Militant Haut-Rhinois du MoDem

Blog qui souhaite diffuser les idées du Mouvement Démocrate dans le Haut-Rhin

25 avril 2008

François Bayrou considère la proposition de financer le RSA par la PPE "injuste" et insoutenable"

François Bayrou a jugé vendredi "injuste" et "insoutenable" la proposition de Nicolas Sarkozy de financer une généralisation du Revenu de solidarité active (RSA) par un redéploiement partiel de la Prime pour l'emploi (PPE). "Dans l'intervention télévisée de Nicolas Sarkozy hier soir, il y a eu une seule proposition, celle qui concerne le Revenu de solidarité active, et cette proposition est insoutenable", a déclaré à l'AFP Fançois Bayrou, président du Mouvement Démocrate...."

Le chef de l'Etat a annoncé jeudi soir que "le RSA se fera en en maîtrisant le coût, parce qu'on va redéployer une partie du coût de la prime pour l'emploi", créée en 2001 et versée aux titulaires de bas salaires.
"C'est donc aux salariés les plus modestes, aux travailleurs pauvres, qu'on demande de financer ce geste de solidarité!", a protesté M. Bayrou. Pour lui, "le RSA est évidemment parfaitement fondé, mais la solidarité ne peut pas être mise à la charge des plus pauvres, sans qu'il soit fait appel en quoi que ce soit aux plus riches".... "Cette proposition est impossible à soutenir .... et elle ne sera pas mise en application", car "c'est tellement injuste que les Français ne l'accepteront pas", a-t-il jugé.
Le député des Pyrénées-Atlantiques a également estimé que cette proposition "va exactement dans le sens inverse de la revalorisation du travail" prônée par M. Sarkozy.

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15 avril 2008

Conférence de presse du 14 avril : "Ce combat n'est pas seulement pour nous, c'est un combat pour le pluralisme en France..."

Déclaration de François Bayrou (seul le prononcé fait foi) : "Mesdames, Messieurs, Je vous remercie d'avoir accepté cette rencontre. J'ai voulu vous dire quel est, à mes yeux, l'enjeu des semaines qui viennent pour le Mouvement démocrate et de la manoeuvre qui est engagée autour de lui. Depuis quelques jours, nous savons de manière certaine que des mouvements présentés comme internes, la mise en cause de la ligne d'indépendance de notre mouvement, n'avaient en réalité pas grand chose de spontané, qu'ils étaient dirigés et agités de l'extérieur, et pour parler clairement, de l'Elysée. Je veux vous dire ma réaction lorsque j'ai lu ces documents et les échos de presse nombreux qui les précédaient et qui, tous, allaient dans le même sens. Je me suis dit qu'on attendrait du président de la République, dans une telle période de crise financière, économique, sociale, d'éducation, qu'il s'occupe de l'essentiel pour le pays, et qu'il respecte tous ses concitoyens même s'ils ne sont pas d'accord avec lui.

Je me suis dit que l’intrigue, la déloyauté, le cynisme, ce n’était pas cela qu’on attendait des gouvernants en démocratie, surtout de ceux qui articulant une promesse illusoire, une de plus, affirmaient vouloir construire une « démocratie exemplaire ».

La manœuvre qui est préparée est d’une clarté biblique, pour ne pas dire d’une assez grande naïveté. Nous en connaissons désormais les tenants et les aboutissants.

Elle consiste primo : à « cibler » un certain nombre d’élus en leur promettant portefeuilles, galons et chamarrures, et à dresser ainsi les élus contre la volonté d’indépendance des militants.

Secundo : à essayer de déstabiliser le Mouvement démocrate en prétendant qu’on pourrait dans un illusoire retour en arrière faire revivre l’UDF d’antan, contre la décision solennelle de son congrès, en en faisant de nouveau l’allié inconditionnel du parti majoritaire.

Tertio : pour s’assurer de la manœuvre, que l’UDF serait attaquée dans son patrimoine, le patrimoine dont elle est dépositaire comme association, qui a été construit au fil du temps contre tous les assauts et toutes les menaces, sous ma présidence exclusivement, avec l’arrière-pensée que l’on puisse par le même moyen priver notre famille politique du financement public obtenu par ses candidats.

Quattro, enfin : que cette manœuvre conduirait à l’éclatement du Mouvement démocrate, à un pseudo « parti du centre » de plus, un satellite de plus autour de l’UMP, pour noyer la voix originale du Mouvement démocrate dans les sables mouvants d’un centre inféodé. Le but étant d’obtenir le plus grand nombre possible de faux centres de manière à faire croire qu’il n’en existe vraiment aucun…

Cette manœuvre s’accompagne, annonce -t-on ouvertement, d’un changement du mode de scrutin pour les élections régionales, destiné, croient-ils, à nous empêcher de trouver notre place dans cette élection.

Cet ensemble de manœuvres, je ne le laisserai pas se dérouler sans réagir.

Car il y va d’un immense enjeu, d’un enjeu bien plus important que l’existence d’un parti ou le combat d’un homme ou d’une équipe.

Le but de cette manœuvre, c’est qu’il n’y ait pas en France de centre indépendant, de courant démocrate pour offrir un choix nouveau à notre pays.

Le fond de cette manœuvre, c’est de mettre un terme définitif au pluralisme dans notre pays, en éliminant ceux qui lui résistent, et d’instaurer une fois pour toutes le bipartisme à l’américaine, deux partis et deux seuls, avec quelques satellites décoratifs pour sauver les apparences.

Si cette manœuvre réussissait, cela voudrait dire que les Français seraient à l’avenir condamnés à choisir à tous coups, entre l’UMP et le PS, l’UMP et ses satellites et le PS et ses satellites.

Il n’y aurait donc plus de recours pour tous ceux qui estiment qu’il peut arriver, et qu’il arrive souvent, que l’UMP et le PS se trompent tous les deux !...

Il n’y aurait plus de solution, plus d’espoir, pour tous ceux qui pensent, qui savent, qu’un grand pays  moderne, avec sa complexité, dans les temps si bouleversants , si bouleversés que nous vivons, ne peut pas avoir, pour son avenir, le choix qu’entre deux options.

Cela n'existe d'ailleurs dans aucun pays du monde.

Le combat que nous allons conduire pour sauvegarder et garantir la pleine indépendance, l’autonomie de pensée et de choix du Mouvement démocrate, ce combat n’est pas seulement pour nous, c’est un combat pour le pluralisme en France.

