Militant Haut-Rhinois du MoDem

Blog qui souhaite diffuser les idées du Mouvement Démocrate dans le Haut-Rhin

01 janvier 2010

Voeux de François Bayrou pour l'année 2010 : penser aux générations futures


Voeux de François Bayrou 2010
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26 décembre 2009

Projet humaniste : Retrouvez le Livre orange !

Retrouvez le projet humaniste adopté le dimanche 6 décembre 2009 à l'unanimité (moins deux abstentions) des membres ayant participé au Congrès d'Arras (Pas-de-Calais).

Le projet humaniste du Mouvement Démocrate est proposé sous le format d'un Livre orange !

Cliquez sur le lien ci-dessous !

Téléchargez ici le Livre orange !

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12 décembre 2009

Marielle de Sarnez : Récupérer le sigle UDF, "un acte de contrefaçon"

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Marielle de Sarnez, députée européenne et première vice-présidente du Mouvement Démocrate, était l'invitée du Talk-Orange/Le Figaro, mardi 8 décembre.

Elle est revenue sur l'identité nationale, le Sommet de Copenhague, le Congrès d'Arras et le projet humaniste ; Marielle de Sarnez a enfin rappelé que l'UDF est membre fondateur du Mouvement Démocrate et que les tentatives de récupérations du sigle seront vaines et malvenues. "On ne se laissera pas faire", a-t-elle prévenu, ajoutant "Il n'y a qu'une UDF, c'est celle qui est membre fondateur du Mouvement démocrate (et) qui, par un congrès il y a deux ans à Villepinte, a décidé à l'unanimité de former et donc d'être partie prenante du Mouvement Démocrate" (Lire la suite)

"Cette UDF continue d’exister et elle est d’ailleurs toujours présidée par François Bayrou", a-t-elle encore précisé.

"Il y a des tentatives de récupération d’un nom, d’un sigle qui n’appartient pas à ceux qui veulent le récupérer (...) ce sont évidemment des manoeuvres. Evidemment, on ne se laissera pas faire".

"On peut qualifier ça d’acte de contrefaçon, d’acte délictueux visant à créer de la confusion dans la tête des électeurs. J’ai tout à fait confiance, les tribunaux sont là pour faire respecter la loi", a-t-elle conclu.

Lien(s) : Retrouvez ici la vidéo de l'entretien

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05 décembre 2009

François Bayrou : "Le pays va dans le mur à court terme"

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Dans un entretien accordé au quotidien "Les Echos", vendredi 4 décembre, François Bayrou, Président du Mouvement Démocrate, a répondu aux questions relatives au Congrès d'Arras et au projet programmatique :

Les Echos : Pourquoi tenir aujourd'hui un congrès programmatique ?

François Bayrou: Les Français ont bien compris - et partagent assez largement - nos doutes, nos réserves et nos critiques sur la manière dont on les gouverne. Mais ils n'aperçoivent aucun autre projet qui pourrait leur donner de l'espoir. C'est donc à cette question du projet qu'il faut répondre. Ce que nous montrerons au terme de ce travail qui a rassemblé plus de 500 contributions, c'est que ce projet alternatif est possible et cohérent. Et nous montrerons qu'un tel projet peut rassembler largement. Développement soutenable sur les questions énergétiques aussi bien que sur la dette ou sur les retraites, économie créative, justice, égalité des chances, démocratie réelle... Nous défendons un projet de société soutenable au travers des générations, une économie de liberté et une action publique tournée vers un impératif de justice.

Les Echos : Vous parlez souvent de la dette, mais que proposez-vous pour la réduire ?

François Bayrou : La dette n'est pas soutenable. À proprement parler, le déficit est aujourd'hui hors de contrôle. Quand le budget d'un pays est à 50% de déficit annuel, lorsque tous les jours il lui faut emprunter 500 euros pour en dépenser 1.000, il va dans le mur à court terme. La politique qu'il faudra conduire pour réduire les interventions inutiles, pour décider d'une réforme fiscale, allant dans le sens de plus de justice, supprimant, par exemple, le bouclier fiscal, s'attaquant aux "niches" indues, retrouvant la progressivité de l'impôt, exigera une large majorité politique. Il faudra un contrat de modération dans les dépenses publiques, y compris avec les collectivités locales. Aux régionales aussi, nous porterons ce message.

Faut-il diminuer les effectifs de la fonction publique plus massivement comme cela a été fait ailleurs ?

Alléger ce qui est trop lourd, c'est bien. Mais amputer le nécessaire, c'est contre-productif. Et il faut se sortir une idée fausse de l'esprit : ce n'est pas la seule fonction publique qui est responsable de notre déficit.

