23 août 2009
Adrien Zeller, "humaniste rhénan", est mort
Le président UMP de la région Alsace sans interruption depuis 1996, Adrien Zeller, 69 ans, hospitalisé depuis mi-juillet à Haguenau, dans le Bas-Rhin après un infarctus, est mort, samedi 22 août après-midi, à la suite d'un "nouvel accident cardiaque".
Economiste et agronome, né en 1940 à Saverne, dans le Bas-Rhin, ville dont il fut maire pendant 28 ans, M. Zeller a débuté comme fonctionnaire européen à Bruxelles en 1967 avant de se lancer dans la politique en Alsace en 1973. Contre l'avis des partis et avec le seul soutien des jeunes agriculteurs, lui qui est catholique dans un fief protestant parvient en 1973 à arracher son siège de député du Bas-Rhin au sortant RPR. Un an plus tard, il arrive à la région Alsace comme conseiller.
Il sera réélu député jusqu'en 1998, avec une interruption de 1986 à 1988 pour être secrétaire d'Etat chargé de la sécurité sociale auprès du ministre Philippe Seguin, dans le gouvernement de Jacques Chirac. C'est lors de ce passage au gouvernement qu'il présente en vain l'idée de créer le revenu minimum d'existence, l'ancêtre du RMI qu'il met en pratique à Saverne et que Michel Rocard reprendra plus tard.
"CET ALSACIEN PASSIONNÉ"
En 1996, il remporte de haute lutte la présidence du Conseil régional face au RPR Hubert Haenel. Pour y parvenir, il s'acquiert le vote des écologistes, tout en évitant de donner des gages au Front national qui tente de se poser en arbitre. A la tête de la région depuis cette date et seul rescapé avec le président de la Corse de la vague rose aux régionales de 2004, il imprime sa griffe dans les domaines de la coopération transfrontalière, du trafic ferroviaire et de la gestion directe et expérimentale des fonds européens.
Avec Adrien Zeller, les Alsaciens "perdent un grand élu qui a consacré toute sa vie au développement d'une région qu'il servait avec un dévouement et une passion exemplaires", a réagi Nicolas Sarkozy dans un communiqué. Il salue également "la mémoire d'un serviteur inlassable et rigoureux de la chose publique" qui a "déployé son énergie, ses capacités et son intelligence à tous les niveaux". Le secrétaire d'Etat à la justice et maire de Mulhouse, Jean-Marie Bockel, a rendu un hommage appuyé à M. Zeller, "humaniste rhénan" et "président infatigable de la Région Alsace". Le premier ministre, François Fillon, a salué "cet Alsacien passionné" et le ministre de l'intérieur, Brice Hortefeux, a rendu hommage "l'engagement européen exemplaire qui a été" le sien.
- 2 avril 1940
Naissance à Saverne (Bas-Rhin). - 1967-1973
Fonctionnaire européen à Bruxelles. - 1973-1998
Elu député du Bas-Rhin (groupe des Réformateurs démocrates-sociaux, puis "non-inscrit" et enfin UDF à partir de 1982). - 1986-1988
Secrétaire d'Etat à la sécurité sociale. - 1989-1992
Elu député européen sur la liste Le Centre pour l'Europe, en 3e position derrière Simone Veil et Jean-Louis Borloo. Siège au sein du Parti populaire européen (démocrates-chrétiens) - 1996
Elu pour la première fois président du conseil régional d'Alsace - 2001
Quitte la mairie de Saverne qu'il a dirigée pendant 28 ans - 2002
Passe à l'UMP - 14 juillet 2009
Hospitalisé à la suite d'un malaise cardiaque
Article publié dans Le Monde du 22 août 2009
24 novembre 2007
Waechter et Bayrou : à voir
Article publié dans L’Alsace du 14 octobre 2007.
On se souvient peut-être que le MEI (Mouvement écologiste indépendant) a fait campagne présidentielle au côté de François Bayrou et de son MoDem. Où en sont-ils aujourd'hui dans la perspective des municipales et des cantonales ? Difficile à dire.
« La dernière fois que j'ai rencontré Bayrou, c'était après les législatives... », explique Antoine Waechter, le président du MEI. « Il semblait euphorique et peu désireux de conclure quelque accord que ce soit. J en suis sorti assez déçu... »
Le MEI reste visiblement demandeur d’un accord : « À mon sens, le MoDem n'a pas d’ avenir s’il se borne à se positionner de manière géométrique entre la droite et la gauche. Il 1ui faut un projet. Une association avec un parti écologiste ne peut que nourrir un projet.. » Pour renouer le dialogue, Antoine Waechter envisage de s'adresser à la Colmarienne Odile Ulhrich-Mallet « Il y a des membres du MEI parmi ses proches, ça aide..». À moins que le Mulhousien Éric Schweitzer, mal vu du MoDem local mais qui a ses entrées chez Bayrou, qu'il est allé voir avec Waechter à plusieurs reprises, serve une fois de plus d'intermédiaire.