De ce combat, j'en suis persuadé depuis longtemps, le jour où il aura été conduit à son terme, d’autres courants politiques profiteront et ce sera un bien.

Et c’est d’autant plus important, cette défense du pluralisme,  au moment de l’histoire où nous sommes, au moment où le projet qui fut porté par Nicolas Sarkozy révèle se révèle, dans son erreur de jugement, et souvent dans sa mystification.

Tout montre, je le dis avec gravité, que la France va dans le mur, avec une dégradation parallèle et accélérée de la situation économique, financière et sociale.

Un certain nombre des fondamentaux qu'a choisis Nicolas Sarkozy sont préoccupants pour notre pays.

Je veux en citer quatre exemples, de désaccords profonds :

Nous sommes en désaccord depuis le premier jour avec la politique qui a été choisie pour les finances publiques de notre pays, qui a consisté à laisser croire follement, pendant des mois, que l’équilibre se retrouverait par la distribution d’argent facile, en particulier par des avantages fiscaux pour ceux qui étaient déjà les plus favorisés. Cette politique de légèreté, en peu de mois, a conduit à un déficit de dix milliards d’euros supérieur au déficit de l’année précédente. Cette politique « keynésienne », ou pseudo-keynésienne, qui est, disons-le en passant, traditionnellement, la politique même du parti socialiste, va déboucher sur un accident économique et budgétaire sans précédent car il n’y a plus de marge de manœuvre, et il n'y a plus de soupape d'échappement.

Nous sommes en désaccord avec les fausses promesses et nous craignons la crise sociale qu’une telle déception peut entraîner. On a promis, pendant la campagne présidentielle, à des Français qui l'ont cru,  tout et le contraire de tout : on a promis l’augmentation du pouvoir d’achat ; on a promis qu’on rendrait aux Français 68 Milliards d’euros ; on a promis le Revenu de solidarité active pour les plus pauvres ; on a promis des droits sociaux supplémentaires ; on a promis que l’éducation serait la priorité de la nation. Aucune de ces promesses n’a été respectée et aucune ne le sera car leur addition était en soi intenable, comme je l'ai dit pendant la campagne présidentielle. Leur addition était intenable étant donné la situation du pays. Mais on a appliqué la vieille loi qu’on enseignait dans les Hauts-de-Seine : « les promesses n’engagent que ceux qui les reçoivent ». Cet abus de promesses a nourri le risque d’une crise sociale, la pauvreté gagnant, et les classes qu’on appelait hier moyennes étant de plus en plus exposées, aussi bien aux franchises, qu’à l’augmentation des produits de première nécessité comme le gaz, ou à un appel général aux mutuelles. Je ne sais pas quelle forme peut prendre cette crise sociale, mais à l’état endémique, cette crise sociale est le fond de l’humeur de notre pays.

Nous sommes en désaccord avec ce que Nicolas Sarkozy a choisi de faire de la fonction présidentielle. Et nous avons une tout autre idée de ce que doit être le président de la République. Pour nous, le président de la République, c’est l’homme de la nation et non pas l’homme d’un parti ou d’un clan. Il est pour nous incompatible avec l’idée de la fonction d’imaginer que le président de la République puisse, au vu et au su de tout le monde, présider au comité qui organise la majorité. Cela veut dire qu’il est le représentant de ses partisans, et non pas le représentant du pays tout entier. Or dans les mois et les années qui viennent, plus que jamais, le pays a besoin d’un président qui soit au-dessus des intérêts et des contingences des partis. Car les problèmes qui viennent ,menacent la nation tout entière, dans sa substance, dans son tissu social, dans son unité.

C’est la fonction symbolique du président de la République qui est en jeu. Je sais bien que nous sommes dans un temps où certains croient que « symbolique »  signifie « de peu d’importance ». Le ministre de la Défense a récemment déclaré ainsi que vraiment le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN « était une affaire purement symbolique ». Or les peuples et les hommes, et tous les temps sont là pour le confirmer, n’ont cessé d’éprouver que le symbolique était au contraire essentiel, au sens le plus lourd du terme.

C’est pourquoi , quatrième sujet de préoccupations urgent, nous nous battrons de toutes nos forces pour persuader notre pays et l’ensemble des décideurs que cette décision de faire rentrer la France dans la structure intégrée de l’OTAN est une faute pour notre pays. C’est la perte d’un atout, symbolique et donc décisif, pour son identité, pour sa voix singulière dans le monde et en Europe. Depuis des décennies, et particulièrement durant ces dernières années, un équilibre avait été trouvé qui répondait au double intérêt de notre pays : nous étions des partenaires dans l’alliance atlantique, capables de participer chaque fois que nous l’estimions juste et nécessaire, comme on l'a vu lors de la première guerre du golfe, come on l'a vu dans les Balkans, comme on l'a vu  en Afghanistan. Mais nous affirmions en même temps notre singularité, notre capacité de dire non, haut et fort, haut et clair, et le monde entier le savait, le monde entier en tout cas l’a vérifié au moment du « non » retentissant que la France de Jacques Chirac a opposé à la décision américaine d’envahir l’Irak. C’est un abandon historique qui est en train de se préparer ici et le fait que cet abandon soit, en effet, symbolique, s’entendra dans le monde entier et chacun prendra acte de ce que la France est redevenue pays comme les autres.

Et c’est grave pour le destin de l’Europe. Les choses étant aujourd’hui ce qu’elles sont, c’est l’indépendance de la France qui garantissait l’authenticité de l'indépendance de l’Europe. Différents, nous étions la quille du bateau. Rentrés dans le rang, le bateau n’aura plus de quille : nous n’aurons plus les moyens de nous opposer au conformisme de l’alignement. Il a été surabondamment montré, ces dernières années, que les alliés les plus proches, les plus anciens des Etats-Unis, les plus intimes, et Tony Blair au premier rang, n’avaient aucune capacité d’influer dans les moments cruciaux sur les décisions de la première puissance du monde. L’Europe n’a pas , pour nous, à solliciter la permission d’exister. C’est le contraire. La volonté d’exister s’affirme, mais ne se sollicite pas.

Il est donc d’importance nationale que les Français, quand ils auront constaté l’échec inéluctable de la majorité, ne soient pas contraints, obligés  de se livrer au Parti socialiste comme il est aujourd’hui, et dont un certain nombre d’orientations méconnaissent et risquent d’aggraver la réalité du pays.