Faut-il augmenter les impôts ?

Il faut revenir à la justice, et donc à la progressivité de l'impôt. Surcharger les classes moyennes, et protéger les plus privilégiés, c'est insupportable.

Faut-il interdire l'adoption d'un budget présentant un certain niveau de déficit, comme le propose aujourd'hui l'UMP ?

Cette proposition constitutionnelle d'interdire tout déficit de fonctionnement en période de croissance était au coeur de mon projet de 2007. À l'époque, l'UMP la combattait. Depuis, l'Allemagne d'Angela Merkel l'a adoptée pour l'horizon 2014. Je m'en réjouis et j'attends qu'on en vienne là en France. Plus encore, j'attends qu'elle soit mise en pratique, alors que jamais on n'a creusé autant les gouffres de la dette et des déficits, à coup de mesures sans cohérence comme la TVA pour les restaurateurs. Et c'est fausse route que de faire croire que le salut est dans l'emprunt supplémentaire...

Même si l'emprunt au final ne dépasse pas les 35 milliards d'euros ?

35 milliards, c'est presque le montant de la totalité de l'impôt sur le revenu ! Nous nous abusons nous-mêmes en jugeant ces chiffres négligeables...

Comment jugez-vous les efforts du gouvernement face à la montée du chômage et que feriez-vous à sa place ?

La politique de l'emploi est dispersée et incohérente. La création de Pôle emploi se fait dans le plus grand désordre. Les charges sur l'emploi ne cessent de croître : la réforme annoncée de la taxe professionnelle, c'est, de manière détournée, le retour de la part salariale dans la taxe professionnelle. Les grandes entreprises industrielles y gagneront. Mais les TPE, les PME, notamment dans les services, y perdront. Et ce sont elles qui créent le plus d'emplois. Que ferais-je à la place du gouvernement ? Une politique en faveur des TPE et des PME, avec les deux premiers emplois sans charges et un vrai "Small Business Act".

Les rapports d'experts convergent pour dire que la TP détruisait de l'emploi...

La valeur ajoutée que l'on va taxer, c'est pour les deux tiers des salaires. Vous verrez le résultat...

Vous vous dites dans l'opposition, mais pas de gauche. Sur le fond qu'est-ce qui vous distingue du PS ?

D'abord la conception de l'entreprise. Au PS, il y a trop souvent méfiance à l'égard de l'entreprise. Quand Martine Aubry annonce qu'elle veut envoyer au tribunal toute entreprise qui licencie alors qu'elle réalise des bénéfices, j'ai l'impression d'une fuite à gauche sans issue. Heureusement que les entreprises adaptent leur situation avant d'être dans le rouge ! Autrement, on peuplera les cimetières d'entreprises... Et je ne crois pas que l'État soit la solution à tous les problèmes. Je crois davantage à la société organisée et vivante qu'à l'État tout-puissant. Enfin, la posture officielle du "tout-à-gauche" n'est pas la mienne. Pour moi, le gauchisme n'est pas une issue. C'est une impasse.

Votre main tendue au PS n'a jusqu'à présent pas fait bouger les lignes...

Je trouve, au contraire, que les lignes bougent. Lentement, mais elles bougent. Et elles bougeront, car personne ne peut avoir la majorité seul : il n'y a aucune alternance possible si on continue à se regarder en chiens de faïence. La France n'est gouvernable que par un "arc central" qui aille de la gauche, au centre et j'espère même à une partie de la droite républicaine, dont les valeurs sont niées, et qui aujourd'hui encore se tait. En cet arc central, on peut gouverner la France de manière cohérente et juste.

Votre détermination n'est pas entamée ?

Ma détermination est inentamable. Ce que je défends, le temps l'imposera. Si alternance il y a ce ne pourra être que sur un projet fédérateur, des idées justes et simples où chacun pourra se retrouver sans renier ce qu'il est. C'est pour cela que je crois à un projet qui aille, sans concessions, au bout de l'idée humaniste. C'est la seule voie pour dépasser le double constat d'échec des décennies passées : le capitalisme, parce qu'il est amoral, ne peut constituer un projet de société ; et l'étatisme jacobin ne marche pas et stérilise un pays.

Les sondages créditent le MoDem de 6 à 8% des voix aux régionales. Sur quoi misez-vous pour redresser la barre ?

Chaque fois que nous avons eu des sondages modestes au début, nous avons eu de bons scores à la fin. Et réciproquement. Tout le reste est question de travail.

