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Vous n'avez plus parlé depuis le 17 juin en disant que vous alliez visiter le "pays du silence"? Qu'avez-vous entendu là-bas?
Ce recul était bienfaisant. Cela permet de décanter, de se réparer, et de voir l'essentiel. L'essentiel est là devant nous, c'est la situation extrêmement dégradée, terriblement inquiétante, de la France.

Comment analysez-vous votre défaite?
J’avais choisi la vérité. Or la campagne électorale a vu tous les sujets secondaires et anecdotiques passer au premier plan, et l’essentiel a été évité. C’est frappant quand on a sous les yeux la campagne présidentielle américaine où, au contraire, on parle de l’essentiel, de la situation économique, de la dette et du système social…

C’est la cause de votre défaite…
J’avais fait le pari de faire de la vérité partagée avec les Français le socle du changement. Mais il y a sans doute des moments où les peuples ne veulent pas entendre. Jean Peyrelevade l’avait dit quand il m’a rejoint : "Je ne sais pas si on peut être élu en disant la vérité, mais je sais qu’on ne peut pas gouverner si on ne l’a pas dite." C’était ma ligne. Peut-être n’ai-je pas trouvé les bons mots et le bon tempo. Mais, vous savez, dans une vie politique, une défaite n’est pas une chose si grave. Clemenceau, Mendès France, Mitterrand, Barre, Jospin, Juppé ont tous été battus avant de rebondir. L’essentiel, c’est de le reconnaître et d’être resté en cohérence avec ce qu’on croit.

Avez-vous eu envie de tout plaquer?
Non. Jamais. Selon moi, la politique, ce n’est pas un CDD, même long ; c’est l’engagement d’une vie.

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