En tout cas, il est d’importance nationale que le moment venu, les Français aient le choix. Qu’ils se voient offrir un choix réel entre des voies de recours différentes.

Il est d’importance nationale autrement dit, qu’une alternative démocratique soit construite et présentée aux Français.

  La France, dans sa démocratie, dans sa gestion, dans ses priorités, dans sa vie sociale, économique, dans sa vie internationale a besoin d’un autre projet .

Mais ce projet ne pourra être défini, porté et défendu que par un mouvement politique assuré de lui-même, décidé à résister aux menaces et aux tentations, où les élus sont en phase avec les adhérents et les militants, et où les militants eux-mêmes sont cohérents.

C’est pourquoi je conduirai sans faiblir la contre-attaque contre ces manoeuvres. Si c’est d’un combat qu’il s’agit, ce combat, nous allons le mener.

J’ai décidé d’en appeler aux adhérents, aux militants et aux sympathisants du Mouvement démocrate. C’est l’heure de la grande clarification pour échapper aux tentatives de déstabilisation et pour construire un mouvement cohérent.

Je le dis aux adhérents qui ont fait le Mouvement démocrate : c’est maintenant à vous de vous exprimer. C’est votre détermination qui fera tranquillement échec à toutes les manœuvres, d’où qu’elles viennent. Je vous appelle à exprimer votre conviction, à prendre à votre tour les choses en main.

Je vais donc soumettre au suffrage des adhérents, dans une consultation à laquelle chacun sera associé, un texte d’orientation qui ne laissera aucune place à l’ambiguïté. Et j’invite tout dirigeant qui ne serait pas d’accord avec la ligne d’indépendance que je défends à soumettre sa propre motion aux adhérents. Alors nous compterons les soutiens. C’est maintenant, devant nos adhérents et militants que tout débat doit être conduit et tranché.

Cette clarification devra être accomplie avant l’été pour que cessent les manœuvres de déstabilisation. Le 26 avril devant ceux qui ont porté nos couleurs aux élections municipales, le 14 mai devant notre conseil national, nous fixerons les conditions de cette consultation en même temps que le calendrier et les conditions de l’élection de nos instances locales.

Pour moi, les choses sont claires : je n’accepterai plus ni manœuvres internes, ni déstabilisation externe, ni le bazar. C’est vers nos adhérents que je me tourne. Il faut leur exposer clairement et nous le ferons, les données de la situation. Et il faut leur faire confiance pour trancher, pour fixer une fois pour toutes le cap et les règles, et donc le destin, de notre mouvement."

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13 avril 2008

A quoi sert le secrétariat d'état aux Droits de l'Homme ?

Le secrétariat d'état aux Droits de l'Homme a une nouvelle fois fait la preuve de son inutilité. Sa titulaire Yama Rade, a, comme lors de la visite du colonel Kadhafi en France, mangé son chapeau. Lors d'un entretien au journal Le Monde Madame Rade déclara que : « trois conditions sont indispensables pour qu'il [Nicolas Sarkozy] se rende à la cérémonie d'ouverture [des JO de Pékin] ».

Sitôt dit, sitôt démenti: la secrétaire d'état dans un communiqué, démentait avoir parlé de « conditions à la présence du président Nicolas Sarkozy à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin ».

Rama Yade apprend à ses dépens que Realpolitik et idéalisme ne font pas bon ménage. En fait l'objet de ce secrétariat d'état pourrait se résumer à une formule librement adaptée de celle de l'abbé Siéyès.

  1. Qu'est-ce que le secrétariat d'état aux Droits de l'Homme? Un moyen de donner bonne conscience à la droite française.

  2. Qu'a-t-il été jusqu'à présent dans l'ordre politique? Un moyen de récompenser les serviteurs les plus zélés de Nicolas Sarkozy.

  3. Que demande-t-il? Rien.

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11 avril 2008

L'intégralité de la note de l'Elysée pour fragiliser le MoDem

Article publié dans Le Monde du 10 avril 2008.

Voici le contenu intégral de la note interne adressée par un de ses conseillers politiques au chef de l'Etat. Celle-ci a été rédigée avant la réunion qui s'est tenue mercredi 9 avril à l'Elysée, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, à laquelle participaient des responsables de l'UMP, du Nouveau Centre, du Parti radical, du Forum des républicains sociaux, de la Gauche moderne, des Progressistes, ainsi que Jean-Marie Cavada et Michel Mercier, en vue de constituer un "comité de liaison de la majorité présidentielle".

1) Plusieurs mouvements récents dans la famille centriste sont à noter.

Votre proposition à Michel Mercier pour appartenir officiellement à la majorité présidentielle a sans doute été un déclencheur puisque le président du groupe UC du Sénat ne s'en est pas caché.

Les ministres centristes (Hervé Morin, Valérie Létard, André Santini – Christian Blanc se tient à l'écart) ont alors redoublé d'assiduité auprès des sénateurs centristes pour leur proposer une alliance plus claire au sein du Nouveau Centre. Le petit groupe prêt à le faire atteindrait aujourd'hui le tiers de l'effectif.

Depuis le lendemain des élections municipales, Michel Mercier a fait savoir à François Bayrou et Marielle de Sarnez qu'il ne les suivrait plus dans des opérations-suicides et sectaires et que c'était là sa responsabilité de trésorier à la fois de l'UDF et du MoDem.

Jean Arthuis, dans une interview au Journal du dimanche, est venu s'aligner pratiquement mot pour mot sur la position de Michel Mercier.

Thierry Cornillet, député européen centriste, que vous avez reçu, a de son côté publié un manifeste pour le Centre qui constitue à la fois une proposition et une analyse pertinente de la situation : le Nouveau Centre ne recrutera pas plus, par contre il est possible de retravailler dans le cadre de l'UDF historique sans François Bayrou.

Dans le même temps, de nombreux élus dans le Grand Ouest, maires de petites villes (Douarnenez, Concarneau, Landerneau, Quimperlé) ne s'affilient pas au Nouveau Centre mais se réclament de l'Union centriste. Pierre Méhaignerie, comme il vous l'a d'ailleurs dit, les encourage dans ce sens. S'ils ne veulent pas venir à l'UMP, il préfère qu'ils n'aillent pas non plus au Nouveau Centre.

2) Derrière ces mouvements variés, plusieurs constantes peuvent nous permettre de continuer à compter sur l'ensemble de la famille centriste pour la recherche d'une majorité au Sénat et d'une majorité au Congrès.