 

PROPOS RECUEILLIS PAR NICOLAS BARRE, STEPHANE DUPONT ET PIERRE-ALAIN FURBURY

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28 novembre 2009

François Bayrou pour une régularisation des sans-papiers et une sanction des employeurs qui les exploitent


François Bayrou, président du MoDem et député européen
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François Bayrou, président du MoDem et député européen
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21 novembre 2009

Rencontres de Dijon : intervention sur l'école et l'enseignement par Marielle de Sarnez


Discours de Marielle de Sarnez à Dijon
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Fiscalisation des indemnités journalières des accidents du travail

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Au moment où l'expression de la crise sociale se fait de plus en plus intense auprès des Français, le projet du gouvernement tendant à fiscaliser les indemnités journalières des accidents du travail de courtes durée est à l'évidence un nouveau coup dur porté au pouvoir d'achat des plus précaires.

Pour Jean-Luc Bennahmias, député européen et vice-président du Mouvement Démocrate, la majorité présidentielle marque une nouvelle fois l'absence manifeste de considération qu'elle porte aux victimes du monde du travail. Surtout, elle poursuit un dogme idéologique très dangereux pour notre modèle social, qui consiste à minimiser autant que possible la contribution des plus riches à l'effort de solidarité nationale (bouclier fiscal notamment), tout en maximisant à l'excès celles des plus faibles. (Lire la suite)

En définitive, la fiscalisation des indemnités journalières des accidents du travail n’est que le prolongement logique et cohérent d’autres mesures tout aussi indignes de la tradition sociale française : les franchises médicales, les déremboursements de médicaments, les fermetures d’infrastructures hospitalières publiques et territoriales…

Rien ne justifie un désengagement aussi brutal de l’Etat vis-à-vis de son devoir de solidarité nationale.

Le gouvernement serait mieux inspiré de consolider la position des acteurs de l’économie sociale sur les marchés de la prévoyance et de l’assurance. C’est en développant le tiers secteur (étranger aux logiques actionnariales et capitalistiques) que l’on pourra bâtir une protection sociale durable… pas en ponctionnant chaque jour davantage les victimes de la crise !

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14 novembre 2009

Marielle de Sarnez : "Tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans le pouvoir d'aujourd'hui ont le devoir de travailler ensemble"

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Marielle de Sarnez, députée européenne et première vice-présidente du Mouvement Démocrate, a accordé un entretien au quotidien "Les Echos", vendredi 13 novembre :

Les Echos : S'il a eu un retentissement médiatique, le mouvement initié cet été à Marseille n'a pas fait bouger les lignes jusqu'à présent. Pourquoi ?

Marielle de Sarnez : Les lignes ont commencé à bouger : la preuve en est notre rassemblement de Dijon. Le mouvement initié à Marseille est en marche. Il ne s'arrêtera pas. Bien sûr, il reste des conservatismes, des gens qui refusent de parler avec ceux qui sont différents d'eux. Mais je suis confiante : l'ouverture l'emportera sur la fermeture. (Lire la suite)

Ces réunions doivent permettre de jeter les bases d'un « contrat de gouvernement ». Est-ce l'ébauche d'une nouvelle « gauche plurielle » ?

S'il s'agissait de rebâtir la « gauche plurielle », je n'en serais pas. Au contraire, le mouvement auquel j'ai décidé de participer consiste à faire réfléchir ensemble des courants d'opinion différents, qui s'assument comme tels, et qui veulent trouver des solutions ensemble. Et si nous avons choisi de commencer par l'école, ce n'est pas un hasard : c'est le coeur même de notre identité républicaine.

Comment jugez-vous l'attitude de Martine Aubry, qui affirme « Si François Bayrou dit qu'il n'est plus de droite, je n'ai pas encore pu vérifier qu'il était à gauche », tout en étant elle-même alliée au Modem à Lille ?

Je dis à Martine Aubry quelque chose de très simple : François Bayrou est au centre par toute son histoire et par ses convictions. Un centre en opposition profonde sur les valeurs avec le pouvoir actuel, ses méthodes et son inspiration. Un centre ouvert, déterminé à tout faire pour que des rassemblements nouveaux voient le jour. Parce que, être capables de dépasser les clivages habituels, c'est la condition même pour qu'un projet d'alternance puisse voir le jour. Vous voyez bien ce qui est en jeu : la création d'un bloc central et progressiste le plus large possible, en capacité demain de représenter une alternative crédible.

La stratégie de la main tendue au PS et plus encore la présence de Robert Hue à vos côtés a fait grincer des dents au sein du Modem. Comment lever ces réticences ?