13 juillet 2007
A Mulhouse, l’«ouverture» à Bockel perturbe les alliances
Article publié dans le Journal Libération du 11 juillet 2007.
L’entrée du maire PS au gouvernement déboussole les élus locaux.
Jusqu’au 18 juin, la vie politique mulhousienne était assez simple : un maire socialiste, Jean-Marie Bockel, et une candidate autoproclamée pour le concurrencer, la députée UMP et conseillère régionale Arlette Grosskost. Mais depuis que le maire a profité de «l’ouverture» souhaitée par Nicolas Sarkozy pour décrocher un secrétariat d’Etat (à la Coopération et à la Francophonie), la vie politique mulhousienne est un sac de nœuds qu’il faudra débrouiller d’ici les municipales de mars 2008.
Il y a le maire d’abord, élu depuis 1989 et candidat à sa propre succession. François Hollande a dit de Jean-Marie Bockel qu’il s’était «mis de fait hors du PS», mais l’intéressé se définit toujours comme un «homme de gauche». Dans le dernier journal municipal, il pose aux côtés de Nicolas Sarkozy et écrit qu’il a pris la décision de rejoindre le gouvernement «en totale fidélité avec les convictions qui [l]’ont toujours animé». «Il n’est ni de droite ni de gauche, c’est un arriviste», tranche pour sa part Arlette Grosskost. Jean-Marie Bockel esquive la joute verbale et «laisse les choses se décanter» : «Je suis dans une séquence où je souhaite être sobre», dit-il. Cela ne l’empêche pas de tracer les grandes lignes de sa stratégie pour la prochaine élection municipale. Elle consiste à ratisser large : «Je veux faire une liste de rassemblement, avec des gens de mon équipe socialiste, avec ceux du MoDem avec lesquels je suis en discussion depuis quelques temps, et il est clair que l’ouverture vers l’UMP va se faire.»
Ce type d’appel du pied a le don de faire sortir Arlette Grosskost de ses gonds. «Bockel a toujours manœuvré pour arriver à ses fins, et il va continuer à le faire. Arlette Grosskost ne manœuvre pas. Arlette Grosskost est une femme droite dans ses b ottes !» , s’exclame la députée à la langue bien pendue, qui parle parfois d’elle à la troisième personne. Elle a fait part de son point de vue au président de la République, quand il a reçu les élus alsaciens à l’Elysée pour panser les plaies de «l’ouverture» proposée à Bockel ( Libération du 29 juin).
Grosskost a dit et redit qu’elle se lancerait dans la bataille municipale «quoi qu’il arrive», quitte à enfiler le costume de «rebelle» au sein de l’UMP : «Aucune intimidation, aucun colifichet ne me fera changer d’avis. La seule chose qui pourrait m’amener à renoncer, c’est l’âme noire humaine, la trahison de ceux qui sont prêts à aller à la soupe parce qu’on leur a promis monts et merveilles.» En clair, elle redoute que Bockel ne parvienne à siphonner les forces vives de l’UMP.
Sans se prononcer pour le maire actuel, le responsable du groupe UMP au conseil municipal a déjà publiquement fait part de son désaccord avec l’attitude d’Arlette Grosskost. «Bockel a déjà tout quadrillé», affirme l’élue municipale verte Djamila Sonzogni, récemment exclue du groupe majoritaire pour avoir refusé de voter le budget 2007. «Il va faire campagne avec Bernard Stoessel [responsable mulhousien du MoDem et premier vice-président du conseil régional d’Alsace à majorité UMP, ndlr], l’UMP et tous ceux qui veulent, rester maire jusqu’en 2010, puis passer le relais pour partir à la conquête de la Région.» «C’est un sujet qui n’est absolument pas d’actualité», dément Bockel.
Le MoDem, de son côté, planche sur son propre projet municipal. Mais «s’il y a moyen d’avoir des convergences, on étudiera les positions des autres», affirme Bernard Stoessel. Le responsable centriste prévient qu’il n’y aura pas d’alliance «avec une liste de gauche qui veut battre la droite, ni avec une liste de droite qui veut battre la gauche». Ce qui élimine quasiment tout le monde, sauf Bockel.
Par Thomas Calinon.