Michel Mercier souhaite sincèrement être ministre et reste très intéressé par la possibilité pour un parlementaire de retrouver son siège directement, comme l'avant-projet de loi constitutionnelle le prévoit.

Jean Arthuis veut conserver la présidence de la commission des finances en septembre prochain.

Pierre Méhaignerie veut rester la référence centriste au sein de l'UMP.

Enfin, il est clair qu'à quelques semaines du versement aux partis politiques de la dotation publique de l'Etat, les sénateurs centristes et de nombreux élus locaux ne veulent plus en faire bénéficier François Bayrou et Marielle de Sarnez, sans pour autant apporter tout cela au Nouveau Centre.

En conclusion, il est possible dans les semaines qui viennent que les UDF centristes historiques récupèrent même matériellement le siège du parti et tous les actifs qui y sont, lesquels appartiennent toujours formellement à l'UDF. Nous nous retrouverions alors avec un parti centriste supplémentaire (l'ancienne UDF) entre le Nouveau Centre et le MoDem.

3) Il est clair que, depuis plusieurs semaines, cette analyse a été faite par Jean-Louis Borloo et son secrétaire général, Laurent Hénart. Le ministre d'Etat multiplie les entretiens et les déjeuners avec l'ensemble de cette mouvance et tente, en vain jusque-là, de la fédérer à son profit.

Dans ce contexte, la réunion que vous présidez [mercredi 9 avril] avec la majorité présidentielle n'en est que plus opportune.

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04 avril 2008

Hugues-Félicité Robert de Lamennais

Hugues-Félicité Robert de Lamennais, né à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) en 1782 et décédé à Paris en 1854, était un écrivain et philosophe français. Son nom de famille est Robert et c'est en s'inspirant du lieu-dit « la Mennais » où son grand-père possédait une métairie qu'il se nomma ainsi.

Issu d'une famille pieuse de petite noblesse récente, il fut ordonné prêtre en 1816. Philosophe chrétien, connu pour être un personnage ultramontain, Lamennais peut être considéré comme le précurseur du catholicisme libéral, du catholicisme social, ainsi que de la démocratie chrétienne.

Il commença par traduire L'Imitation de Jésus-Christ, célèbre œuvre de dévotion de Thomas a Kempis. Dans son livre Essai sur l'indifférence en matière de religion, écrit de 1817 à 1823, il critiqua l'université napoléonienne et le gallicanisme. Il fut dit de cet ouvrage qu'il « réveillerait un mort » et ce fut un immense succès de librairie.

En 1825, il publia De la religion considérée dans ses rapports avec l'ordre politique et civil. Il rencontra Auguste Comte cette même année.

En 1828, il fonda la Congrégation de Saint-Pierre, destinée à former un clergé savant, capable de répondre aux attaques des philosophes, de mieux comprendre son temps et de rétablir l'autorité du pape en France. En 1829, il publia Les progrès de la révolution et de la guerre contre l'église. En 1830, il fonda, avec Montalembert et Lacordaire, le journal l'Avenir, dans lequel il réclama la liberté de conscience, de presse et de religion, et dans lequel les chrétiens libéraux pouvaient développer leur idée de séparation de l'Église et l'État. Ce sont les idées de Lammenais que la Belgique devenue indépendante en 1830 adopte et il faut le signaler dans une histoire de la monarchie belge qui pour une monarchie d'un pays catholique commence paradoxalement (à deux niveaux): * par une élection * et par l'élection d'un Prince Luthérien Léopold Ier.

En 1831, révolté par la condamnation du soulèvement de la Pologne, il s'opposa au pape Grégoire XVI. Il considérait que le pape voulait défendre davantage les princes que le peuple. Le pape condamna son journal en 1832 par l'encyclique Mirari vos.

En 1834, il publia ses Paroles d'un croyant, ouvrage lyrique, rempli de violence et de plaintes, qui marqua sa rupture avec l'Église (encyclique Singulari nos). Dans cet ouvrage, il constatait et déplorait le « désenchantement » du monde, et lançait un appel pressant et prophétique à la liberté de l'Église, à partir duquel, il commença à développer les tendances socialistes et démocratiques du message évangélique. En 1835, il vit ses anciens amis peu à peu le quitter, mais le 9 avril 1835, ses amis Fleury, Arago et Liszt l'amenèrent à rencontrer George Sand. Son salon devint un véritable cénacle républicain. Lamennais lui restera très lié. Il sera effaré par les idées de Georges Sand sur la liberté sociale et le divorce, mais sera son mentor, avec Michel de Bourges, sur les voies du socialisme politique. George Sand lui déclara un jour : « Nous vous comptons parmi nos saints... vous êtes le père de notre Église nouvelle ».

En 1837, il publia le Livre du peuple, véritable livre de combat. Il se liera d'amité avec le patriote canadien Louis-Joseph Papineau lors du voyage de celui-ci en France. Il continua de prendre le parti du peuple, et en 1841, après avoir attaqué le gouvernement royal, il fut condamné à un an de prison. Par la suite, après avoir fondé le journal Le Peuple, il continua à professer un libéralisme populaire. Entre 1841 et 1846 il écrivit Esquisse d'une philosophie, dans lequel il développa sa conception d'un christianisme sans Église, capable de regrouper les masses pour les conduire au progrès par la charité. En 1848, il se fit élire député à l'Assemblée constituante de 1848, mais après le 2 décembre et le coup d'État, se retira dans sa propriété de la Chesnaie en Bretagne.

Il posa les questions de la nécessaire alliance entre l'Église et les idées de liberté, et de l'exigence d'une véritable doctrine sociale de l'Église, en tant que priorité historique avec la Restauration, et entendit démontrer que la République nécessite un pouvoir spirituel, une religion civile. Pour cela il proposa un projet de Constitution, dans lequel la religion et le politique étaient intrinsèquement liés.

Il fut l'ami de Pierre Leroux. Ses idées socialistes influencèrent fortement Charles Augustin Sainte-Beuve et son unique roman Volupté.

Il avait une résidence à Saint-Prix, dans l'ancienne seigneurie de Montmorency.

Son frère Jean-Marie de la Mennais fonda un ordre religieux, les Frères de l'Instruction Chrétienne de Ploërmel .

Un timbre français de 1957 rend hommage à Lamennais.

Source : Wikipédia.

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03 avril 2008

La France est en train de perdre son indépendance.

