposez-vous ?

Marielle de Sarnez : À court terme, le gouvernement doit rééquilibrer les comptes. Pour nous, ceci ne peut se faire qu'en équité. C'est-à-dire qu'il ne peut y avoir une augmentation des prélèvements sans faire contribuer des revenus qui, aujourd'hui, y échappent en partie. Je pense notamment aux revenus financiers, comme par exemple les stock-options. De même, il faudra que les entreprises s'engagent davantage dans la lutte contre la pénibilité du travail. Mais les seuls prélèvements de rééquilibrage financier ne suffiront pas. Et on devra à moyen terme travailler sur le nombre d'actifs par rapport à celui des retraités. Et donc regarder les questions de la durée de cotisation et probablement faire évoluer dans le temps l'âge légal de départ à la retraite. Ceux qui souhaitent travailler plus longtemps doivent pouvoir le faire. Mais cela à un corollaire : que le gouvernement s'engage pleinement dans une politique de reconquête de l'emploi. Et que l'on puisse imaginer plus de souplesse dans l'emploi du temps des seniors en fonction de leurs choix personnels de vie.

Le Figaro : Et à long terme ?

Marielle de Sarnez : Nous sommes partisans d'un régime par points ou par comptes personnels, comme en Suède, qui comptabilisent tout au long de la vie les droits acquis et dont la responsabilité serait confiée aux partenaires sociaux. Nous pensons que ces questions devraient dépasser le simple clivage droite-gauche. Cette réforme est vitale. Il y va de l'avenir de nos enfants. On peut donc regretter que l'attitude réformiste et responsable que nous prônons ne soit pas celle de l'ensemble du champ politique français.

Le Figaro : Vous seriez donc prêts à soutenir le projet du gouvernement ?

Marielle de Sarnez : Il n'y a pas pour le moment de projet sur la table. Mais ce que j'attends du gouvernement, c'est qu'il prenne en compte le besoin de réformes, de justice et de création d'emplois. Avec François Bayrou, nous avons consulté les organisations syndicales et patronales. Le MoDem arrêtera sa position définitive lors de notre conseil national du 26 juin.

Propos recueillis par Rodolphe Geisler.