Pour construire des rassemblements, il faut avoir l'esprit large. Tous ceux qui ne se reconnaissent pas dans le pouvoir d'aujourd’hui ont le devoir de travailler ensemble. Ils doivent le faire en refusant toute forme d'exclusive. La peur de l'autre est toujours mauvaise conseillère. Même si c'est difficile, il faut accepter de se confronter avec ceux qui viennent d'autres horizons. Robert Hue s'est séparé de la direction du PC parce qu'il ne se reconnaissait plus dans sa fermeture. J'accepte que les gens puissent changer.

Propos recueillis par Pierre-Alain Furbury

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31 octobre 2009

Robert Rochefort : "Non à la marchandisation des services publics"

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Dans une tribune publiée sur le site lesechos.fr, mardi 27 octobre, Robert Rochefort, député européen du Mouvement Démocrate, se prononce contre la privatisation des services publics en France.

"Suite à la mobilisation citoyenne massive qu'a suscité la possible privatisation de la Poste, il est nécessaire de revenir sur les enjeux d'un tel changement de statut. Les questions de gestion, d'usages, d'efficacité, d'impact économique des entreprises publiques méritent qu'on s'y attarde. Quel service public, quels services privés, pour quel modèle de société ? (Lire la suite)

Comme beaucoup, je me réjouis du succès rencontré par la consultation citoyenne sur l'avenir de la Poste. Peu de Français perçoivent les soi-disant avantages du changement de statut, alors que le risque de privatisation que cette évolution recèle est évident pour tous. Et la privatisation, ils n'en veulent pas! Quant aux garanties sous forme de promesse gouvernementale ? «Promis, juré, cela ne se fera jamais», elles ne sont pas crédibles compte tenu des précédents constitués par France Télécom et par Gaz de France. Pourtant, je crois aux avantages de l'économie de marché. Je pense qu'il n'y a pas de moins mauvais système que celui de l'entreprise privée pour créer de la valeur, pour s'adapter aux changements des préférences des clients et pour se moderniser continuellement. Alors pourquoi faut-il, au grand dam des adeptes du néolibéralisme, conserver un secteur public puissant et moderne, c'est-à-dire doté des moyens nécessaires à son efficacité? Il y a trois situations où cela est indispensable.

D'abord lorsque la sécurité collective est en jeu. Prenons par exemple le secteur de l'énergie; notre pays ayant privilégié l'électricité d'origine nucléaire, il serait irresponsable de confier une partie de la gestion du système qui la produit à des sociétés privées. Assurer à tout moment une sécurité maximale ne peut pas être en concurrence avec une augmentation des profits à court terme que réclameraient des fonds privés s'ils étaient actionnaires majoritaires. Ce serait une erreur, un grand risque à faire courir aux populations et plus largement à l'ensemble de la planète. Au nom du même principe de sécurité, les essais expérimentaux sur les OGM, la gestion des prisons ou bien encore la sécurité publique doivent strictement rester dans le secteur public ou y retourner.

Vient en deuxième position l'exigence d'un égal traitement de tous face au service rendu, ce que évidemment le marché, à lui seul, ne garantit pas. Dans un vaste pays comme la France, avec de nombreux territoires ruraux, la distribution du courrier ou les grandes infrastructures de transport en commun ne peuvent impunément être confiées à des opérateurs privés. C'est pourquoi la Poste, comme la SNCF, doivent rester de statut public. Si la Poste hollandaise a été privatisée, c'est parce que ce pays a un habitat très dense sur une surface peu étendue. A l'inverse, les Etats-Unis ont
conservé une administration pour assurer le service postal jusqu'au fin fond du middle-west. Quant à la privatisation thatcherienne des chemins de fer britanniques, elle constitue le plus efficace repoussoir tant le service s'y est rapidement dégradé. L'égalité de traitement entre les urbains et les ruraux, entre les plus aisés et les plus démunis doit rester un objectif absolu dans de nombreux domaines au premier rang desquels figurent l'accès aux systèmes de santé et d'éducation mais aussi le droit à la culture et aux pratiques sportives. Cela n'est malheureusement pas suffisamment le cas. La situation se dégrade dans tous ces secteurs par une marchandisation croissante que nous avons le devoir d'endiguer.