François Bayrou a estimé jeudi sur France Culture que la France était en train de perdre son indépendance avec le retour dans le commandement militaire intégré de l'Otan annoncé par le président Nicolas Sarkozy. "La période où la France était indocile est derrière nous". "Il y a 42 ans que le général de Gaulle a pris la décision de quitter le commandement intégré de l'Otan. La France a gagné en 42 ans une liberté de parole qui nous a permis par exemple de dire non au moment de la guerre en Irak".

"Cette indépendance, cette liberté-là, c'est quelque chose de précieux pour notre pays qu'on est en train de perdre dans l'élan vers l'alignement que Nicolas Sarkozy incarne depuis longtemps et dont je ne crois pas qu'il soit conforme à l'histoire, au génie de notre pays, et pas non plus à la volonté des Français", a-t-il insisté.
François Bayrou a également noté que "ce rapprochement avec l'Otan intervient dans le moment même où en Allemagne le gouvernement manifeste beaucoup
d'indépendance. Dans le temps même où l'Allemagne se rapprochait de cette position d'indépendance de la France, nous, nous faisons le choix inverse en disant que ça va nous permettre de bâtir une défense européenne. Je ne crois pas que ce soit le juste chemin".

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24 mars 2008

Les effets pervers de la franchise médicale

Depuis début 2008, la franchise médicale pénalise lourdement, au plan financier, les malades souffrant d'affection de longue durée (ALD), dont certains risquent d'abandonner une partie des soins.

« C'est une vraie catastrophe ». Daniel Billon, président de l'association d'aide aux insuffisants rénaux du Bas-Rhin, une organisation qui compte environ 300 adhérents sur le département, 11 000 au niveau national, est régulièrement alerté par des adhérents qui s'inquiètent des frais supplémentaires à supporter.

« Lorsqu'on est dialysé ou que l'on a subi une greffe de rein, des traitements complémentaires adaptés sont absolument nécessaires. Il est indispensable de se protéger la peau des UV A et B, le soleil étant notre principal ennemi. Les crèmes coûtent cher et ne sont souvent pas remboursées, alors qu'il vaut mieux agir préventivement. Des pathologies extérieures se développent, et beaucoup ont besoin de prendre des veinotoniques, désormais remboursés ».

Des appels des assistantes sociales

D'autres patients sont contraints de compenser l'avitaminose, consécutive aux dialyses répétées, en avalant des comprimés d'huile de foie de morue. « A raison de trois boîtes par mois, cela fait 36 € à débourser ! Dans certaines pharmacies, la boîte vaut 16,40€  l'unité au lieu de 12€ ! ». Daniel Billon n'hésite pas à parler de « galère » pour les malades moins fortunés. « Des assistantes sociales me signalent le cas de déficients rénaux qui réclament de l'aide pour pouvoir se soigner correctement ».

La crainte pour l'avenir est grande

Car la facture annuelle risque d'être élevée. « Aux 50€ de franchise médicale s'ajoutent les médicaments non remboursés -comme les crèmes anesthésiantes spécifiques pour les personnes sujettes aux allergies cutanées-, ainsi que 50€ pour les actes médicaux, cela fait plus de 100€ par an !  »

La crainte pour l'avenir est grande. « Une personne qui doit se rendre trois fois par semaine à l'hôpital pour y subir une dialyse devra peut-être payer un jour 12€ par semaine, soit 614€ par an, rien que pour les transports ».

Fort heureusement, ce ne sera pas le cas en 2008. Mais Daniel Billon estime qu'« on a ouvert la boîte de Pandore » et soutient l'action de la Fédération nationale des dialysés et des transplantés, qui a collecté plus de 6 000 lettres de protestation à remettre au gouvernement.

Laurence Rey

Article publié dans Les Dernières Nouvelles d’Alsace du Jeu 20 mars 2008.

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19 mars 2008

Bayrou ne se laisse pas abattre

Article publié dans Libération le 18 mars 2008.

Malgré sa défaite à Pau et le mauvais bilan du Modem, il refuse de revoir sa stratégie.

Ni abattu, ni déprimé, toujours résolu et sûr de lui. Au lendemain de sa courte défaite à Pau (38,81 %) face à la socialiste Martine Lignières-Cassou (39,76 %), et alors que dans son propre camp, les premières critiques tombent sur «l’échec» de la stratégie du Modem, François Bayrou confie : «Je suis entêté, c’est mon défaut. Et je n’ai aucune faculté d’adaptation au reniement.» La perspective d’une traversée du désert ? Elle ne lui fait pas peur. «Ça fait déjà des années que je marche sur le sable», convaincu qu’au bout «il y a la France qui change et les démocrates qui deviennent essentiels dans le jeu politique français». Certes, «l’élection a été très dure» , admet Bayrou. Et la défaite difficile à encaisser. «Mais on a défendu nos positions. Et nous avons enregistré en moyenne 15 % des voix dans les villes où nous nous sommes présentés. Ce n’est pas mal. C’est un premier pas.»

«Autonomie». A ceux qui, depuis hier, militent déjà pour un retour dans le giron de la droite, l’ex-candidat à la présidentielle répond qu’il ne changera pas de stratégie : «C’est une offensive classique, je la connais bien, relativise-t-il. L’affrontement dure depuis des décennies entre ceux qui estiment qu’il n’y a de possibilité d’exister pour le centre qu’en étant forcément aligné, et moi et mes amis qui depuis longtemps plaidons pour l’autonomie.» Le message ne varie pas : le centre doit être «une proposition différente». Il en va même de la bonne santé démocratique, soutient Bayrou : «C’est terrible, ces coups de barre à droite et ces coups de barre à gauche. Ça donne une impression d’instabilité et d’affrontement perpétuel dans le pays. Sans compter la crise qui s’annonce à gauche avec le congrès du PS. Le spectre politique français est en mouvement, et la question du pluralisme est centrale. Je ferai tout pour qu’en France, on dépasse ces antagonismes d’un autre temps.» Et le leader centriste de se vanter : «C’est la première fois depuis cinquante ans que quelqu’un dit: "Excusez-moi, mais votre système, ça ne me va pas."» François Bayrou assure ne pas être le seul concerné. «Est-ce que vous pensez que les écologistes vont rester mille ans dans la dépendance du PS, alors qu’ils meurent un peu plus à chaque fois ?» interroge-t-il. Avant de donner lui-même la réponse : «Je suis persuadé que non.»

«Jouvence». Optimiste, toujours optimiste, le Béarnais a décidé de regarder vers l’avenir. «On va faire naître une organisation politique nouvelle, à partir d’une génération politique nouvelle. Face aux caciques, c’est formidable d’avoir ce bain de jouvence. On va les former, on va les lancer, et on va leur faire de la place.»

Alors que le parti centriste va affronter les dissensions creusées par des alliances plus ou moins digérées, et préciser sa stratégie, François Bayrou préfère parler «du travail programmatique» qui l’attend, pour «énoncer les questions qui se posent aujourd’hui à la France, définir nos réponses. Et puis, derrière arrive l’organisation. Département par département, nous allons sélectionner les personnalités qui seront demain nos acteurs locaux». Une réunion des instances exécutives du Modem devrait donc avoir lieu rapidement. Mais «le plus important pour moi, c’est le projet, la vision». Le sien. La sienne.

LAURE ESPIEU

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13 mars 2008

François Bayrou refuse "d'abandonner l'indépendance que nous avons voulue pour nous faire retomber dans un camp"

François Bayrou était ce mardi 11 mars, l'invité d'Europe 1, l'occasion de réaffirmer la ligne d'indépendance qui caractérise la démarche du Mouvement Démocrate, refusant "l'idée selon laquelle, on pourrait, en raison d'une élection locale, nous faire abandonner l'indépendance que nous avons voulue pour nous faire retomber dans un camp, un accord global avec l'UMP, cela veut dire, retomber dans un camp, le camp de la droite, comme un accord avec la gauche nous ferait tomber dans le camp de la gauche. Le président du Mouvement Démocrate a déclaré "Vivre sans risques, c'est ne pas vivre. J'ai choisi, une fois pour toutes, le risque parce que nous ouvrons des chemins nouveaux qui n'avaient jamais été ouverts depuis 50 ans dans la vie politique française : les clivages qui ont été ceux du XXe siècle sont dépassés. Cela n'a plus d'intérêt de gérer une ville comme cela." Interrogé par Jean-Pierre Elkabbach sur la situation du Modem à Paris, François Bayrou a estimé mardi que Bertrand Delanoë avait "fermé la porte" à un accord électoral avec la candidate du MoDem Marielle de Sarnez à Paris avant le second tour des municipales, pour des "raisons internes au Parti socialiste". "Je suis absolument certain que les électeurs de Paris, majoritairement, avaient envie qu'il y ait cette nouvelle majorité plus ouverte. Et puis, Bertrand Delanoë, pour des raisons internes au Parti socialiste, a fermé cette porte, montrant ainsi qu'il se plaçait du côté de la fermeture" a analysé François Bayrou. "Je pense que beaucoup d'électeurs parisiens ne seront pas satisfaits de cette fermeture", a-t-il ajouté.

 
  Jean-Pierre Elkabbach : Dès dimanche soir, vous prévoyiez une deuxième mi-temps  passionnante, eh bien la deuxième mi-temps a commencé. F. Bayrou, vous êtes en direct de Pau, parce que vous restez... cette deuxième mi-temps est passionnante. Etant donné votre score de la première mi-temps, est-ce que vous ne risquez pas de perdre le match ?

François Bayrou : Monsieur Elkabbach, vivre sans risque c’est ne pas vivre. Moi j’ai choisi une fois pour toutes d’accepter les risques parce que j’ouvre des chemins nouveaux. Un chemin nouveau, qui n’avait jamais été ouvert depuis 50 ans dans la vie politique française, et qui consiste à prendre acte du fait que les clivages qui ont été ceux du XX ème siècle, avec lesquels on essaye de nous faire vivre un camp de droite contre un camp de gauche, ces clivages sont dépassés. Cela n’a plus d’intérêt de gérer une ville comme cela. Regardez, il y a neuf mois, élection présidentielle. Beaucoup d’illusions, et aujourd’hui beaucoup de désillusions, et alors, on retomberait, sans autre forme de procès, dans les bras du Parti Socialiste, qui n’a évolué et changé en rien. Il le fera, je crois qu’il le fera, mais il n’a évolué et changé en rien. Donc, qu’est- ce que ça veut dire...

Donc, un coup à gauche, et un coup à droite, eh bien c’est justement peut-être ce que vous faites. Alors, vous avez des courtisans et des flatteurs de tous les côtés, c’est vrai. Prenons le côté de l’UMP et de la majorité. Le Premier ministre, M. F. Fillon, messieurs Raffarin, Gaudin, Devedjian, ont appelé à des accords de soutien réciproque UMP-MoDem. Et il vous a même été proposé une négociation globale. Vous refusez, vous dites : « c’est un bluff ». Pourquoi est-ce un bluff ?

Parce que, l’idée selon laquelle on pourrait, en raison d’une élection locale ou de plusieurs élections locales, nous faire abandonner l’indépendance que nous avons voulue pour nous faire retomber dans un camp - un accord global avec l’UMP ça voudrait dire qu’on retombe dans un camp, le camp de la droite ; un accord global avec le PS, ça voudrait dire qu’on retombe dans le camp de la gauche.

Mais vous préférez la défaite à un accord avec la majorité présidentielle ?

Vous verrez que ça ne sera pas une défaite, parce que la ville de Pau,
qui est une ville indépendante, qui a cette grande histoire d’indépendance et de relation de conquête avec la France, avec
l’histoire, cette ville de Pau ne veut pas des gens qui plient, elle ne veut pas des gens qui courbent la tête. Elle veut des gens qui acceptent au contraire d’affirmer fièrement ce qu’est notre véritable nature, c’est-à-dire nous sommes une ville qui aime le pluralisme, aime la tolérance, c’est la vertu profonde d’une ville comme celle-ci, et elle va le montrer, en tout état de cause. Les Palois ne veulent pas d’un maire qui se renie simplement pour avoir l’Hôtel de ville. Ils veulent d’un maire qui tienne bon, et en qui ils puissent faire confiance.

Vous avez dénoncé hier encore la liste d’appareil socialo- communiste de Pau...

Si vous me permettez, cela c’est votre expression, je n’emploie pas « socialo-communiste », c’est terriblement connoté, ce ne sont pas des expressions que j’emploie.

Vous dites : « PS plus PC d’appareil »...


Voilà.

Donc « PS plus communiste ». Cela veut dire que vous comptez sur les électeurs de droite ?