Enfin, troisième situation où le secteur public est nécessaire: lorsque le marché est embryonnaire ou bien incertain alors que l'intérêt général justifie un effort volontariste de la collectivité. Il en est ainsi pour la recherche scientifique appliquée. L'Etat doit garantir des programmes pluriannuels donnant le temps nécessaire aux équipes de chercheurs, en intégrant la possibilité de ne pas forcément déboucher sur des succès. Cela justifie la création, par les universités et les grands organismes de recherche, de sociétés filiales qui pourront ensuite s'autonomiser le cas échéant. En retour, quand cela est possible, l'Etat touchera directement les bénéfices de l'argent public préalablement investi, par exemple grâce à des dépôts de brevets.

La tendance consiste malheureusement aujourd'hui à concéder la gestion du service public à des entreprises privées. Cela ne devrait être fait qu'avec beaucoup de vigilance, dans des cas assez limités, lorsque la prestation est technique, que le cahier des charges est simple rendant quasi impossible la sélection de clientèle pour accroître la profitabilité et que le contrôle du prestataire par l'administration donneuse d?ordres est aisée à réaliser. Cela se fait couramment dans les communes pour la collecte des déchets ou encore la gestion des transports en commun. Mais cela n'a plus de sens lorsque le volume des prestations ou le territoire couvert sont trop importants.

Certains secteurs font coexister gestions publique et privée comme dans la santé avec les hôpitaux publics et les cliniques. Il est regrettable que ces situations historiques anciennes soient présentées comme un modèle que l'on tend aujourd'hui à dupliquer dans de nombreux domaines: transport, courrier, accompagnement des chômeurs? Le risque est grand de favoriser des bénéfices abusifs en faveur du privé en laissant au secteur public ce qui n'est pas rentable. Quant à l'idée d'encourager la concurrence entre les opérateurs publics et privés, elle souligne l'incapacité du gouvernement et des gestionnaires à inventer d'autres modèles dorganisation efficace que celui de l'entreprise privée.

Il est révélateur à cet égard que l'on utilise à tout va le vocable de «client» là où l'on disait avant: usager, passager, assuré-social? Ces mots n'ont-ils plus de sens? Le client est, dit-on, celui qui a tous les droits. Il a surtout ceux que lui confère sa capacité à payer. En revanche, il a peu de devoirs, ni à justifier de ses choix qui sont souvent très égoïstes. Veut-on que l'usager des services publics se comporte ainsi? Ce dernier est au contraire un citoyen, membre d'une collectivité, et cela lui intime des droits mais également des devoirs. On ne peut à la fois constater les incivilités croissantes à l'égard des services publics et promouvoir une conception consumériste et marchande de leur usage. C'est pour cela que nous devons renforcer l'éducation civique à l'égard de l'utilisation des services publics.

Contrairement aux idées néolibérales, les dépenses des services publics ne nuisent pas par principe à l'activité économique. Elles peuvent même la favoriser. Si la France s'avère être un pays attractif pour les investissements étrangers? Ce que confirment les données les plus récentes. Cela tient pour partie aux avantages dont notre pays dispose en matière d?infrastructures de transports et de couverture sociale des salariés. La défense des services publics se comprend par le modèle de société que l'on souhaite promouvoir, par le refus de voir l'argent être le moteur exclusif de toute activité, le seul langage entre les hommes.

Malheureusement, quotidiennement, d'une façon ou d'une autre, le service public est fragilisé. Cela se fait souvent d'une façon insidieuse comme ces derniers jours avec le renouvellement du conseil d'administration d'EDF. On prête à Monsieur Proglio la ferme volonté de cumuler la charge de président du conseil de surveillance de Véolia Environnement avec celle de patron d'EDF. S'il devait y avoir une seule justification industrielle à ce cumul, elle serait dans le rapprochement de ces deux grandes entreprises laissant planer un remake de ce que fut la fusion entre GDF et le groupe Suez désormais majoritairement privé. Veut-on faire pareil avec l'électricité? Qui a remarqué que le gouvernement n'a pas renouvelé le siège d'administrateur d'EDF précédemment occupé par un représentant d'une association de consommateurs? Cette présence était le signe que, dans un secteur si particulier, l'usager pouvait avoir son mot à dire sur la stratégie générale de l'entreprise publique. Pense-t-on que désormais, il n'a plus qu'à être banalement un simple client d'une entreprise condamnée peu à peu à se banaliser? En sera-t-il ainsi demain aussi pour La Poste? Rien ne l'impose. La société française ne le veut pas."

Robert Rochefort
Député européen
Ancien directeur du CREDOC

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24 octobre 2009

Réforme des collectivités locales : "une loi électorale purement scandaleuse", pour François Bayrou


François Bayrou, Président du MODEM, 21 10 2009
envoyé par FranceInfo. - L'info internationale vidéo.

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