Ça veut dire que les électeurs qui, en effet, ont une tradition et des valeurs de droite, ils n’ont pas du tout envie que la mairie appartienne à des appareils pendant six ans, peut-être pendant douze ans. Ils n’ont pas envie que la mairie soit verrouillée et ils ont bien raison. Une ville comme celle-ci, et c’est le cas de toutes les villes, nous le disons pour toutes les villes de France, une ville, ça ne peut plus appartenir uniquement à un camp, avec tous les pouvoirs, les réseaux qui appartiennent uniquement à ce camp ou à ce clan-là, et les autres, simplement parce qu’ils ont été minoritaires, laissés sur le bord de la route, et n’ayant aucune participation au pouvoir. Tout cela, c’est ridicule. Une ville, le sort des enfants, le commerce, la circulation, la vie dans la ville, cela doit pouvoir représenter les grandes sensibilités de la ville. On a besoin de droite et on a besoin de gauche, et on a besoin de centre. Toutes ces sensibilités-là existent. Et tant qu’on peut les réunir...

Mais vous pouvez ouvrir : peut-être un peu d’UMP, un peu de PS...

C’est exactement ce que je fais, et c’est exactement comme cela que j’ai composé ma liste. Je veux que toutes les tendances d’une ville aient des amis à l’hôtel de ville. Je ne veux pas que l’hôtel de ville appartienne uniquement à un réseau, à un appareil qui bluffe.

A. Juppé, qui compte des MoDem dans sa liste à Bordeaux, disait
hier qu’il était prêt à participer à un meeting à Pau avec vous, si vous le lui demandez. Est-ce que vous l’invitez, ce matin ?


A. Juppé a dit, et naturellement j’y suis sensible, qu’il était prêt à m’aider. C’est ce que j’ai fait pour lui-même, non pas parce qu’il était à l’UMP, mais parce qu’il était un bon maire de Bordeaux, et parce que je considérais que c’était un homme qui valait la peine qu’on lui donne un coup de main, y compris quand c’était une situation difficile, passagèrement difficile pour lui.

Vous l’invitez à Pau ?

Je ne suis pas sûr qu’il ait envie de faire un meeting, et je ne suis pas sûr que ce soit sous forme de meeting que l’aide d’A. Juppé s’exprimera le mieux. Je pense qu’il est bon et suffisant qu’il dise ce qu’il pense, lui, qui est le maire de Bordeaux, première ville d’Aquitaine. Moi, qui peux être le maire de Pau, deuxième ville d’Aquitaine. Il est bon et juste qu’A. Juppé...

Vous continuez à être optimiste, c’est cela qui est extraordinaire.
Vous continuez à être optimiste. À croire que...

Mais attendez, il y a 1 % des voix qui me sépare de la liste socialiste arrivée en tête, 1 % ! Eh bien, je suis persuadé que 1 % des voix, non seulement ça se rattrape, mais bien au-delà. Désormais, les Palois savent que le choix est entre ces deux listes-là, et donc ils vont se prononcer entre ces deux listes, et il est bien qu’ils aient le choix. Oui je suis optimiste, et oui je suis conscient, parce que c’est comme ça qu’évidemment on change la situation et le sort des villes aussi.

Vous pensez qu’ils viendront vers vous parce que vous avez la posture, comment dire, de la victime, ou peut-être du martyr, coincé entre deux grands partis ?

Je ne suis pas martyr du tout. La situation qui est la mienne je l’ai voulue. Un martyr c’est quelqu’un qui subit. Je ne suis pas quelqu’un qui subit.

Entre le martyr et le maso...


Je ne suis pas quelqu’un qui subit, je suis quelqu’un qui a pris ses responsabilités pour obtenir un changement profond de la vie politique dans son pays, parce que cette vie politique, cela fait des années et des années qu’elle est bloquée. J’ai envie de la changer.

Donc, vous maintenez toutes les critiques que vous adressez à la fois au PS et à la majorité, au président de la République, face auquel vous demandiez « la vigilance républicaine » ?

Je me suis toujours exprimé en ayant absolument conscience qu’un responsable, ça doit dire des choses lourdes et profondes, en tout cas,
qu’il ressent. Je n’ai jamais pratiqué de critiques politiciennes. Je me suis toujours exprimé en référence à des valeurs, valeurs républicaines en l’occurrence, parce que c’est normal que les responsables de la France, les élus français, défendent des valeurs qui les font vivre ensemble. C’est vraiment la moindre des choses.

Est-ce que vous êtes prêt à débattre avec vos deux compétiteurs à  Pau ?

Bien sûr.

Vous dites que vous êtes prêt ?

Bien sûr.

Alors considérez que le débat aura lieu, s’ils sont d’accord, sur Europe 1.

Et bien, je serai ravi d’y participer.

Alors, vous refusez de donner des consignes générales et vous dites que vous allez examiner ville par ville, candidat par candidat...

Vous savez pourquoi ? Parce que je suis exactement comme vous et comme les électeurs, c’est- à-dire qu’il y a des maires ou des candidats que je considère comme intéressants dans les deux camps. Nous avons apporté une révolution qui est celle-ci : on peut constituer des équipes au service des villes avec des sensibilités différentes. Hier, on était obligés lorsqu’on voulait participer à la gestion d’une ville, de se rallier à un camp, et le même camp pour toute la France. Que ce soit les gens bien ou des gens qui ne valent pas la peine. Nous, nous avons apporté ce changement-là, et j’en suis très fier. Et donc, pas de consigne générale. En effet, pas de ralliement à un camp ou à un autre, et au contraire, l’affirmation d’une indépendance...

Au cas par cas, ce matin et jusqu’à 18 heures, heure limite, au cas par cas ?

Jusqu’à 18 heures. Il y a encore le temps, en effet, qu’il se passe beaucoup de choses. Comme vous le savez, les dernières heures sont généralement fructueuses.

Et à Pau, qu’est-ce qui peut se passer ? Il peut y avoir un changement ? Parce que vous pouvez vous dire, comme on le sait qu’« à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ». Mais à perdre avec péril, on perd sans gloire aussi.

Et bien, je ne perdrai pas, je ne veux pas perdre. Je veux, au contraire, que ce choix qui est le choix au fond du pluralisme normal, de la tolérance normale, que les grandes familles, les grandes sensibilités d’une ville elles soient toutes contentes de leur Hôtel de ville, qu’elles y aient toutes leur place, qu’elles puissent frapper à la porte - je viens de frapper sur le micro - pour dire : est-ce qu’on peut proposer une idée ou au contraire exprimer une inquiétude ? Et cela ne passera pas par des appareils de partis.
Vous dites la même chose à propos du Parti socialiste, vous n’êtes pas favorable à des discussions directes et globales avec le PS, qui est d’ailleurs divisé à votre propos ?
Oui c’est vrai que le Parti socialiste a de grandes divisions en son sein, en particulier à propos de cette ouverture que je propose. J’ai noté que S. Royal était plutôt ouverte, et que F. Hollande était plutôt fermé. Et B.  Delanoë aussi...

Il vous prend au mot : ville par ville, cas par cas...

Eh bien, ceci est une bonne chose. Considérons que nous sommes fréquentables les uns pour les autres. Considérons qu’il y a des gens nombreux à droite, dans la droite républicaine française qui méritent qu’on parle avec eux, et qu’il y a des gens, nombreux dans la gauche démocratique française qui méritent qu’on parle avec eux, et c’est formidable qu’on puisse enfin entrer dans une ère où quelqu’un dise : écoutez, arrêtons de considérer qu’on a de l’autre côté de la barrière des ennemis irréductibles, lorsqu’il s’agit des villes - ce sera vrai un jour pour la France aussi - mais lorsqu’il s’agit des villes, on peut tout de même s’asseoir autour de la même table et travailler ensemble pour que tout le monde puisse faire entendre sa voix.

Cela va être le cas dans de nombreuses villes aujourd’hui. Qu’est-ce que vous êtes prêt à faire, pare exemple à Périgueux ?

A Périgueux, j’ai dit au fond la vieille amitié que j’avais pour X.  Darcos, le maire de Périgueux, le ministre de l’Education nationale, j’ai dit cela depuis longtemps, il a été mon directeur de cabinet, comme vous savez, dans les temps anciens où j’étais moi-même ministre de l’Education nationale, et je me suis exprimé sur ce point, puisque nous avons en effet des candidats nombreux sur sa liste.

Il y a de nombreuses villes, etc. Mais je prends le cas de Paris. Vous risquez de n’avoir aucun élu, parce que vous avez vu que B. Delanoë se passe de M. de Sarnez et du MoDem, et qu’il leur a donné rendez-vous après le 16 mars. C’est une sorte de punition.

Je suis absolument certain que les électeurs de Paris, pas seulement les nôtres qui sont par dizaines de milliers, comme vous savez, plus de 60.000 électeurs à Paris, mais aussi les électeurs qui ont voté pour B.  Delanoë, majoritairement, ils avaient envie qu’il y ait cette nouvelle majorité plus ouverte, et puis B. Delanoë, pour des raisons internes au Parti socialiste, je n’en doute pas, a fermé cette porte, montrant ainsi qu’il se plaçait du côté de la fermeture, je pense que beaucoup d’électeurs parisiens ne seront pas satisfaits de cette fermeture. Nous, en tout cas, nous en prenons acte. Nous avons fait ce qu’il fallait. M. de Sarnez, qui a fait une très belle campagne, a fait ce qu’il fallait pour dire qu’elle était prête à un partenariat nouveau. C’était la première fois à Paris qu’on proposait cela.

Il y a une nouvelle déclaration à l’instant de F. Hollande. Il dit : S.  Royal fait toujours la même expérience avec F. Bayrou. F. Bayrou ne fera aucune alliance tant qu’il n’aura pas réussi ou échoué à l’élection présidentielle, et comme je pense, dit F. Hollande, qu’il échouera, alors, il vaut mieux construire un grand Parti socialiste ».

F. Hollande fait son boulot de premier secrétaire du Parti socialiste. Il n’est pas en train d’ouvrir des chemins plus intéressants pour la France. Il est sur le, comment dirais-je, dans la vieille ornière classique et traditionnelle. Je dis ceci à F. Hollande qui est entre nous plus intelligent et plus subtile que ces déclarations ne le laisseraient croire, je dis à F. Hollande que le pays dont nous allons avoir la charge, tous, chacun à sa manière, et chacun dans sa responsabilité, c’est un pays qui en situation suffisamment délicate et suffisamment difficile pour qu’on essaye de réfléchir à la meilleure manière de l’en sortir plutôt que de lancer perpétuellement des oukases et des petites insultes les uns sur les autres.

Jusqu’à présent, F. Bayrou, le peuple n’a pas donné - je veux dire les électeurs - une raclée du président de la République et à la droite. C’est le peuple qui se trompe ?

Vous vous souvenez que je suis venu à votre micro, plusieurs fois, pour dire que contrairement à ce que prétendaient l’UMP d’un côté, le PS de l’autre, l’enjeu de ces élections ne serait pas un enjeu national, pas un référendum pour ou contre le pouvoir. J’ai toujours défendu l’idée que ce serait des enjeux locaux, et que ce sont ces enjeux locaux qui l’emporteraient dans l’esprit des électeurs. Je crois que la confirmation en a été donnée une fois de plus.

On va voir, et puis il y a probablement le débat qui va être organisé, puisque vous êtes d’accord. Mais je termine avec une question plus large : le prestigieux, l’illustre S. Peres est à Paris. Lors du dîner hier soir à l’Elysée, il a dit à N. Sarkozy : « le peuple d’Israël est fier de vous compter parmi ses amis ». S. Peres est l’ami des Français. De F. Bayrou aussi ?

Oui, S. Peres est une personnalité formidable. Je l’ai rencontré pour ma part il y a plus de trente ans. Et je suis allé le voir chaque fois que je me suis rendu dans cette région du monde. C’est un homme tout à fait...  c’est un pilier de la démocratie en Israël, c’est une référence pour beaucoup d’hommes et de femmes. Au-delà des idées politiques, je suis très heureux que S. Peres ait été élu dans ces fonctions à la tête d’un parti centriste.

Et qu’il soit à Paris...

...Et puis c’est son choix, et donc c’est pour moi un homme que j’estime et que j’aime, s’il le permet.

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07 mars 2008

Raphaëlle Vaginay

ÉLECTION CANTONALE MULHOUSE-EST

Raphaëlle Vaginay,

candidate à l'élection du Conseiller Général du Canton de Mulhouse-Est

et

Régis Baschung, son remplaçant

vous convient à une réunion publique qui aura lieu le vendredi 7 mars 2008

à 20 h      

      au

Foyer Sainte-Geneviève,

Place du Printemps à Mulhouse

                                          

Posté par Landskron à 19:02 - Le MoDem dans le Haut-Rhin - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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